Amélie Grenier

5 choses que les personnes trans américaines n’ont pas le droit de faire

L’idée d’exclure des êtres humains de la société juste parce que leur identité de genre rend mal à l’aise un bunch de vieux monsieurs blancs cis est révoltante.

Suite à l’annonce ce matin du Cheetos en chef Donald Trump, de son intention d’interdire aux personnes trans de servir dans l’armée américaine, on était pas mal en colère.

L’idée d’exclure des êtres humains de la société juste parce que leur identité de genre rend mal à l’aise un bunch de vieux monsieurs blancs cis est révoltante en soi, mais elle est loin d’être nouvelle.

Voici 5 choses qu’on refuse actuellement aux personnes trans américaines:

 
1. Défendre leur pays

Selon Trump, les militaires transgenres constitueraient un fardeau pour l’armée, à cause des coûts médicaux qu’ils entraîneraient (une hausse SANS BON SENS de 0,09% du budget), et parce qu’ils pourraient mettre d’autres militaires «mal à l’aise». C’est cute comme justification, mais juste si on ne tient pas compte des fardeaux réels dont l’armée américaine pourrait se débarrasser avant d’interdire à 15 000 personnes leurs droits fondamentaux, à commencer pas le taux d’agressions sexuelles dans l’armée qui augmente chaque année (6 172 cas rapportés en 2016). Ça, c’est malaisant en tabarcriss.
 
2. Aller aux toilettes

En 2015, le Mouvement pour la défense des droits humains a dénombré pas moins de 44 projets de loi anti-trans. Parmi ceux-ci, 29 visaient à interdire aux personnes trans l’accès à la salle de bain publique du genre auquel elles s’identifient. Quand une société cherche à opprimer un groupe de personnes au point où elle légifère leurs fonctions intestinales, c’est que ça ne va pas, mais pas du tout.
 
3. Trouver et garder une job

La stigmatisation, l’oppression et la discrimination augmentent le risque de pauvreté chez les personnes transgenres. Aux États-Unis, le taux de chômage des personnes trans est 2 fois plus élevé que celui de la population générale. Imagine avoir toutes les qualifications nécessaires pour un emploi, mais te le voir refuser parce que somehow quelqu’un est pas d’accord avec le genre auquel tu t’identifies. Ou imagine un ado trans qui, en plus de se faire rejeter par sa famille, est obligé de vivre dans la rue, faute d’endroit où vivre. Imagine tout le potentiel, toutes les idées, toutes les innovations dont une société se prive ainsi.
 
4. Être heureuses

Aux États-Unis, 41% des personnes trans ont tenté de se suicider au moins une fois dans leur vie. Au sein de la population générale, le taux de tentatives de suicide est de 4,6%.
Parmi les causes de ces tentatives de suicide, on compte le harcèlement, l’intimidation, la discrimination et le rejet par la famille. Quand l’ignorance et la haine poussent des personnes à considérer s’enlever la vie, il y a un sérieux travail de remise en question à faire.
 
5. Exister

Uniquement depuis le début de l’année, on compte au moins 15 meurtres de personnes trans aux États-Unis. Elles sont mortes de façon violente, souvent aux mains de proches (parents, amis, ex-conjoints) et dans certains de ces cas, la transphobie y a joué un rôle majeur. Personne ne mérite d’avoir peur de mourir, et encore moins de mourir pour avoir affirmé son identité.

Pour lire un autre texte d’Audrey PM: «5 films Netflix qui vont te faire brailler ta vie».

Du même auteur

Vous n'allez pas rester là sans rien dire ?
Faites-vous entendre...

mode_comment Afficher les commentaires keyboard_arrow_down keyboard_arrow_up