3 trucs pour débattre sainement

Tous les débats de vos soupers de famille ne sont pas obligés de finir en guerre civile.

Les jeudis à 20 h, Télé-Québec présente Zone franche, une nouvelle production originale animée par Isabelle Maréchal et Raed Hammoud. Zone franche est un lieu d’échanges d’idées inspiré des rap battles, où les invités se lancent dans des débats chauds à propos de sujets polarisants et qui interpellent tout le monde. Des débats nécessaires en 2019! Mais cette Zone franche est-t-elle vraiment possible?

Au Québec, il y a une croyance comme quoi nous, les Québécois, n’aimons pas débattre. Et si vous avez déjà été pris entre deux de vos oncles qui décident soudainement de s’obstiner sur les accommodements raisonnables entre deux bouchées de dinde aux atocas, vous savez exactement pourquoi : on a tendance à devenir émotifs.

Dans beaucoup de famille, on va donc avoir tendance à établir certains sujets qui sont tabous, habituellement la politique et la religion. Vous pourrez vous obstiner sur qui aurait dû gagner Occupation Double, mais on va laisser François Legault de côté, merci.

Mais est-ce qu’on devrait vraiment interdire des sujets? Est-ce qu’il y a des sujets trop sensibles pour être débattus?

Non. Il s’agit simplement de savoir bien s’y prendre.

URBANIA vous offre donc 3 conseils pour débattre dans l’harmonie.

1. Soyez intéressé au point de vue de l’autre

Ça peut paraître simple comme règle, mais c’est celle qu’on oublie le plus. Souvent, quand on commence à débattre, on ne veut pas vraiment savoir ce que l’autre pense : on veut surtout prouver que c’est nous qui avons raison.

Mais le problème, c’est que votre interlocuteur se dit probablement la même chose que vous. Comment réussir à convaincre quelqu’un qui ne pense qu’à sa prochaine réplique?

Comment réussir à convaincre quelqu’un qui ne pense qu’à sa prochaine réplique?

Si vous voulez vraiment convaincre quelqu’un, vous devez comprendre comment il pense. Et pour ça, vous allez devoir l’écouter.

Ma blonde et plusieurs de nos amis travaillent pour un parti politique dont je ne partage pas nécessairement les idées. Par la bande, je me retrouve donc souvent entouré de gens à l’opposé de moi sur le spectre politique.

Et en écoutant leurs conversations, j’ai fait une découverte étonnante : ils ne veulent pas manger des bébés. Les gens avec qui vous êtes en désaccord veulent fondamentalement la même chose que vous; le bien commun. Mais leur idée de comment y arriver est différente.

Si vous partez sur cette base-là, vous aurez une discussion beaucoup plus enrichissante.

2. Ne criez pas

Souvent, on a le sentiment que les gens qui parlent le plus fort sont les plus convaincants.

Correction : ils ne sont pas les plus convaincants, ils sont les plus déplaisants. Ce n’est pas la même chose.

Si vous vous mettez à crier, on se met automatiquement sur la défensive.

Pensez aux grands orateurs de ce monde : les René Lévesque, les Barack Obama, les Gino Chouinard. Certes, ils pouvaient avoir leurs envolées lyriques à certains moments, mais règle générale, ils restaient calmes et posés.

Ça vient stimuler quelque chose chez nous; cette personne reste tellement calme devant l’adversité, elle doit avoir confiance en elle, elle doit savoir quelque chose que j’ignore.

À l’inverse, si vous vous mettez à crier, on se met automatiquement sur la défensive. Ça doit être un réflexe animal; quelqu’un qui crie, ça inspire le danger. Prendriez-vous le temps de considérer le point de vue d’un tigre qui vous rugit en pleine face?

3. Acceptez vos propres limites

Personne n’aime être pris en défaut. Les gens ne s’inscrivent pas à des quiz télévisés en se disant : « Hey, j’espère que Stéphane Bellavance va me poser une question dont je ne connais pas la réponse pis que je vais avoir l’air d’un maudit niaiseux à la télé !»

C’est normal.

Mais si vous voulez que le débat reste sain, acceptez qu’à un moment donné, l’autre va vous fournir un argument auquel vous ne saurez pas quoi répondre.

Sinon, vous tombez sur une pente glissante; quand on est bouché, on a souvent deux réflexes, aussi nocifs l’un que l’autre.

Parfois, on invente des chiffres ou des faits, en se disant que ça doit sûrement être vrai. C’est pas très honnête intellectuellement, et si l’autre s’en rend compte, vous allez vraiment avoir l’air d’un épais.

L’autre réflexe, c’est de tomber dans l’émotif. C’est toujours là que le feu pogne :

« Jean : Il faut que le crucifix reste, c’est notre patrimoine!
Paul : Le crucifix à l’Assemblée nationale n’est pas un symbole du patrimoine, il a été placé là par Maurice Duplessis pour asseoir la mainmise de l’Église sur l’État québécois.
Jean :…
Paul : Quoi?
Jean : TU VAS BRÛLER EN ENFER MAUDIT PAÏEN »

Vous voyez ici, Jean, plutôt que de reconsidérer son argument et d’avouer qu’il n’avait peut-être pas toutes les informations, s’est plutôt senti attaqué et a décidé de riposter avec une insulte personnelle.

Ne soyez pas comme Jean. Débattez sainement.

*****

Maintenant que vous savez ce qu’il faut pour discuter et faire valoir vos idées, reste à mettre tout ça en pratique en regardant Zone Franche les jeudis 20h dès le 28 mars à Télé-Québec.

Voici d’ailleurs un avant-goût de ce qui vous attend!

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