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À 18 ans, ils se présentent comme candidats aux élections
Ils veulent amener un vent de fraîcheur dans la politique québécoise.
Ils viennent d’obtenir leur droit de vote, et se présentent déjà comme candidats aux élections provinciales.
URBANIA est allé à la rencontre du plus jeune candidat de chacun des principaux partis provinciaux — à l’exception du Parti libéral du Québec, qui n’a pas donné suite à notre demande d’entrevue — pour comprendre c’est comment, faire campagne quand on n’a que 18 ans.
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CLARA BÉLISLE
Candidate du Parti québécois (PQ) dans Viau
Lorsqu’elle ouvre la caméra de son ordinateur, la cégépienne Clara Bélisle s’excuse pour ses cheveux en bataille : elle revient de son cours d’éducation physique.
Derrière elle, un drapeau du Québec est suspendu à l’armoire de sa résidence étudiante.
« J’ai de la difficulté à me reconnaître dans les membres de l’Assemblée [nationale] », lance la plus jeune candidate du Parti québécois. C’est pour mieux représenter la jeunesse et les enjeux qui la touchent qu’elle a décidé de se présenter cette année dans Viau, après s’être impliquée auprès du Conseil national des jeunes du Parti québécois.
Malgré le statut de forteresse libérale de sa circonscription, Clara Bélisle refuse de se considérer comme une « candidate poteau ».
« Je ne fais pas juste mettre ma face sur des pancartes », dit-elle. « Je veux être dans la campagne. Je veux voir les gens, les rencontrer. »
Consciente que son CV « tient sur un post-it », il lui arrive de se demander si elle est réellement à la hauteur. Puis, elle se rappelle la raison qui l’a poussée à se présenter.
« Je me préparais au pire », admet-elle. Si elle anticipait subir du harcèlement en ligne, c’est finalement loin d’être aussi pire qu’elle l’imaginait. Elle estime que sa jeunesse « a détourné l’attention » du fait qu’elle est une femme. Si elle reçoit des commentaires négatifs liés à son âge sur les réseaux sociaux, elle assure que ses interactions avec les électeurs de sa circonscription sont au contraire très positives.
Pour elle, l’unique aspect négatif de cette campagne est qu’elle manque de temps pour voir ses amis.
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SANTIAGO PROTEAU SANCHEZ
Candidat de la Coalition avenir Québec dans Jacques-Cartier
Heureux de faire partie de la plus jeune équipe de l’histoire de la Coalition avenir Québec (CAQ) avec ses 26 candidats âgés de 30 ans et moins, Santiago Proteau Sanchez n’hésite pas quand il enchaîne ses phrases. Il faut dire que l’étudiant en finances à l’Université d’Ottawa cumule déjà beaucoup d’expérience politique derrière la cravate.
En 2025, alors qu’il est « premier ministre » de son école secondaire, le Collège de Lévis, il fonde l’Association des présidences des écoles du Québec, avec pour but de « représenter les jeunes et faire entendre leur voix en politique ». Au fil des années, Santiago Proteau Sanchez participe aussi au Parlement des jeunes de l’Assemblée nationale, s’implique auprès des Jeunes politiciens du Canada, et effectue un stage d’un jour avec le député Bernard Drainville.
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Le jour de son 16e anniversaire, Santiago Proteau Sanchez reçoit un message privé sur Instagram qui changera la suite de son parcours : la Relève de la CAQ l’invite à son souper de Noël.
Deux ans plus tard, il se présente pour le parti de Christine Fréchette dans la circonscription montréalaise de Jacques-Cartier, qui donne la victoire aux libéraux depuis belle lurette. Le jeune passionné de finances estime que cette campagne lui permettra d’acquérir « beaucoup d’expérience », et qu’il compte « apporter une différente perspective, plus jeune ».
