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Élections d’artistes, bien sûr. Dans une autre vie pas si lointaine, je critiquais avec grand bonheur la télé québécoise sur le désormais défunt site Dans ma télé.ca.
Des heures de plaisir et de blagues gratuites sur Marc Hervieux. Maintenant, j’ai grandi. J’essaie de laisser les ténors populaires tranquilles et je garde pour moi mes commentaires acidulés sur Marcia Pilote et la télévision d’après-midi. Mais parfois, comme aux lendemains d’un Gala Artis, il me vient des envies de réveiller publiquement la Louise Cousineau en moi.
Je ne vous ferai pas le compte-rendu de la soirée d’hier à TVA. Par expérience, je suis souvent la seule intéressée par le fait que Claude Legault sorte avec Marie-Chantal Perron, qu’Éric Salvail soit arrivé au bras de… Geneviève Borne et que Luc Picard ait l’air vraiment fatigué passé 21h.
Je ne ferai pas de résumé parce que normalement, je suis aussi la seule à tripper autant sur ce genre de soirée. La seule de mon entourage à sortir les mouchoirs lorsqu’on me présente mes animateurs télé, toutes chaînes confondues, réunis dans un même sketch pour me faire oublier la guerre des réseaux. La seule à me sentir parfaitement concernée par un gala dont le public cible a 65 ans, se pense à Télé-Métropole et doit se faire expliquer plusieurs fois ce qu’est un hashtag.
Pourtant, il est primordial de se pencher sur le Gala Artis. À part une relation malsaine avec son sport national, il n’y a pas plus révélateur de l’état d’une société qu’une soirée d’élections de ses artistes populaires. Surtout la veille d’une soirée d’élections fédérales. On parle ici des résultats d’un acte démocratique qui déclenche encore davantage les passions que n’importe quel événement politique. À moins que l’événement politique en question n’implique Jean-François Mercier, bien sûr.
Hier, la soirée de remise de prix du public à ses artistes favoris m’a permis de penser qu’un vent de changement s’amène peut-être. Ceux qui, contrairement à moi, ont choisi de regarder Tout le monde en parle n’ont peut-être pas ressenti la même chose (ils n’ont sûrement pas ressenti le malaise créé par le piètre état de Claude « claudiquant » Legault) mais je vous assure : le changement est bel et bien à nos portes. Puisque c’est le même public qui vote ce soir, on a peut-être le droit de rêver. Des preuves :
1. Pour la première fois, Anne Dorval a offert des remerciements cohérents.
2. Pour la première fois, Radio-Canada a battu TVA sur son propre territoire et a fini majoritaire quant au nombre de trophées reçus. PKP en était rouge d’inconfort (ou rouge d’antécédents cardiaques familiaux)
3. Pour la première fois, le public a choisi Charles Tisseyre comme Meilleur animateur d’émission d’affaires publiques. N.B : Charles Tisseyre et Jack Layton s’habillent exactement pareil.
Autre signe que les astres sont drôlement alignés : Ben Laden a été déclaré mort au moment où Pierre Bruneau, Sophie Thibault, Céline Galipeau et Pascale Nadeau étaient tous séquestrés au Théâtre Denise-Pelletier. À moi, ça dit que si la tendance se maintient, nous aurons aujourd’hui une soirée électorale passionnante qui marquera l’histoire.
Il faut toutefois garder la tête froide : tout ne change pas. J’ai aussi soulevé beaucoup d’éléments stagnants dans le gala d’hier, qui nous indiquent que les élections de ce soir nous chanteront peut-être exactement la même rengaine:
1. On booke encore et toujours Michel Louvain dans un numéro d’ouverture même si le résultat est pitoyable.
2. Marie-Mai peut toujours accoter Lady Gaga, mais les danseurs, chorégraphies et effets de boucane semblent encore tout droit sortis du Broco-Show.
3. Dans le lot des nominés, la grande majorité sont encore persuadés qu’ils ne gagneront pas, comme s’ils étaient sortis de chez eux pour s’acheter une grosse bière et qu’ils avaient bêtement été téléportés sur scène, en tenue de gala.
Personnellement, je préfère la première théorie : celle qui dit que nous venons d’entrer dans une ère de changement. Mais la vraie question que je me pose pour ce soir est : Pour qui Marc Hervieux votera-t-il? Et surtout, osera-t-il pousser quelques vocalises dans l’isoloir? Bien sûr que oui.