À la rencontre des street artists montréalais : Stikki Peaches

Tout a commencé par des vilaines insomnies. “Je n’arrivais pas à dormir et j’avais besoin de faire quelque chose pour m’occuper. Je connaissais des moments un peu difficiles dans ma vie et j’avais des problèmes pour trouver le sommeil. C’est comme ça que je me suis retrouvé à coller ma première pièce dans la rue en 2008”, raconte Stikki Peaches.

Aujourd’hui, l’artiste montréalais a réglé ses problèmes, mais continue à sortir la nuit, dans le plus grand anonymat, pour recouvrir les murs de ses créations, avec un slogan qui le suit depuis ses débuts : “What if Art Ruled The World?” Dans son monde à lui, l’art est définitivement aux commandes. Composées à partir de collages, de pochoirs, de sérigraphies ou de peinture acrylique, ses œuvres sont inspirées par la culture pop, mais aussi par les souvenirs de son enfance, et un père qui a eu une grande influence sur lui.

“J’ai grandi dans les années 80-90, et j’ai toujours eu la nostalgie de cette période-là où tout était parfait pour moi”, confie Stikki Peaches. Après Montréal, où il a grandi dans le quartier Saint-Michel, l’artiste s’est attaqué aux murs de New York, sa deuxième ville, Rome, Londres, Stockholm et Paris. “Quand je voyage, je fais toujours un peu de street art”, dit-il.

WHAT IF ART RULED THE WORLD — PARIS

“Ce slogan prend encore plus d’importance en 2016. Et si l’art régnait sur le monde? On n’aurait pas à penser à toutes ces guerres ou tous ces problèmes que l’on connaît en ce moment. Si on pouvait uniquement s’exprimer avec l’art, de façon positive, ça réglerait beaucoup de choses… Quand je mets une pièce dans la rue avec un tel slogan, ça ouvre aussi à la discussion, pour exprimer des points de vue différents. Tout le monde ne sera pas forcément d’accord avec ce slogan-là. Mais ça ne me dérange pas du moment qu’on peut avoir une discussion.”

STAR WARS — LONDRES

“J’ai grandi avec cette saga-là, et j’ai toujours capoté sur ces personnages. Plus jeune, je capotais sur n’importe quoi qui avait des masques! J’aimais le mystère qui se cachait derrière… Les costumes que les personnages portent sur cette pièce font également référence aux gens du quartier où j’ai grandi, à Saint-Michel. Dans les années 80, c’était un quartier où vivaient beaucoup de tailleurs. Mon père lui-même exerçait ce métier.”

MO’Z — MONTRÉAL

“Mon père avait un atelier à la maison, et il écoutait beaucoup de musique classique. Quand il travaillait sur ses vêtements, il écoutait tout le temps du Mozart, du Beethoven… De mon côté, j’étais dans ma chambre à écouter du punk et du rock. C’est un peu ce choc des cultures qu’on retrouve dans cette œuvre.”

MARSHMALLOW MAN — MONTRÉAL

“C’était au dernier festival Mural. C’était pas forcément prévu. J’ai fait ce mur au dernier moment, durant la nuit. J’ai pris un gros rouleau de peinture pour écrire à la main : ‘Fuck Hate’. C’est encore une fois un slogan important, qui prend toute sa valeur aujourd’hui. Mais quand je veux faire passer des messages, j’essaye toujours de mettre un peu de légèreté dedans. C’est pour ça que j’ai fait un Marshmallow Man de 35 pieds. C’est une image qui est peu plus fun. Fuck hate, mais viens me donner un hug! C’est léger et en même temps, ça fait passer un petit message!”

THE REBEL SQUAD – WILLIAMSBURG NYC

“Cette œuvre, c’est un hommage à mon père qui était un Greaser à la John Travolta. Il avait le look Rockabilly. À la maison, je regardais tout le temps des films de James Dean ou de Steve McQueen qui était son idole. Il écoutait aussi beaucoup Elvis. C’est comme ça que j’ai eu l’idée de m’inspirer du groupe Kiss, dont j’étais fan, pour former ce Rebel Squad avec les idoles de mon père. C’est un mix entre ses années Rockabilly à lui et mes années Kiss à moi.”

KATE MOSS – MONTREAL

“Mes deux parents ont travaillé dans l’industrie du textile. Et Kate Moss est une icône de la mode. J’en ai fait une nouvelle Marilyn Monroe à travers cette œuvre. Kate Moss, c’est un peu ma Marilyn.”

La fondation romeo’s ayant pour mission de préserver, promouvoir et démocratiser l’art et la culture urbaine, URBANIA vous proposera, à travers une série de billets, de découvrir les meilleurs street artists québécois.

romeo’s gin est une eau-de-vie fraîche et inspirante, aux multiples visages, reflétant la créativité montréalaise.

Pour lire le compte-rendu de la rencontre avec Zema, c’est ICI.

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