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Le groupe P.A.U.S.E. (Production Agricole Urbaine Soutenable et Écologique) n’est pas le premier jardin universitaire au Québec, mais comme c’était le dernier, il fait pousser des choses vraiment spéciales.
L’Université de Montréal est la dernière à se doter d’un jardin à Montréal. Qu’est-ce qui vous distingue des autres?
Nous faisons du miel et des champignons, ce qui est nouveau dans toutes les universités cette année, et nous avons décidé de nous spécialiser dans les semences ancestrales.
C’est quoi, ça?
C’est une semence qui n’est pas née de l’hybridation moderne, et qui ressemble donc à ce qu’on faisait pousser il y a 100 ans. Comme notre melon de Montréal.
Ce melon-là est l’emblème de votre jardin. Qu’a-t-il de si spécial?
Il a toute une histoire. C’est un melon qu’on retrouvait sur le flanc sud du Mont-Royal au début du siècle dernier, et qui était engraissé par du crottin de cheval. Une seule tranche de ce melon-là valait plus cher qu’un steak AAA. Il était vendu à Chicago, à New York, à Boston, même à Paris. Puis, la semence a été perdue. En 1995, un journaliste a investigué et l’a retrouvée dans une banque de graines aux États-Unis. Aujourd’hui, quelques fermes en produisent, mais nous, on a décidé de le ramener sur le Mont-Royal.
Et l’engraissez-vous avec du crottin de cheval?
Nous avons demandé à la cavalerie de la police de Montréal, mais personne n’était en mesure de nous dire ce qu’ils faisaient avec le crottin des chevaux qui patrouillent sur le Mont-Royal.
Vous élevez aussi des abeilles. Quel est l’intérêt?
Les abeilles sont l’emblème de la biodiversité, puisqu’il est facile pour n’importe qui de comprendre le lien entre la pollinisation et la survie des plantes. Mais on sait qu’elles sont en péril aujourd’hui. Notre rêve serait de réussir à produire des reines.
C’est difficile, ça?
Oui. Le seul qui y parvient au Québec est Anicet Desrochers, que vous avez pu voir dans La Reine malade, un documentaire sur la disparition des abeilles.
Et votre miel, il sera bio?
On l’espère. Il sera analysé à la fin de l’été. Il est beaucoup plus facile de produire du miel bio en ville, puisque les abeilles butinent dans un rayon de cinq kilomètres, et qu’en ville, il est interdit d’utiliser des pesticides. En tout cas, je ne sais pas si c’est parce que c’est le mien, mais je le trouve vraiment bon!
Syndrome d’effondrement des colonies d’abeilles
L’hiver dernier, 18% des abeilles d’élevage sont mortes aux États-Unis. Plusieurs hypothèses tentent d’expliquer ce phénomène appelé «syndrome d’effondrement des colonies d’abeille». Parmi elles, la prolifération de parasites et les OGM pourraient être en causes. Le phénomène a atteint son paroxysme en 2007, alors que 70% des colonies d’abeilles ont disparu. Quant à la citation attribuée à Albert Einstein voulant que si les abeilles disparaissaient, l’humanité n’aurait plus que quatre années devant elle, elle est peut-être vraie, mais elle n’est pas de lui.
2% des terres sont cultivables au Québec.