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URBANIA et Babybel s’unissent pour vous aider à dire Adieu à la malbouffe.
Les gens qui me connaissent savent que j’ai une devise bouffe : ça prend une dose de brun par jour. Café, Coke, sauce à hamburger steak, peu importe, tant qu’un élément dans l’assiette est brun, le repas passe le test du confort.
Chez nous on mangeait bien, même si j’étais particulièrement difficile sur la nourriture.
Cette manière de voir les choses ne me vient pas de mes parents. Non, chez nous on mangeait bien, même si j’étais particulièrement difficile sur la nourriture. Ma mère me raconte souvent que lorsque j’étais bébé, je reniflais chaque bouchée tendue vers moi, et si l’odeur ne m’inspirait pas confiance, je ne mangeais pas.
(Ce souvenir est généralement accompagné de mille autres anecdotes sur comment j’étais un bébé plate, qui ne voulait pas qu’on le touche et qui ne dormait jamais. Et là ceux et celles qui trouvent que ma mère est rough avec moi, sachez que je suis 100% d’accord avec elle. Je ne me rappelle même pas avoir été bébé, clairement mon quotidien de l’époque était assez dull.)
Pendant tout le temps où j’ai habité avec eux, mes parents me protégeaient de mes bas instincts gastronomiques, me forçant à manger des légumes et me jugeant lorsque j’ingurgitais une rangée complète d’Oréo.
Mais toute bonne chose a une faim (see what i did there *move de sourcils qui montent et descendent*). À 20 ans, j’ai quitté le nid familial repentignois pour poursuivre ma vie d’adulte en ville. J’étais enfin dans un univers où l’autobus passe plus d’une fois l’heure, où les commerces sont à moins de 30 minutes de marche et où les bibliothèques ne sont pas juste ouvertes les jours de solstice.
À Repentigny, si y’est dépassé 23h et qu’une fringale se pointe le bout du nez, on peut soit se faire livrer du Vieux Capitaine Nicolas, ou se contenter de boire de l’eau en comptant sur l’effet rassasiant des ballonnements.
Avec la ville est également apparue une nouvelle réalité que je n’avais jamais vécue auparavant : une offre inimaginable de restaurants qui livrent peu importe l’heure de la journée. À Repentigny, si y’est dépassé 23h et qu’une fringale se pointe le bout du nez, on peut soit se faire livrer du Vieux Capitaine Nicolas, ou se contenter de boire de l’eau en comptant sur l’effet rassasiant des ballonnements.
Fraîchement débarqué à Montréal, j’apprenais qu’on peut trouver le fast food du monde entier à portée d’appel téléphonique. Tout ce qui sépare le citoyen de son munchies, c’est 30 min de livraison et la confirmation qu’ils prennent la carte.
Cette offre faramineuse a fini par créer une demande insatiable chez moi. Surtout que mon mode de vie de l’époque pourrait être décrit sobrement comme « nocturne et enfumé ». Sans surprise, le combo « trip de bouffe + manque d’énergie + pouvoir d’achat » a mené à beaucoup d’abus sur mon la santé de mon estomac.
Tout ce qui sépare le citoyen de son munchies, c’est 30 min de livraison et la confirmation qu’ils prennent la carte.
J’étais tellement sur un drôle d’horaire et dans une sorte de rébellion par rapport à mes anciennes « restrictions alimentaires » (c’est-à-dire devoir manger santé, tsé) que j’étais rendu à commander de la bouffe aux deux jours.
Mon ange gardien de l’époque, c’était le Restaurant La Mère. Complice de mes excès, La Mère m’a fait baigner pendant 3 ans dans la sauce brune, les crottes de fromage et les gyros dont les effets collatéraux peuvent se manifester jusqu’à deux jours après l’injestion.
(Réponse : jamais)
Je voyais bien que tout ça était allé trop loin, mais je n’étais pas vraiment motivé à changer mon mode de vie. Je veux dire, c’est pas comme si j’utilisais souvent mon corps pour des activités autres que « gamer au PS3 », alors je ne voyais pas trop l’intérêt de le garder en bon état.
Heureusement, après quelques années, j’ai fini par me faire une copine qui a su me ramener dans le droit chemin. Une copine qui trouvait ça lassant de manger toujours la même scrap, elle qui était habituée à manger des légumes abondamment, des fruits, même de la salade (!).
Avec elle, j’ai appris que le plaisir de la cuisine vient dans le fait d’offrir et de partager. Le genre de fun qui manque quand tu commandes une pizza faite par un dude blasé du shift de nuit.
Tranquillement, j’ai retrouvé un horaire qui se peut et surtout découvert le plaisir de cuisiner. Avant ça, j’avais peu d’intérêt pour la cuisine, parce que c’est souvent plate de cuisiner strictement pour soi. Avec elle, j’ai appris que le plaisir de la cuisine vient dans le fait d’offrir et de partager. Le genre de fun qui manque quand tu commandes une pizza faite par un dude blasé du shift de nuit.
Et soyons francs, quand on mange avec quelqu’un d’important pour nous, on veut que cette personne soit un brin impressionnée et qu’elle reste en santé. C’est moi qui a fait le choix de remplacer le sang qui coule dans mes veines par de la graisse de frites, pas elle.
Aujourd’hui, j’ai donc dit au revoir au junk food, et bonjour à la vraie bouffe. Est-ce que je fais les meilleurs choix alimentaires? Pas toujours. Est-ce que je pense que tout le monde devrait faire comme moi? Pas tant, les gens peuvent ben faire ce qu’ils veulent, c’est leur vie pas la mienne. Est-ce que ça m’arrive de retomber dans du gros gras sale? Parfois, mais beaucoup moins qu’avant. Est-ce que je suis un héros? C*#@% que non!
J’ai simplement fini par comprendre qu’il y a d’autres manières d’aller chercher sa dose quotidienne de brun. Après tout, n’est-ce pas la véritable couleur de l’amouuuuuur?
Et si un jour je me retrouve à nouveau devant un met rempli de scrap et que j’hésite à m’y abandonner, je penserai à ce dernier paragraphe que je viens d’écrire : avec un peu de chance, son petit côté kitsch me lèvera le cœur et m’empêchera de succomber à la tentation.
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On pouvait même la trouver dans ma liste de contacts préférés et notre relation était tellement intime qu’elle lisait dans mes pensées. Dès que mon numéro apparaissait sur l’afficheur, une voix rassurante devançait mes moindres désirs : « La Mère bonjour : une petite poutine régulière, payée débit. Appeler devant la maison parce que la sonnette marche pas. Ok je t’envoie ça! D’ailleurs, quand est-ce que votre proprio va l’arranger votre maudite sonnette »