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360 jours autour du globe: Les incontournables

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Chaque pays a ses musts. Des trucs qu’on ne peut avouer ne pas avoir vus – ou faits – sans se buter à un Tu niaises ! bien senti ou à un regard réprobateur.

Au Pérou, c’est évidemment le Machu Picchu qui se retrouve au sommet de cette liste d’incontournables. Tout juste avant Jouer-El-Condor-Pasa-à-la-flûte-de-pan-en-flattant-un-lama.

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N’étant pas particulièrement friands de foule ou de prix à l’occidentale (on est sans emploi ou on ne l’est pas), je n’irais pas jusqu’à dire qu’on allait au Machu Picchu à reculons, mais disons qu’on suivait une longue diagonale pour s’y rendre. On n’était pas plus pressés que ça d’aller se jeter dans la gueule de la machine touristique et on a repoussé la chose pendant un bon deux semaines avant de se dire que Ouais bon, faudra bien y aller un moment donné, hein ? Et comme on éprouvait un enthousiasme limité à l’idée de se rendre là-bas dans un train bondé de touristes pour ensuite monter dans un autobus bondé de touristes et finalement se retrouver sur un site bondé de touristes, on a choisi d’y aller en faisant une randonnée de cinq jours… bondée de touristes. Mais la foule relative d’une trentaine de personnes dans la montagne sera toujours moins pire qu’une vraie de vraie foule et, à nos yeux, le mal était moindre.

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Alors, après quatre (très) longues journées de marche à travers les montagnes, la forêt de nuages et la jungle péruvienne, on est enfin arrivés à Aguas Calientes, petite ville au pied de la montagne où se trouve la cité inca. Une douche glaciale et une courte nuit de sommeil plus tard, on commençait l’ascension de la montagne, à la lampe frontale, afin d’arriver en même temps que le soleil… Et quand un gars saoul, sortant d’un bar, vient te donner une poignée de main et te souhaiter une bonne randonnée, c’est un signe qui ne ment pas : t’es un trekkeur vraiment matinal – ou t’es à Pointe-St-Charles, mais ça, c’est une autre histoire.

Suite à une sportive ascension de plus de mille marches qu’on a affrontée comme des champions de l’acclimatation, on était parmi les premiers à pouvoir entrer sur un site presque désert. Et c’est à travers un épais brouillard ajoutant au mystique de l’endroit qu’on a pu apercevoir les ruines se dessiner, d’abord timidement puis, de plus en plus distinctement.

On a beau avoir vu 36 000 photos de la chose, l’effet est quand même saisissant. Car au-delà du savoir-faire des Incas dont témoignent les ruines, c’est la situation géographique de l’endroit qui est complètement démente : un haut pic de jungle cerclé de deux bras de rivière, entouré de tous côtés par de hauts sommets, loin de tout. Fallait être complètement mégalomane pour seulement avoir l’idée d’aller bâtir quelque chose là-haut… Même Donald Trump se serait dit que c’était peut-être pas super raisonnable. Des murs élevés sur des flancs de montagne vertigineux, des terrasses en paliers édifiées pour cultiver une terre importée des régions plus fertiles des alentours, des constructions de pierres qui s’imbriquent parfaitement les unes aux autres, défiant les séismes… Bref, un ensemble qui impressionne par sa démesure. Pareil comme le Dix30.

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Malheureusement, vers les neuf heures du matin, l’endroit est effectivement pris d’assaut par des hordes de touristes, débarquant par centaines des autobus et le charme est, avouons-le, un peu rompu, mais bon. J’imagine que c’est la rançon de la gloire et on ne s’est pas laissés décourager par cette invasion massive. On a visité le site de fond en comble et de bas en haut, montant le très abrupte Wayna Picchu – la montagne qui surplombe les ruines – allant jusqu’à la Porte du Soleil sur la montagne du côté opposé, pour finalement revenir vers Aguas Calientes, à pied toujours, en fin d’après-midi. Après plus de douze heures à monter et à descendre d’innombrables marches, nos mollets étaient en train de fomenter des plans de rébellion et c’est avec soulagement qu’ils accueillirent la trêve des hostilités.

Fourbus mais heureux, on a finalement pris le chemin du retour vers Cuzco en train, en se disant que les incontournables, eh bien, ils ne le sont pas pour rien.

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