Le Québec est-il cachottier ?

De notre obsession pour les familles troublées à la télévision à notre amour légendaire pour les potins racontés sur le perron de l’Église, les Québécois semblent particulièrement fascinés par les secrets de famille.

Notre société s’est forgée sous l’oeil rigide de la religion catholique, autour du poêle, dans les histoires de feu de camp. Nous nous sommes demandé si le Québec était un terrain fertile pour les secrets de famille.

Eh bien finalement, nous avons appris que le Québec n’est pas plus porté sur les cachotteries qu’ailleurs. Au contraire.

« C’est un défi de trouver des secrets de famille aujourd’hui »

Transparent, le Québec?

« C’est un défi de trouver des secrets de famille aujourd’hui », raconte l’anthropologue Renée B. Dandurand, qui s’intéresse aux transformations de la vie familiale au Québec. « On est très ouverts ici, on a le droit de tout faire. Ça n’a rien à voir avec il y a 50 ans. »

Bien sûr que l’Église impliquait bien des tabous, mais elle encourageait aussi les fidèles à se confesser. « Puisque [ceux-ci] échappent au contrôle social, institutionnel et religieux, il y avait un véritable effort contre les secrets, car un secret dévoilé ne représentait pas un danger », explique Brian J. Young, professeur d’histoire à l’Université McGill.

Unique, le Québec?

Et notre société est loin d’être originale en ce qui a trait à ses cachotteries. Comme partout, les mêmes enjeux, tels la criminalité, les comportements hors norme et la sexualité, sont plus souvent l’objet de petites omissions stratégiques, explique également Brian J. Young.

Toutefois, rien n’indique que Facebook et Instagram sont en voie de faire disparaître les non-dits qui restent. « Certes, les moeurs ont évolué et la notion de secret aussi. Mais il reste de nombreuses choses dont on ne veut pas parler. La vie est ainsi faite qu’il y aura toujours des traumatismes. Donc, il y aura toujours des secrets », confiait au quotidien français Le Figaro le psychiatre Serge Tisseron.

Nous avons donc décidé d’aller à la source et d’interroger notre communauté pour savoir ce qu’il y avait dans ses placards familiaux, ce qui restait des tabous du passé. Nous avons écouté vos histoires et avons été parfois bouleversés, parfois amusés, mais nous en sommes surtout ressortis avec une forte envie de coincer notre famille entre la dinde et l’aspic pour lui tirer les vers du nez.

Ça se pourrait que le gâteau aux fruits ait une bonne raison de goûter drôle, cette année.

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