Trois endroits où l’anglais n’a fait qu’une bouchée de la langue d’origine

Le débat au sujet du franglais est polarisant, il y a toujours deux camps : ceux qui l’aiment et l’adoptent contre ceux qui le détestent et en ont peur. Pour mieux comprendre la genèse de cette guerre sur la langue de chez nous, nous avons décidé de commencer par le commencement et d’aller voir ailleurs ce qui s’est passé. L’anglais semble parfois avoir un force de frappe assez efficace.

L’irlandais d’Irlande

Eh oui! L’anglais n’est pas la langue d’origine de l’Irlande, seul État de l’Union européenne dont la première langue officielle, l’irlandais, est une langue minoritaire. Tellement minoritaire qu’elle est aujourd’hui parlée par à peine 2 % de la population, à la suite d’une longue assimilation des Anglais depuis le XIVe siècle.

Bien que les Irlandais appuient la politique de promotion de l’irlandais — ils trouvent qu’il est nécessaire que leur langue d’origine soit enseignée à l’école et ils considèrent important de la connaître —, ils ne veulent pas être tenus de la parler, l’irlandais étant perçu comme désuet et un brin ridicule.

Le gaélique d’Écosse

Même s’il est plus encouragé d’apprendre une langue moderne (comme l’allemand, l’espagnol et même le français) que le gaélique, ce dernier survit toujours sur quelques îles écossaises. Deux marques de whisky osent même avoir une étiquette en gaélique (c’est pas mal les seules entreprises commerciales à être game de le faire).

La langue celtique est protégée — on la trouve sur les panneaux de signalisation, et dans certains affichages —, mais malgré les réformes et les campagnes de promotion, on l’entend très peu dans la bouche des Écossais.

L’hawaïen d’Hawaï

Jusqu’en 1987, il était interdit d’apprendre l’hawaïen à l’école publique. Mais des politiques tentent aujourd’hui de préserver cette langue, que parlaient les 500 000 habitants de ces îles avant que les missionnaires américains et autres immigrants commencent à débarquer au début du XIXe siècle.

Dans les faits, l’hawaïen — qui est une langue officielle de l’État — est en voie d’extinction, mais il survit sur les îles dans les noms des rues et des parcs, dans la musique, sur les menus des restos et dans les œuvres culturelles: même lorsqu’ils parlent anglais, les habitants en saupoudrent des mots un peu partout. Les habitants sont fiers de cette langue et reconnaissent l’importance de la préserver. Bravo.

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Plusieurs se demandent si Folie est son vrai nom. La réponse est oui.

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