À 20 ans, je commençais mon bac en vivant sur l’argent de mes parents. Un privilège à double tranchant, parce que si je pouvais étudier la conscience tranquille, ne pas avoir à penser à l’argent m’a menée à carrément ne pas m’intéresser à sa gestion. Résultat : j’ai fait des gaffes qui m’ont coûté cher, et je suis passée à côté d’opportunités financières qui auraient pu, littéralement, m’acheter quelques années de retraite.
Huit ans plus tard, un bac et plusieurs jobs en finances derrière la cravate, j’ai pas mal de recul et quelques regrets – ce que j’espère vous épargner en vous partageant ces 10 choses que j’aurais voulu savoir sur l’argent à 20 ans.
#1. La plupart des aîné.e.s vivent sous le seuil de la pauvreté
C’est un fait : la moitié des aîné.e.s au Québec vivent sous le seuil du revenu viable. Ça, ça veut dire que c’est ben cool, les programmes comme le Régime des rentes et la Sécurité de la vieillesse, mais on peut juste compter là-dessus pour couvrir nos besoins de base – pas pour se sortir de la pauvreté.
Là-dessus, j’ai une bonne et une mauvaise nouvelle. La mauvaise : je me dois donc d’être cette personne rabat-joie qui présente quelques chiffres déprimants pour vous rappeler que, pour vrai, c’est tellement important d’épargner pour la retraite (personne ne va le faire pour vous). La bonne : plus on est jeune, plus c’est facile de se faire un plan de match qui ne donne pas l’impression de devoir se restreindre en permanence.
#2. Gros mariage = grosses chances de divorce
Bon, je veux pas vous décourager si vous rêvez d’un mariage digne de Cendrillon, mais sachez que les statistiques ne mentent pas : plus un mariage coûte cher, plus il y a de chances qu’il finisse en divorce. Effectivement, les dépenses faramineuses occasionneraient plus de stress qu’autre chose. Qui l’eût cru!
Et puis, soyons honnêtes : un mariage à petit budget, ça permet d’éviter les dettes, et ça laisse des sous pour bâtir un avenir solide à deux. C’est sûr que ça va faire de moins belles photos Instagram, mais ça sera déjà plus chic qu’une pension alimentaire.
#3. Il y a des alternatives aux finance bros
Remerciez-moi plus tard, parce que je m’apprête à vous éviter plein de moments cringe à écouter un finance bro en complet-cravate expliquer ce qu’est un CELI : des créateur.rice.s de contenu qui parlent de finances d’une manière plus inclusive et accessible, ça existe.
Des femmes, des personnes LGBTQIA+, ou des personnes neurodivergentes qui parlent d’argent en ligne, il y en a.
Et quand on les trouve, on réalise que c’est tout un pan de nos vies financières qui n’étaient pas abordées dans les canaux « traditionnels » : procréation assistée, congé parental, répartition de la charge financière, etc. Donc, non, vous n’êtes pas obligé.e.s de vous fier aux conseils d’un gars du HEC si vous espérez un jour devenir propriétaire.
#4. L’argent fait de l’argent
Mes collègues sont tanné.e.s de m’entendre le dire, mais c’est avec de l’argent qu’on fait de l’argent. Prenons un exemple : 100$ investit chaque mois à partir de l’âge de 20 ans, ça vaut 200 000$ à l’âge de 60 ans. Au total, vous aurez placé 50 000$, qui, lui, aura généré 150 000$ de plus. Tout seul.
Ça s’appelle les intérêts composés et oui, c’est un peu bizarre. Si vous leur donnez un peu de temps (idéalement quelques dizaines d’années), ils feront des miracles avec vos sous.
#5. Investir, ça peut être simple (pour vrai)
Votre confusion est payante et ça, une panoplie de professionnels du monde des finances l’ont compris. C’est pour ça qu’on a créé tout un lingo bien spécifique à l’argent (pensez ETF, NASDAQ, S&P500, etc.) : pour vous convaincre que c’est compliqué, faire fructifier votre argent, ou qu’il faut que vous achetiez et vendiez des actions quotidiennement en espérant trouver une aiguille dans une botte de foin, pour espérer devenir riche.
Mais tout ça, c’est de la bouette. La vérité, c’est que pour s’enrichir sans y passer ses journées, il faut juste miser sur la botte de foin. La botte de foin, elle s’appelle des fonds négociés en Bourse.
#6. tout coûte plus cher que ce que je pensais
Quand j’ai emménagé dans mon premier appart, j’avais tout prévu, sauf les coûts du déménagement. Quand j’ai fait une session à l’étranger, j’ai tout budgété, mais j’avais oublié de prendre en considération le taux de change. Et quand j’ai acheté ma première voiture, j’ignorais que je pognerais une contravention par mois.
Vous me voyez venir : arrondir à la hausse, quand on se fait un plan financier, c’est vraiment pas cave.
#7. Les vrais riches ont un peu l’air cassé
Plusieurs études démontrent que flexer son cash, c’est souvent associé à une fausse perception de la richesse réelle. Après tout, vous connaissez sûrement un propriétaire de condo dans Griffintown qui vit à crédit.
Cela dit, attention : je ne pense pas qu’il faut accumuler de l’argent sans vivre. C’est juste que ceux et celles qui se sont demandé ce qui les rend vraiment heureux vous diront rarement que c’est la voiture qui leur coûte plus cher que prévu ou la sacoche qu’ils et elles n’osent pas porter de peur de se la faire voler.
#8. Parler d’argent, c’est payant
Les tabous autour de l’argent, ça nous coûte collectivement très cher. C’est ça qui vous empêche d’avoir le même salaire que Simon, qui fait la même job que vous, mais qui est bin chum avec le boss.
Demander à ses collègues combien ils gagnent, c’est pas juste intelligent, c’est important – c’est ce qui donne une véritable chance à l’équité.
#9. Il y a 2 règles simples pour bien gérer ses dettes
J’ai longtemps eu peur d’avoir des dettes. L’idée de devoir quelque chose à qui que ce soit me stressait. Jusqu’à ce que je comprenne qu’à moins que j’aie un demi-million comptant qui traîne, j’allais devoir, un jour, emprunter de l’argent à une banque. Et pour prouver à une banque que je suis une bonne emprunteuse…. il faut que j’aie déjà emprunté.
Maintenant, je sais qu’avoir des dettes, c’est comme ça qu’on se bâtit une cote de crédit. Ensuite, il s’agit simplement de les payer au complet, et dans les temps.
#10. Une voiture est un gouffre financier
Acheter une voiture, c’est un peu se mettre le bras dans le tordeur financier. J’en ai une, elle me coûte plus de 10 000$ par année, et j’ai toute la misère du monde à m’en débarrasser : on s’habitue vite à toute la liberté que ça offre.
Avec le recul, j’aurais préféré apprendre à vivre sans.
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