À regarder en rafale ce weekend : After Life

La toute dernière série Netflix de Ricky Gervais vous fera sortir vos mouchoirs.

After Life m’a chamboulée. Rentré dedans complètement. J’ai pleuré à chaudes larmes pendant une bonne heure à la fin du dernier épisode devant mon amoureux désemparé. Il était triste aussi, mais ne saisissait pas tout à fait pourquoi ça m’avait mis dans cet état là. Ce n’était pas pour les personnages que je pleurais, c’était parce que l’histoire était si simple, si réaliste qu’il m’était impossible de ne pas la transposer organiquement dans ma propre vie. Je venais d’être témoin d’un drame qui peut arriver à n’importe qui, n’importe quand. Comme quoi ça n’a pas besoin d’être très compliqué pour qu’on se vire à l’envers. 

Un scénario ordinaire extraordinaire

Ricky Gervais est celui à qui l’ont doit la version originale The Office et ses très nombreux fans ont été déçu de ce qu’il a écrit depuis. Selon lui, la série After Life est meilleure chose qu’il ait écrit jusqu’à maintenant.  Tony (joué par Ricky Gervais) vient de perdre sa femme Lisa avec qui il a été marié pendant 25 ans. De jour, il est journaliste dans un minuscule quotidien plutôt douteux avec des collègues aux personnalités aussi spéciales et attachantes que les personnages de The Office. De soir, il déprime. Il déprime au point de décider qu’il est temps de mettre fin à sa vie, mais pas tout de suite. Il doit d’abord vivre avec la certitude de ne rien avoir à perdre. La première chose qu’il ne considère plus? Les autres. Plus de sugar coating, Tony dit tout de qui lui passe par la tête sans penser aux conséquences.

La plume précise et efficace de Ricky Gervais raconte sans raconter. Elle sied tout à fait à ce genre de récit qui n’a pas besoin qu’on en rajoute une couche.

Ce qui frappe dans cette histoire qui est celle de dizaines de milliers de gens à travers le monde chaque jours, c’est justement son universalité. Personne n’est à l’abri de perdre l’amour de sa vie à cause d’un cancer. La plume précise et efficace de Ricky Gervais raconte sans raconter. Elle sied tout à fait à ce genre de récit qui n’a pas besoin qu’on en rajoute une couche. La sobriété fait son effet. Il ne prend pas le spectateur par la main et crée un personnage complexe que l’on aime même quand on devrait le détester. Parfois, on trouve qu’il va trop loin. Surtout quand il rit de ses collègues qui se laissent faire sous prétexte « qu’il ne va pas bien ». Mais comme eux, on lui pardonne parce qu’on sait que pas si loin sous cette façade, il y a un endeuillé en train de se guérir. Ça aussi, ça peut arriver à tout le monde.

Ceux qui restent

Le but n’est pas de normaliser une sorte de méchanceté ou de glorifier l’égoïsme. Au contraire. Au delà des blessures que nous laissent ceux qui partent, il ne faut pas oublier ceux qui restent. La série nous fait voir qu’on a le droit de se laisser tomber soi-même, mais qu’à un moment donné ce qu’on déverse sur autrui est toujours susceptible de nous revenir en plein visage peu importe la raison de notre douleur initiale. L’espoir apparaît dans chaque épisode, d’abord par bribe comme s’il allait s’éteindre. Puis, il est tout à fait là et c’est seulement lui qu’on voit.

Une vraie « comédie dramatique »

À travers un sujet émotivement chargé, on rit. Beaucoup et parfois fort. On retrouve l’humour sec de Ricky Gervais à son meilleur. Parmi les petits moments puissants qui sont d’une pureté désarmante, il y a la rencontre de Tony avec Anne, une veuve dont le mari est enterré juste à côté de sa femme. Ensemble, ils parlent sans filtre et elle lui fait comprendre que c’est possible de redevenir heureux même s’il vient de perdre son plus grand pilier.

Même si [Tony] essaie fort d’être un connard, il n’y arrive jamais complètement.

Puis, il y a les habitants du village qui entretiennent une fascination malsaine pour le journal local et ils sont prêts à tout pour y être mentionnés. Ou encore la rivalité déplacée qui se crée entre Tony et son facteur. Toutes ces perles scénaristiques contribuent à enrichir et à nuancer l’univers de Tony. Parce que même s’il essaie fort d’être un connard, il n’y arrive jamais complètement.

After Life est une série qui détruit et qui rebâtit. Elle fait mal parce qu’elle est réelle et elle fait du bien pour la même raison. Elle vous donnera envie de serrer ceux que vous aimez très très fort dans vos bras parce que l’espace d’un instant, on saisit toute l’ampleur d’une vérité que l’on connaît pourtant bien : personne n’est éternel.

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