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360 jours autour du globe: Le retour

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Ça fait drôle, après douze mois de découverte, de savoir que la prochaine destination, on la connaît comme le fond de notre poche.

Qu’on n’aura même pas besoin de consulter un Lonely dans l’avion ni de sortir nos talents de mimes devant un douanier qui ne parlera pas notre langue. Qu’on va naviguer dans les us et coutumes avec l’aisance d’un douchebag au Beach Club de Pointe-Calumet. Et qu’il y a même des gens qu’on aime qui vont nous attendre.

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Paraît que toute bonne chose a une fin. Mais ce qui est bien, c’est qu’on n’a pas l’impression que ça l’est, la fin, justement. Cette année de recul nous a donné la chance extraordinaire de voir le monde, mais aussi celle de voir notre petit monde à nous avec plus de lucidité. On sait maintenant ce qui nous a manqué et ce à quoi on tient dans nos vies. Comme si nos priorités s’étaient lentement réorganisées, au fil des kilomètres. En fait, on est aussi excités de rentrer qu’on l’était de partir. On a hâte de jeter les bases de la nouvelle vie qu’on a eu le luxe de se rêver pendant le voyage. De mettre en pratique nos belles résolutions. De voir si ça peut marcher tout ça. Comme si le retour faisait partie de l’odyssée au même titre que le voyage en tant que tel. On doit se réinventer une vie – avec du vieux et du neuf – et trouver un équilibre qui nous ressemble. Excitant, non?

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À défaut d’avoir cotisé à nos REER cette année, on est plus riches de trois grandes vérités. Premièrement, on a appris que la peur, ça sert à rien. (Ok, ça peut servir à éviter de hugger un carcajou, mais dans 99,98% du temps, ça sert à rien.) Deuxièmement, que la magie se pointe rarement le bout du nez dans le périmètre sécurisé de notre petite zone de confort. C’est à nous de se secouer un peu les puces si on veut risquer de la rencontrer. Et troisièmement, que Thomas Jefferson avait raison sur au moins une chose. Que pour avoir quelque chose qu’on n’a jamais eu, eh bien on doit faire quelque chose que l’on n’a jamais fait.

Voilà. C’est simple, mais c’est énorme. Si c’est pas ça la richesse, je me demande bien ce que c’est. Et on a la ferme intention de faire fructifier ce trésor dans les années à venir.

Au revoir, chers lecteurs. Merci d’avoir partagé cette grande aventure avec nous. Le meilleur reste à venir, on en est convaincus.

Et pour conclure, petit florilège du retour.

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Nos maisons sont des blocs opératoires. La propreté des intérieurs est la chose qui nous a le plus frappé dans les premiers jours. On aurait pu manger sur le plancher sans aucun problème. Mais tsé. On voulait pas inquiéter nos familles inutilement.

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L’exclamation outragée qu’on s’est mutuellement lancée le plus souvent dans les première semaines : Check ça comment c’est cheeeeeeeeeeer!

Après un an à vivre dans un Dollarama, ça fait mal, rentrer chez Holt Renfrew.

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Les enfants sont les seuls qui ont le temps de changer en une année. Ce sont les neveux, nièces et enfants d’amis qui nous confirment qu’on est réellement partis pendant un an. Pas juste un long weekend.

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JAMAIS j’aurais pensé autant tripper à faire une brassée de blanc dans le confort de mon scandaleusement spacieux 4 et demi. On vivait dans l’opulence la plus complète pis on le savait même pas.

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C’est fou de pouvoir écouter et COMPRENDRE toutes les conversations de purs inconnus autour de nous… Pas encore tout à fait habitués, on a toujours le réflexe de se dire Ah-Ha! Je comprends tellement tout ce que vous dites! La-Lala-La-Lèèèère! comme quand on surprenait une conversation de Français en voyage qui se croyaient sous le couvert de la barrière linguistique.

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Faque là, tu me dis que je pèse sur ce piton-là pis ça lave la vaisselle? Ma-la-de.

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Ça a l’air de rien, mais prendre une douche sans gougounes, ça a quelque chose de charmant.

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Avant de partir, on se trouvait limite simplicité volontaire. Un an plus tard, en défaisant nos boîtes qui étaient entreposées, on se trouve limite gros-porc-matérialiste-nord-américain. C’est ben pour dire.

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Quand on fait du 9 à 5, on a l’impression que le reste de la planète aussi, mais je vous l’annonce, c’est faux. Montréal grouille d’action en plein jour. Des humains vont prendre un café, renouveler leur permis de conduire et même faire l’épicerie EN PLEIN MILIEU D’AVANT-MIDI, LA SEMAINE. Incroyable.

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Montréal, tu es belle. Et de tous les endroits au monde, c’est ici qu’on veut vivre.

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