.jpg)
10 bonnes raisons de rendre visite à une personne âgée (autre que votre grand-mère) cette année
Ok Millennials. Ça fait des années qu’on nous prévient (avec une pyramide) que la population vieillit. Pourtant, on compose aujourd’hui avec la pénurie de main-d’œuvre comme un chevreuil devant les phares, l’air un peu hagard, comme si personne n’avait vu ça venir. Et avant de transformer chaque chevelure grise que vous croisez en boulet, voici quelques raisons de côtoyer un. e aîné. e cette année.
Parce que oui, les jeunes de 15 ans et moins sont maintenant moins nombreux que les personnes âgées de 65 ans et plus. Et mieux vaut y trouver des avantages. Sans compter qu’il est temps qu’on se parle.
1- Vous trouverez quelqu’un qui ne ressent plus la pression constante de performer ou, à tout le moins, qui n’a plus les mêmes raisons que vous de le faire. Et c’est terriblement rafraîchissant. Quoiqu’un tour à la résidence Le Chez-nous des Artistes vous convaincra rapidement du contraire.
2- Les personnes âgées ne sont pas toutes des baby-boomers. Les plus vieux sont nés avant 1945, ont plus de 75 ans, et font partie de la génération silencieuse, née entre la crise des années 20 et la Deuxième Guerre mondiale.
3- Vous risquez de trouver quelqu’un d’inspirant, qui a vécu toutes les étapes par lesquelles vous passez, le confort en moins dans bien des cas, et qui fera fondre comme neige au soleil vos angoisses existentielles.
4- Près d’une personne âgée sur cinq souffre d’isolement social, se sent seule ou délaissée et ne dispose d ’aucune connexion internet. Près de la moitié des 75 ans et plus n’ont pas de téléphone intelligent, ni ordinateur portable. Parler à quelqu’un qui n’utilise pas les réseaux sociaux (et qui ne sait parfois même pas ce que ça veut dire), ça remet aussi en question notre propre relation obsessive compulsive avec notre téléphone intelligent.
5- Il se peut que certains aient beaucoup de jasette et que vous en attrapiez le tournis. Écoutez. Du flot de paroles jailliront des anecdotes dont vous ne soupçonniez même pas l’existence et vous rirez sans doute beaucoup. Mais ne vous gênez pas non plus pour couper le fil et parler de vos affaires. Bref, échangez.
6- Vous craignez qu’ils radotent toujours la même chose? Ça peut arriver. Certains ont des troubles cognitifs. Mais dites-vous que vous radotez aussi beaucoup lorsque vous racontez vos dates successives ou les faux exploits de vos enfants.
7- Les éco-anxieux verront peut-être une lueur d’espoir en regardant dans le rétroviseur des aînés. Le fleuve y était bien plus pollué avant, preuve que les choses peuvent (parfois) s’améliorer si on prend les moyens pour.
8- Les histoires des plus âgées vous emmèneront des réflexions sur la condition féminine ou sur des comportements que vous perpétuez avec votre partenaire, réflexe de servitude déguisée ou de peur de déplaire déplacée. Avant 1964, une fois mariées, les femmes n’avaient même pas le droit de signer un chèque, c’est ben pour dire. Des anecdotes et des faits qui vous feront prendre compte de tout le chemin parcouru par les femmes et de l’attirance pour la vie domestique qui vous tenaille toujours, jeunes femmes.
9- Côtoyer des personnes âgées, ça risque de changer la perception que vous avez des autres vieux en général. Non, ils ne sont pas tous bornés, racistes et pollueurs ou nuls en technologie. Ils ont juste vécu à une autre époque que la vôtre. Les plus vieux recyclaient bien avant l’arrivée des bacs verts.
10- Si vous vous rendez dans un CHSLD, ça se peut que vous y trouviez des vieux qui ne sont ni attachants, ni drôles, ni inspirants. Juste malades ou vraiment maganés par la vie. Prenez leur main si tu vous le sentez ou fredonnez un air d’été tout léger pour vous donner de la contenance. Racontez ce que vous vivez. Et observez-les bien. Ça vous fera réfléchir sur votre propre condition de mortel.
P.-S. Il se peut que vous tombiez sur quelqu’un de vraiment antipathique. Ça se peut. On vieillit comme on a vécu.
P.P.-S. Et si vous trouvez ça trop déprimant de vous rendre dans un CHSLD, passez chez votre voisine. Demandez-lui si elle va bien. Juste comme ça. Vous pourrez peut-être même vous en faire une amie.
De rien.
*Il y a beaucoup de généralisations dans ce texte qui peuvent paraître comme de l’âgisme. Faites l’exercice et vous aurez vos propres cas en référence.