周小逸 Ian

10 sages paroles de 10 experts en sexo

Passer plus de 5 ans sur les bancs d’université à étudier la sexualité, ç’a ses avantages. Plusieurs avantages que je pourrais vous détailler telle la femme investie que je suis; oui, on en apprend sur l’être humain, on remet en question les construits sociaux, on ne se cachera pas que par la bande on en apprend aussi sur nous-mêmes ET on va se le dire, on a la chance d’être entouré de gens compétents et passionnés qui réfléchissent non-stop à tous pleins d’enjeux reliés à la sexualité.

Cette semaine, j’ai décidé qu’il était temps de partager cet enrichissant plaisir que l’on peut avoir à échanger avec des gens détenant l’expertise en sexologie.

J’ai donc pris l’initiative de réunir 9 charmants collègues qui travaillent en recherche, en clinique, dans les bureaux privés, dans le communautaire, en santé publique, avec les jeunes, les moins jeunes, qui traitent des problématiques d’agressions sexuelles, de troubles alimentaires, de dysfonctions sexuelles, bref, qui sont polyvalents.

Compte-rendu de cette discussion et proposition de réflexions

1- Généraliser, ç’a ses limites.

“Les gars sont de même, ils ont tout le temps envie de baiser!”
“Les filles sont toutes romantiques : elles le se l’avouent juste pas!”

NOPE NOPE NOPE.

S’attarder à la complexité et les nuances de l’être humain devant soi est souvent plus gagnant que le réduire à un stéréotype.

Généraliser, ça semble rassurant parce qu’on en tire des supposées convictions qui nous amèneraient à décoder quelqu’un avant même de le-la connaître. Mais, par exemple, ce n’est pas parce qu’on est né avec les mêmes organes génitaux qu’un individu qu’on a les mêmes besoins, les mêmes intérêts, les mêmes intentions et le même vécu émotif.

S’attarder à la complexité et les nuances de l’être humain devant soi est souvent plus gagnant que le réduire à un stéréotype.

2- Si la routine te remplit de bonheur, sois heureux!

On l’entend souvent, celle-là : la routine, ça tue le couple! La routine, ça tue le désir! TOUS AUX ABRIS, LA ROUTINE VA VOUS ANÉANTIR!!! Dans cette perspective, la routine serait reproduite par des gens sans imagination, blasés de la vie ou sexuellement incompétents.

Remettons tout ça en perspective…

Si tu es insatisfait d’une routine instaurée, là ça peut t’affecter négativement et là, ça peut devenir moche. Le nerf de la guerre? Ton insatisfaction. Pas la routine. Parce que plusieurs y trouvent leur compte.

Admettons que tu le sais qu’elle va être savoureuse en sapristi, ta recette de spagh, un soir de semaine, sens-toi pas mal de ne pas offrir le menu 6 services et de ne pas donner dans la cuisine moléculaire. Un spaghetti, c’est soutenant. C’est bon. C’est réconfortant. Ça marche pour toi et pour ton-ta partenaire? Alors posons-nous la vraie question : il est où le problème si la répétition vous comble?

Pour celle-ci, unissions nos voix et scandons “Stoppons ce shaming! Non à la condamnation gratuite de la routine!”

3- Le désir sexuel, là là… Eh bien ça fluctue.

Il est normal de ne pas toujours avoir la pédale libidinale accotée dans l’tapis. Le désir est influencé par plein de facteurs qui ne sont pas nécessairement de notre ressort. T’es stressé? Tu prends une médication? Tu traverses une passe obscure de ton cycle menstruel? Ton chien vient de mourir? Ta relation chire un peu? NORMAL que tu ne sois pas imprégné d’une énergie sexuelle débordante. Et NORMAL que si tu es en couple, ton-ta partenaire ait peut-être une forte envie de consommer l’acte alors que toi t’as juste envie de fixer le mur en décantant ta vie.

On n’est pas toujours synchronisé niveau désir sexuel et ça fait partie de la réalité d’être un humain. Normalisons la chose!

4- La maladresse au lit ça fait partie de la vie et non, t’es pas nécessairement incompétent(e)!

Ah, cette peur du ridicule… Elle peut freiner de charmantes initiatives, celle-là! On ne parle pas beaucoup du fait que faire preuve d’humour pendant les relations sexuelles, ça peut être sexy! T’sais, si on se pète la tête sur la base de lit, qu’on a la coiffe scotchée dans notre sueur de front, qu’on rushe en enfilant le condom, que notre corps fait des bruits bizarres, qu’on pousse une sonorité douteuse en jouissant, on peut en rire affectueusement!

En fait, si jamais bourde sexuelle il y a et que l’autre nous fait sentir définitivement poche, pensons-y : le problème ne vient probablement pas de nous… Accueillir l’autre dans sa spontanéité, dédramatiser et rire un peu, ça devrait te solidifier une belle complicité!

5- Explorer et expérimenter, ça peut être funné.

Oui, tu peux certes t’acheter de la lingerie, des jouets sexuels, de l’huile à massage voire même tous les dérivés des boutiques érotiques si t’es greyé d’un sacré budget doublé d’une attirance pour lesdits items. Ça te branche? Go!

