5 fois où une oeuvre d’art contemporain a été confondue avec quelque chose d’autre

L'art contemporain n'est pas la vie, mais parfois la vie devient de l'art contemporain.

Plus tôt ce mois-ci, un monsieur Italien s’est retrouvé à l’hôpital après avoir visité une exposition d’art contemporain, à Porto. Il est littéralement tombé dans cette oeuvre de l’artiste indien Anish Kapoor :

Oui, Descent into Limbo est un trou dans le sol recouvert de peinture qui absorbe la lumière, ce qui donne une impression de vide total. Ce qui rend aussi difficile de juger s’il s’agit d’une oeuvre d’art, d’un trou dans le sol ou juste un gros spot noir peinturé sur le plancher. Ça aurait pu arriver à n’importe qui (ou pas).

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois qu’une oeuvre d’art contemporain confond les masses. Voici cinq oeuvres d’art qui ont fourré le monde.

Unhappy Meal, de Carol May

Ça s’est passé dans un musée d’Hong Kong.  Un membre de l’équipe de nettoyage a confondu la sculpture de carton pour une boîte de Joyeux Festin McDonald’s égarée. Heureusement pour lui, 30 copies d’Unhappy Meal ont été fabriquées, il en reste donc toujours 29 en circulation. Le coût de la bévue : 364$

Comment interpréter cette sculpture? Carol May joue sur la signification des objets du quotidien dans son art. Dans le cas qui nous occupe, c’est l’aspect séduction déployé dans l’esthétique du Joyeux Festin qui l’interpelait. À travers ce symbole universel de plaisir, elle souhaitait révéler une vérité plus sombre, cachée (et peut-être un peu graisseuse aussi).

Reading–word-piece, d’Arthur Koepcke

On dirait un mot croisé. Normal, c’est fait pour avoir l’air d’un mautadit mot croisé. C’est probablement pour ça qu’une dame de 91 ans ne s’est pas gênée pour  la remplir en 2016, lors de sa visite au musée de Nuremberg. L’oeuvre comprend aussi la mention: «Insérez les mots pour que ça ait du sens.» La pauvre s’est donc défendue d’un logique : « BEN LÀ, J’AI FAIT CE QU’ON MA DEMANDÉ, BATINSSE. » Croyait-elle qu’il s’agissait d’une oeuvre interactive ou d’un mot croisé géant? C’est pas clair. Ce que l’on sait par contre, c’est que son erreur aura coûté 80 000 euros au Musée. Horizontal, six lettres, juron: E S T I F I.

L’oeuvre fait partie du mouvement Fluxus, qui se veut anti-commercial, anti-art et qui glorifie le processus plutôt que le produit fini. Donc, on est pas si sûrs que Koepcke (mort en 1977) aurait été si horrifié de la participation enjoué de notre cruciverbiste nonagénaire. Il aurait probablement trouvé ça ben cool pis ben fluxusse.

Where shall we go dancing tonight?, de Goldschmied & Chiari

Une autre bévue du gars du ménage. Pensant qu’il y avait eu un estie de gros party au musée la veille, l’équipe pensait bien faire et a nettoyé méticuleusement l’installation avant-gardiste, prenant soin de mettre le papier, le plastique et le verre dans différents sacs. Ils voulaient bien faire, mais il a fallu fermer le musée afin de tout remettre en place.

L’oeuvre se voulait une critique de l’hédonisme et de la décadence en politique italienne dans les années 80. Faut croire que l’hédonisme et la décadence sont aussi des valeurs chez leurs muséologues, parce que l’équipe de ménage était pas surprise du tout de trouver ce beau gâchis par terre.

Démonstration d’art auto-destructible, par Gustav Metzger

Bon, OK. Celle-là est quand même drôle. Le sac de cochonneries en bas, à droite, c’est pas un sac de cochonneries. Ça fait partie de l’installation de Gustav Metzger, juste à côté. Mais, par une belle soirée de 2004, un autre gars de ménage a cru qu’il s’agissait d’un sac qu’il avait oublié avant de partir et le crissa promptement aux vidanges. C’est à s’y méprendre, right? L’artiste de 78 ans a simplement remplacé le sac par un autre, le lendemain.

L’art auto-destructeur est un mouvement créé par Metzger lui-même en 1959, visant à illustrer la destruction des croyances par la guerre. Genre, la croyance que l’art ça doit avoir l’air d’art?

Un ananas, de Ruairi Gray

Si vous croyez que cet ananas ressemble à un ananas ordinaire à s’y méprendre, c’est parce qu’il s’agit d’un ananas ordinaire, acheté pour la modique somme de 1,30$ à l’épicerie par un étudiant pour faire une joke d’art contemporain à ses followers Snapchat. Il se trouvait très drôle:

Le problème c’est que 10 minutes plus tard, l’ananas était sous une boite de verre protectrice. C’est un mystère à savoir qui l’a mise là, parce que le staff du musée s’est renvoyé la balle à qui mieux-mieux dans les médias jusqu’à ce qu’on oublie l’histoire.

Comme quoi la ligne entre l’art contemporain et les affaires de tous les jours est souvent bien mince.  C’est une question de contexte et quand on travaille dans un musée, la notion de contexte doit être quand même assez élastique.

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