A-t-il l’ambition de devenir un jour premier ministre du Québec? « On va voir comment ça va », rit-il. Pour l’heure, il se concentre sur la campagne en cours. « Je travaille très fort pour défendre les intérêts des gens de Jacques-Cartier et les idées du programme de l’Équipe Christine Fréchette. »
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DORYAN PANSANEL
Candidat de Québec solidaire dans Chapleau
Le parcours de Doryan Pansanel chez Québec solidaire (QS) débute avec une photo. Ou plutôt, le désir d’en obtenir une.
« Au départ, j’aimais bien aller aux manifestations pour le Jour de la Terre, et cetera », raconte-t-il. « Puis, je me suis dit qu’en devenant membre [de QS], je pourrais aller à assez de manifestations pour espérer prendre une photo avec Gabriel Nadeau-Dubois et Manon Massé. »
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C’est exactement pour cette raison que Doryan Pansanel a décidé de se présenter aux élections, cette année. Souhaitant mettre de l’avant les intérêts de la jeunesse, il est animé par des enjeux tels que la rémunération des stages, la hausse du salaire minimum, l’accessibilité à une première propriété, et la transition énergétique.
Lorsqu’il révèle son âge aux électeurs de sa circonscription, le Français d’origine assure qu’il est accueilli comme un vent de fraîcheur. « Généralement, je sens qu’ils sont soulagés. Ils me disent qu’ils sont contents qu’il y ait enfin de nouvelles têtes et des jeunes qui s’impliquent. »
Loin d’éprouver un sentiment d’imposteur, il croit qu’il est plus que jamais nécessaire que des jeunes se présentent aux élections.
Malgré les plus récentes projections du site Qc125 (14 septembre 2026), qui placent QS en cinquième position avec 10 % des intentions de vote dans sa circonscription, le jeune candidat solidaire croit toujours en ses chances de l’emporter.
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NARE STAPANYAN
Candidate DU Parti conservateur du Québec dans Mille-Îles
« Il y a beaucoup de stéréotypes autour de notre parti que je suis là pour briser », laisse tomber la jeune candidate du Parti conservateur du Québec (PCQ) dans Mille-Îles, Nare Stepanyan, assise dans une classe du Cégep Montmorency, peu de temps après être sortie d’un examen.
La jeune immigrante arménienne, installée au Québec avec sa famille depuis sept ans, veut défaire l’image que plusieurs se font de la femme conservatrice, soit celle d’une femme au foyer. « Notre parti politique est pour les droits des femmes, pour l’équité », dit-elle.
C’est en voyant sa grand-mère, avec qui elle habite et dont elle est très proche, naviguer le système de santé québécois qu’elle a décidé de se lancer en politique avec le PCQ. Ce dernier veut établir des délais maximaux pour les chirurgies dans le réseau public et propose que les patients qui ne sont pas soignés dans ces délais aient accès aux soins dans le réseau privé aux frais de la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ).
L’ancienne participante de la simulation parlementaire du Forum étudiant de l’Assemblée nationale, qui a obtenu sa majorité il y a deux mois, souhaite aussi mettre de l’avant les difficultés d’accès au logement, qui touchent particulièrement les jeunes.
Bien qu’elle ressente plus de pression à prouver sa crédibilité en raison de son âge, Nare ne doute pas de son potentiel. « Je me suis dit : “Il faut que tu te lances en campagne confiante, en pensant que tu as ta place », dit-elle. « J’ai passé des entrevues, j’ai écrit des lettres de motivation, j’ai fait beaucoup d’efforts. Je suis très fière de moi et je pense que je suis très légitime. »
Cette campagne fait vivre toutes sortes « d’émotions fortes » à la jeune Nare Stapanyan, qui dit adorer parler avec des électeurs dans la rue. Malgré le fait que son parti ait très peu de chances de gagner dans sa circonscription lavalloise, elle est reconnaissante de l’expérience qu’elle gagne durant cette période électorale. « Je m’épanouis vraiment dans cette campagne. Dans ma tête, j’ai déjà gagné », sourit-elle.
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