Ce qu’on mentionne moins, c’est que le corps, tel que tel, possède tout un éventail de possibilités en termes d’expérimentation de sensations charnelles. Pensons par exemple aux 5 sens et à tout ce que l’on peut faire avec. Vue, toucher, odorat, ouïe, goût… Ça peut aller du look of love soutenu à la glace qui te glisse sur la chute des reins en passant par le reniflage de chevelure et le profond massage vigoureux. Ou l’effleurement en superficie. Avec les mains. Avec la langue. Avec les pieds, même, si ça te tente.

T’as le droit d’oser (même en solo) et t’as le droit de proposer!

6- On ne le dira jamais assez : le consentement, c’est pas mal toute dans’ vie.

Il y a une différence plus que certaine entre la détermination et l’acharnement. Et la différence est toujours présente entre “se résigner” et “accepter”. Être sensible à ce que l’on ressent et se sentir consentant, c’est important (et ça rime aussi alors c’est doublement chouette). Être attentif au consentement de l’autre, ça aussi c’est essentiel. Ça se joue des deux bords.

Quand on est dans une dynamique de séduction, quand on a le goût de se grinder sur un dancefloor, quand on frenche nouvellement quelqu’un ou quand on a des activités sexuelles avec la personne avec qui on est en couple depuis 15 ans, le consentement n’est pas un concept qui s’évapore selon une durée ou un contexte, c’est TOUJOURS important.

7- Réviser la perception qu’on peut avoir de la beauté, ça pourrait être profitable…

Constatation : il y a un certain modèle consensuel de beauté qui peut venir nous contaminer l’dedans. Vous savez, les modèles aux caractéristiques communes qu’on nous présente dans 782 423 médias? Musculature définie, teint uniforme, chevelure volumineuse, lèvres pulpeuses, nez fin et autres agréments? On a le droit de trouver ça beau!

Mais on a aussi le droit de trouver beaux les gens qui ne fittent pas dans le moule standardisé du physique nord-américain supposément enviable.

8- Ne nous laissons point gaver de commandements sexuels telles de petites oies.

Il y a une différence entre proposer des réflexions et imposer des commandements. Une petite méfiance est de mise lorsque l’on se trouve devant des articles promettant des résultats instantanés ou garantissant que ces 10 étapes vous mèneront à l’orgasme.

Après discussion, on n’irait pas jusqu’à dire : “NE LISEZ PAS CES TERRIBLES MENSONGES!” On dirait plus : “Faites preuve de jugement critique. Prenez-en et laissez-en, c’est important!”

9- La diversité, c’est une damnée belle richesse.

On parle de plus en plus des diversités sexuelles et bon Dieu que c’est important. Poursuivons ici le portrait de la diversité en partageant quelques termes : orientation sexuelle, identité sexuelle, situations de handicap, image corporelle, origines ethniques, abstinence, statut conjugal, écart d’âge dans un couple, polyamour, valeurs religieuses ou pas…

C’est aussi ça, la diversité! Et plutôt que de la soupçonner de louchetés ou d’y aller de quelques raccourcis réflexifs du genre “il est célibataire, c’est transitoire, il est en attente de trouver quelqu’un!” ou “elle est avec un homme plus vieux, c’est tellement œdipien son affaire!” ou encore “elle est travailleuse du sexe, elle ne se respecte pas!”, rappelons-nous qu’il est souvent tendre de questionner gentiment et d’accueillir les différences, même si nous “on n’est pas de même!”.

10- Tu sais quoi? T’es correct comme t’es.

Quand on travaille dans le domaine de la sexologie, on se fait souvent poser des questions ayant pour prémisse “c’tu normal si…”. Et souvent là, très très trèèès souvent, la réponse est OUI.

Fantasmer sur Zac Efron alors que tu couches avec Charles, fantasmer sur Charles alors que tu couches avec Zac Efron (tout est possible), te masturber régulièrement alors que t’es en couple, avoir des passes où t’as donc ben la libido dans le tapis en plus de passes où t’as plus envie de manger des biscuits soda que d’avoir des relations sexuelles, ÇA SE PEUT. Et c’est normal.

Si jamais tu souffres, que t’es pris dans une dynamique drainante, que t’es insatisfait, tu peux aller chercher de l’aide (remarque ici que j’ai mis un lien sur “chercher de l’aide” donc tu peux cliquer, si besoin il y a!).

Mais ultimement, quand tu te sens bien, ça va.

Même si tu n’as pas de relations sexuelles à toutes les semaines. Même si vous prévoyez vos moments d’intimité sur un calendrier. Même si le sexe, ça ne t’intéresse pas tant. T’es bien là-dedans? Tu sens que tu vis en cohérence avec tes valeurs? Oui, ça va.

** Gracie mille aux plus que dévoués et compétents diplômés en sexologie ayant collaboré à l’échange d’idées menant à cet article : Aula Sabra, François Tremblay, Jenny Ingrid Lebounga Vouma, Joanie Heppell, Mahé Fall, Maxime Lévesque, Maxime Pouliot, Mélanie Guénette-Robert et Valérie Leblanc… MERCI! **

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