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Incredible India ! Pour vrai, le rédac qui a trouvé cette ligne pour vendre l’Inde au reste du monde pouvait difficilement être plus dead on que ça. Car c’est en effet pas mal ça qu’on s’est dit environ vingt-deux fois par jour pendant sept semaines. Moments choisis.
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Les Indiens font votre connaissance en suivant à peu près toujours le protocole suivant : 1) Which country ? 2) What do you do in Canada ? 3) How much money do you make ?
La première fois que j’ai dû faire face à la troisième question, j’ai été prise de court et sans trop réfléchir, j’ai divisé le montant par quatre. Me disant que ça semblerait moins indécent aux yeux d’un gars qui vient de me dire qu’il faisait vivre sa famille avec 300$ par mois… Le gars hal-lu-ci-nait. On avait beau lui expliquer que le coût de la vie était beaucoup plus cher qu’ici, à ses yeux, c’était classé, on était des nababs. Par la suite, on a décidé de couper par dix. Ça passait bien jusqu’à ce qu’on tombe sur un Indien qui en connaissait un peu plus sur l’Occident et qui s’est mis à nous dire que No. It is not enough. Euh… Pardon ? It is not enough for your lifestyle. Bon. Malaise. Passer pour un millionnaire ou un menteur… On n’a toujours pas décidé lequel était le mieux.

Le concept de la bulle n’est visiblement pas le même partout. J’ai passé des moments délicieux dans le train à observer combien de temps mon amoureux pourrait tenir sa lecture avec deux Indiens qui lisent, pas par-dessus son épaule, mais carrément avec lui, penchés sur le livre pour mieux voir, leur main sur son genou. La réponse, huit minutes, m’a grandement impressionnée. Chapeau, chéri.
Les religions, ça se passe de bonne heure ces affaires-là. Quand ce n’est pas l’appel à la prière des Musulmans à quatre heures du matin, ce sont les tambours des moines bouddhistes qui rappellent à l’univers que l’avenir appartient à ceux qui se lèvent avant ceux qui se lèvent tôt. Jésus peut aller se rhabiller avec sa messe de onze heures.

Les deux sons indiens par excellence sont, en premier lieu, les klaxons et, suivant de très-très-très près, le renifle-comme-si-ta-vie-en-dépendait/râcle-toi-la-gorge-comme-si-ta-vie-en-dépendait-tout-autant/crache. Les deux s’exercent avec passion et conviction et ce, sans relâche.
On s’est fait demander de nombreuses fois la permission de prendre notre photo pendant notre séjour en Inde – Fouille-moi ce qu’ils font avec ça ! – et, comme on trouvait ça drôle, on se prêtait volontiers au jeu.
Un chauffeur de taxi voulant probablement nous impressionner et nous montrer que les Indiens étaient civilisés, nous a affirmé avec fierté qu’il travaillait fort pour pouvoir offrir le meilleur à son bébé de deux mois. Des jus, de l’eau et… du Pepsi.
Malaise.

Un Indien se dirige vers nous d’un pas décidé :
– Hello !
– Hello !
– Which country ?
– Canada.
– You like Obama ?
– Yes ! You ?
– No. Me, I like Vladimir Poutine ! He does karate and moto ! Big muscles ! It is nice !
– Oh. Ok !
– Goodbye !
– … Bye !
Et il repart comme il était arrivé. Ben coudonc.
En Inde, en mangeant, on jouait au Poil. Même principe que la galette des Rois sauf qu’au lieu de trouver une fève, le Roi trouve… Enfin bon, vous avez compris.

Notre tapis rouge le plus prestigieux s’est sans contredit tenu à la gare de Kolkata. Un homme nous a arrêtés pour nous demander s’il pouvait nous prendre en photo. Malgré le fait qu’on ne se sentait pas vraiment au sommet de notre photogénitude après une nuit passée dans le train, on a dit oui… C’est alors près d’une dizaine d’hommes qui ont sorti leurs mobiles dans le temps de le dire pendant qu’une douzaine de badauds supplémentaires s’arrêtaient pour observer la scène. Chacun leur tour, ils venaient se mettre à nos côtés pour se faire prendre en photo avec nous. La dernière fois que notre passage avait créé une telle commotion c’était… C’était quand déjà ? Ah oui. Jamais. C’est rare que ça arrive quand on prend l’autobus à Rosemont mettons.