À Distance : Se priver de sa famille pour sauver des vies

Entrevue avec l'ambulancier Olivier Mireault

«Quand on a signé pour être paramédic, on n’a pas signé pour mettre notre vie en danger et surtout pas celle de nos filles», laisse tomber Olivier Mireault qui a dû, en début de semaine, prendre la difficile décision de laisser partir ses filles chez ses beaux-parents pour une durée indéterminée afin de les laisser à l’abri. Le choix le plus déchirant de sa vie.

Le 23 mars dernier, le premier ministre Legault a «mis le Québec sur pause» jusqu’au 13 avril. Toutes les entreprises et les commerces doivent fermer boutique, sauf les services essentiels. Les services préhospitaliers d’urgence, dont les ambulanciers font partie, font partie de ces gens essentiels qui doivent continuer leur travail pour le bien commun, pour sauver des vies.

Chaque jour, Olivier et sa femme sont en contact avec des cas possibles de COVID-19 dans leur métier d’ambulancier. «Ce qu’on veut, c’est éviter de les mettre en contact avec le virus, puisqu’on est en contact à peu près à tous les jours avec des cas suspectés», explique Olivier. Même si les ambulanciers respectent les protocoles de sécurité imposés par la Santé publique en désinfectant leur véhicule entre chaque appel et en portant leur combinaison, la famille Mireault ne voulait pas prendre de risques inutiles.

Il a donc emboîté le pas à plusieurs autres de ses collègues ambulanciers, infirmières et médecins, en se séparant temporairement de sa famille pour exercer ses fonctions. «Je pense qu’on a pris la bonne décision. On ne se sauvera pas en courant. On va faire ce qu’on a à faire, et quand le moment sera venu, on va pouvoir se remercier et se féliciter.»

L’ambulancier rappelle qu’il est primordial que les gens soient honnêtes par rapport à leurs symptômes. Dans le cas contraire, ils se mettent eux-mêmes en danger et mettent à risque le personnel préhospitalier d’urgence ainsi que l’équipe médicale qui les recevra à leur arrivée à l’hôpital.

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