.jpg.webp)
5 façons d’être un allié des femmes au travail
La Journée internationale des droits des femmes approche à grands pas et je me suis demandé quel genre d’article j’avais envie d’écrire pour cette occasion. C’est pas compliqué, j’en ai carrément ressenti une légère pression de performance. Après tout, j’ai déjà signé une lettre d’opinion en tant que « Femme menstruée à faible budget ».
Alors, mon choix s’est arrêté sur vous, les gars. Oui! Cette année, c’est à vous que je m’adresse grâce à la tribune qui m’est si gentiment offerte par Quatre95. Je vous rassure tout de suite, mon but n’est pas de vous chicaner ni de vous shamer et encore moins de vous « Germaine-er ».
Plutôt, j’ai rédigé ce texte pour vous aider, vous outiller et vous donner confiance en vos skills d’allié féministe. Et sachez que mon amoureux s’est chargé d’en faire une lecture sensible, histoire de s’assurer que je ne parte pas sur une dérape contre le patriarcat (ça peut m’arriver).
Réveiller le M. Net qui sommeille en vous
La cuisine est le cœur de n’importe quel bureau. C’est là qu’on décompresse, qu’on discute et qu’on déconne avant de retourner être plus ou moins productif. C’est aussi un endroit « chargé » pour les femmes, un lieu où l’on a longtemps été enfermées – et où certaines personnes aimeraient bien nous renvoyer.
Même si les hommes participent de plus en plus au ménage, au lavage, à la préparation des repas et aux soins des enfants, tout n’est pas encore égalitaire à la maison. En moyenne, on estime que les Québécoises consacrent 1 heure de plus par jour aux activités domestiques que les Québécois.
Pour réduire cet écart, contribuez à garder la cuisine du bureau propre. Quelques idées : défaire le lave-vaisselle ou remplir la machine à café, laver votre tasse et celles qui ont été abandonnées dans l’évier, passer un p’tit linge sur la table pour enlever les miettes de toast, inspecter les vieux Tupperwares et jeter les restants qui moisissent dans le frigo.
Combattre « le réflexe de la secrétaire »
Même si les femmes occupent des postes variés, qui font appel à toutes sortes de compétences, je constate que plusieurs hommes démontrent encore ce que j’appelle « le réflexe de la secrétaire ». Et je ne suis pas la seule à l’avoir remarqué. Dans un groupe mixte, on s’attend généralement à ce que les femmes organisent, planifient, prennent des notes et assurent les suivis.
Pour combattre ce réflexe, je vous invite à prendre les devants et à créer l’événement dans l’agenda de vos collègues, puis de réserver la salle de réunion. En début de rencontre, proposez-vous pour prendre les notes 🙋♂️. Par la suite, faites les suivis nécessaires pour alléger la charge mentale de vos collègues féminines. Je vous garantis que ça ne passera pas inaperçu!
Écouter et amplifier la voix des femmes
Les réunions entre collègues, avec des membres de la direction ou devant des clients, exposent souvent de manière flagrante des rapports inégalitaires entre les genres. Par exemple, les hommes ont souvent tendance à monopoliser le temps de parole, consciemment ou non, ce qui nuit à la participation des femmes.
D’autres portent très peu d’attention aux interventions des femmes, allant jusqu’à en profiter pour consulter leur téléphone (même en virtuel, je vous confirme que votre regard dirigé vers le bas n’est aucunement subtil). Certains vont parfois même s’approprier une idée évoquée plus tôt par une femme pour en prendre tout le crédit.
Alors, je vous invite non seulement à écouter de manière active, mais aussi à amplifier la voix des femmes autour de vous. Utilisez votre propre crédibilité pour relayer ce qu’une collègue a mentionné. Par exemple : « Je trouve que l’idée de Justine est excellente parce que… » ou « Julie a soulevé un excellent point quand elle a dit que… ».
Combattre le syndrome de l’imposteur
C’est connu (et documenté!), les femmes doutent davantage de leurs compétences que les hommes. Les femmes estiment devoir cocher toutes les cases avant de postuler pour un emploi, alors que les hommes transmettent généralement leur CV dès qu’ils répondent à 60 % des critères. D’après une vaste étude menée par LinkedIn, les femmes postulent à des offres d’emploi 20 % moins souvent que les hommes.
Même une fois embauchées, le syndrome d’imposture demeure. Alors, si votre collègue doute d’elle-même avant d’amorcer un projet d’envergure, ou si elle hésite à postuler pour un poste plus élevé, c’est votre cue pour la soutenir! Dites-lui pourquoi elle est la bonne personne pour ce projet, ou pourquoi elle ferait une gestionnaire du tonnerre.
Tout ça revient à valoriser le travail, l’expérience et les compétences de vos collègues féminines, des choses extrêmement payantes en fin de compte. Et parlant de payer, sachez que le Québec fait encore du surplace en matière d’égalité salariale. En 2024 et 2025, les Québécoises ont commencé symboliquement à travailler gratuitement le 28-29 novembre en raison de leur écart salarial avec les hommes.
Je sais que c’est encore tabou, mais divulguer son salaire entre collègues est un bon moyen de s’assurer qu’il n’y a pas de discrimination entre les hommes et les femmes.
Faire le contraire de l’équipe américaine de hockey masculin
C’est le dernier point de la liste, mais c’est aussi le plus important : quand vous êtes témoin de gestes ou de remarques sexistes, ne soyez pas complices.
Rester silencieux devant un comportement déplacé, ou en rire, ce n’est pas rien faire. C’est prendre position.
En jasant de l’actualité autour de la machine à café, un collègue tient des propos contre l’avortement? Pourquoi vous taire si vous êtes en désaccord? « Les femmes ont le droit de faire ce qu’elles veulent avec leur corps », ça se dit très bien entre deux gorgées.
Votre voisin de bureau fait une joke inappropriée sur le physique d’une collègue et ça vous met mal à l’aise? Un simple : « Ish, je pense que t’es allé trop loin avec celle-là », risque de le faire changer de registre.
Vous êtes en réunion et un collègue parle depuis mille ans pendant que Nadine a une petite main levée sur son écran? N’attendez pas qu’elle la retire par pur découragement et intervenez gentiment :
« Désolé de te couper, Arnaud, mais je remarque que Nadine a la main levée depuis un moment. Aimerais-tu rebondir sur quelque chose qu’Arnaud a dit, Nadine? »
(Voix de Pierre Houde) Passe sur la palette à Nadine, qui se saisit de la rondelle pour finalement marquer son point. ET LE BUUUUUT!
Si vous vous êtes rendus ici, c’est que vous avez lu mon texte au complet et, au nom de vos collègues féminines (pis des femmes en général), je vous remercie. S’éduquer sur le sujet, c’est la base, et c’est important.
D’ailleurs, le livre Masculin pluriel : Regards sur nos masculinités, en librairie dès le 18 mars, s’annonce comme une lecture intéressante pour pousser la réflexion.
Pour finir, j’ose vous lancer un défi : partager cet article sur vos réseaux sociaux ou l’envoyer à vos amis et/ou collègues de travail.
Identifiez-vous! (c’est gratuit)
Soyez le premier à commenter!