À Distance : La SAQ, service essentiel

Entrevue avec Ann Lalumière, de l'organisme PLEIN MILIEU

Depuis le 23 mars, le Québec est sur pause pour éviter la propagation de la COVID-19. Même si le Premier ministre François Legault a annoncé la fermeture de toutes les entreprises et les commerces non-essentiels jusqu’au 13 avril, la SAQ et la SQDC demeurent ouvertes.

«Pour les personnes qui ont une dépendance importante à l’alcool, les sevrages sont potentiellement mortels. Si on arrête de consommer d’un seul coup, il se pourrait qu’éventuellement les organes soient affectés, qu’on tombe en convulsion et certaines personnes pourraient en décéder.»

Cette décision a fait sursauter plusieurs citoyens qui ne comprennent pas pourquoi des magasins d’alcool et de cannabis sont considérés comme des commerces essentiels. Pour Ann Lalumière, la coordonnatrice clinique des services en itinérance de l’organisme Plein Milieu, l’accessibilité à de l’alcool est souvent vitale pour sa clientèle.  «Pour les personnes qui ont une dépendance importante à l’alcool, les sevrages sont potentiellement mortels. Si on arrête de consommer d’un seul coup, il se pourrait qu’éventuellement les organes soient affectés, qu’on tombe en convulsion et certaines personnes pourraient en décéder», fait-elle savoir.

Actuellement dans la grande région de Montréal, les lits en services de désintoxication sont tous occupés. Si l’accès à l’alcool venait qu’à être réduit, les personnes en situation de sevrage n’auraient pas d’autres choix que de se tourner vers les services hospitaliers pour contrôler médicalement les effets du sevrage. «Présentement, les services hospitaliers d’urgence ont déjà beaucoup à faire avec la situation du COVID-19 et on s’attend à ce que ça prenne encore de l’ampleur dans les prochains temps», rappelle Ann Lalumière. La SAQ est donc une option de plus pour se procurer de l’alcool, afin que les citoyens avec et sans problème d’alcool ne se ruent pas vers les épiceries qui pourraient devenir le seul endroit pour s’en procurer.

La coordonnatrice rappelle qu’actuellement, les personnes en situation d’itinérance à Montréal croisent très peu de gens dans les rues. Il est donc primordial que ceux qui peuvent encore se permettre de donner de l’argent aux itinérants continuent de le faire. «Si vous voyez quelqu’un et que cette personne-là quête, peut-être qu’elle va s’en servir pour aller acheter de l’alcool ou peut-être même d’autres substances, mais en ce moment pour certaines personnes, c’est vraiment une question de vie ou de mort.»

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