3 controverses cinématographiques annoncées

Parfois les raisons sont bonnes. Parfois elles sont mauvaises. Mais la colère est toujours bonne pour les affaires.

Le nouveau film de Quentin Tarantino Once Upon a Time… in Hollywood sort en salles ce vendredi et les gens sont pas contents. Il faut dire que le contexte est extrêmement délicat.

Le film est basé (en partie) sur l’histoire de la famille Manson et du meurtre de l’actrice Sharon Tate, enceinte de l’enfant du réalisateur Roman Polanski à l’époque. Ce dernier vit en exil depuis 1977 parce qu’il fait face à des accusations de viol sur une mineure en sol américain. 

Polanski est interprété par l’illustre inconnu Rafal Zawierucha dans le film et ça ne fait l’affaire de personne. On accuse Tarantino de faire passer Polanski pour une victime, d’avoir banalisé le crime de ce dernier dans une entrevue et la femme de Polanski, Emmanuelle Seigner, l’accuse même d’avoir fait le film sans consulter le principal intéressé

Devant les critiques, la défense de Tarantino est qu’il s’agit d’un événement à caractère historique auquel Roman Polanski n’est qu’accessoire.

Personnellement, je pense qu’il n’y a simplement pas de bonne manière de parler de Polanski dans un film du genre. 

Ce sera cependant difficile de se faire une opinion informée là-dessus avant d’avoir vu le film.

Avec l’avènement des réseaux sociaux les grands studios se servent allègrement de notre colère pour faire parler de leurs films. Once Upon a Time… in Hollywood n’est pas le premier exemple et ne sera clairement pas le dernier. Voici 3 film dont vous n’avez pas fini d’entendre parler.

Joker (4 octobre 2019)

Le moratoire sur l’interdiction de jouer le Joker après la sublime interprétation de Heath Ledger dans The Dark Knight en 2008 était maintenant levée, Hollywood recommence timidement à faire des films sur le méchant le mieux connu dans la culture populaire après le bonhomme sept heures.

Le problème de ce nouveau film sur le Joker, c’est qu’il ne se base sur aucune bande-dessinée pour raconter l’histoire de ses origines. 

Personne ne sait d’où vient le Joker. Il ment constamment sur ses origines. Alan Moore a écrit le roman graphique qui visait à mieux connaître le Joker, mais il s’est rétracté par la suite en disant qu’il s’agit d’une version de son histoire seulement. Le danger qui guette le réalisateur Todd Phillips? Humaniser le personnage. Le Joker est déjà une source d’inspiration pour jeunes hommes aux tendances violentes.

Par exemple: en 2012, James Holmes a assassiné 24 personnes lors de la première de la suite de The Dark Knight, portant ses cheveux d’une couleur criarde comme le célèbre personnage. Encore aujourd’hui, on s’explique mal ses raisons.  Holmes n’est malheureusement pas le seul.

Le Joker, c’est le méchant. Faudrait pas perdre ça de vue.

Top Gun: Maverick (15 juillet 2020)

Celui là fait déjà jaser. C’est déjà ridicule qu’une suite à Top Gun sorte près de 30 ans après l’original, mais on a trouvé une raison de s’en offusquer: 

Ouin, ça paraît mal. Il faudrait faire attention à ne pas prêter d’intentions ici, cependant. Non seulement Maverick a le droit de changer de manteau, mais il est aussi membre de l’armée américaine. S’il se fait capturer en mission, ça se pourrait qu’il ne veuille pas faire chier encore plus des factions ennemies avec des patches de pays qu’ils ne reconnaissent pas. Oui, c’est un détail un peu poussé. Mais si vous vous attendez à ce que Top Gun: Maverick soit woke… vous regardez peut-être au mauvais endroit?

Mais bon, la vraie raison, c’est que le studio n’a probablement juste pas voulu s’aliéner le marché chinois. Vous savez ce qu’on dit : l’explication la plus simple est souvent la bonne. 

Thor: Love & Thunder (Juillet 2019)

Ouh là là. Celle-là va faire crier les «puristes». Comment un réalisateur peut donc confier le rôle du bourru et ultra-masculin Thor à Natalie Portman? Et bien si vous vous offusquez de ce choix artistique, c’est que vous n’êtes pas véritablement un puriste. 

Portman ne jouera pas Thor, mais bel et bien Mighty Thor, un personnage de la série de bandes dessinées God of Thunder, de Jason Aaron, dans laquelle mjolnir abandonne Thor et décide de se livrer à la copine Jane Foster à la place, faisant d’elle la nouvelle défenderesse de l’univers. 

C’est une idée aussi originale et amusante que celle de Thor: Ragnarok (aussi réalisé par Taïka Waititi), qui fut l’un des meilleurs films de la première décennie du Marvel Cinematic Universe. Si quelqu’un chiale sur ce film (et il va y en avoir) dites-leur de faire leurs recherches (et que c’est un projet très cool). 

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