La drogue, c'est l'avenir
Il y a deux semaines, je disais de notre génération qu’elle était métaphoriquement droguée : accro à la vitesse et aux nouvelles technologies. Aujourd’hui, j’ai plutôt envie de parler de drogues dans le sens premier du terme. Pot, peanut, coke, pis toute, pis toute. Parce que si je comprends bien, ces substances représentent l’avenir. À preuve, elles auraient peut-être pu sauver Jack Layton.
Parlant de légalisation de la marijuana, une autre nouvelle a attiré mon attention: Marc-Boris St-Maurice (j’adore son nom – les rimes en « isse », quel délice), fondateur du Bloc Pot et directeur du Centre Compassion Montréal, a été convié à une rencontre par les représentants de Santé Canada, qui désiraient connaître ses propositions pour améliorer le programme d’accès au cannabis médical. On se rappelle qu’en 2010, Marc-Boris St-Maurice (je fais exprès pour répéter son nom complet, il est trop chouette) a été accusé de possession et de trafic de stupéfiants à la suite d'une rafle dans les Clubs Compassion de Montréal. N’est-ce pas ironique de demander à un homme de nous donner des conseils au sujet d’une chose pour laquelle on le poursuit par ailleurs en justice ? Les fonctionnaires fédéraux n’en sont pas à une absurdité près, alors soit.
Toujours concernant la famille des Cannabaceae, on nous présentait en fin de semaine un reportage sur l’industrie du cannabis en Colombie-Britannique, où la plante a en fait été rebaptisée « l’or vert ». On estime que dans cette province, au moins une maison sur cent abriterait une plantation illégale de cannabis. Là-bas, marie-jeanne ne rime pas nécessairement avec crime organisé : les gens en font tout simplement pousser dans leur sous-sol pour s’assurer un revenu d’appoint. Une manière comme une autre de rembourser son hypothèque. Quatre ou cinq lampes, un filtre au charbon pour masquer les odeurs, une petite pièce fermée dans le sous-sol et hop ! on vient d’augmenter son revenu annuel d’environ 45 000 $.
Après ces articles sur la drogue, on retourne à la lecture des « vraies affaires ». Puis on se dit que les stupéfiants pourraient être la solution à plusieurs des problèmes qui défraient la manchette. Qu’un petit joint ici et là ne ferait pas de tort à Liam Gallagher. Ça lui calmerait les nerfs, lui qui poursuit son frère Noel en justice simplement parce qu’il a affirmé que Oasis avait dû annuler un concert en raison de la gueule de bois de Liam. On constate ensuite que certaines personnes en fument déjà du bon, dont les responsables du refuge Aiderbichl en Autriche, qui ont engagé une spécialiste de la communication animale pour que celle-ci communique quotidiennement par télépathie avec Yvonne, une vache en fugue depuis le 24 mai dernier.
Finalement, on pense à notre cher ministre canadien des finances qui a de la broue dans le toupet et des perles de sueur sur les tempes ces jours-ci, puisqu’il voit difficilement comment il pourra tenir ses promesses d’équilibre budgétaire alors que l’économie mondiale, et particulièrement celle de ses meilleurs amis du Sud, dégringolent. Monsieur Flaherty, avez-vous pensé à « l’option chanvre » ? Plutôt que de voter en faveur d’un nouveau projet de loi qui enverrait automatiquement en prison les personnes coupables d’avoir cultivé plus de six plants de marijuana, vous devriez encourager la culture du pot. Si vous donniez à tous les citoyens une petite lampe et un plant de cannabis, chacun pourrait arrondir ses fins de mois en vendant son bon stock et vous n’auriez plus besoin de financer ces programmes d’aide aux familles qui sont beaucoup trop gauchistes à votre goût.





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