Pour ceux qui savent pas c’est quoi l’hypocondrie c’est assez simple. Admettons que tu manges pas assez, pis tu bois full d’amaretto sour un soir, pis le lendemain tu vomis, t’as mal au cœur pis t’as l’impression que tu vas te chier le foie? Un humain normal sait que c’est juste un lendemain de veille plus trash que les autres. Un hypocondriaque se dit qu’il a une tumeur maligne au lobe préfrontal. « C’est la partie qui gère la mémoire, pis je me souviens pu de ma soirée d’hier. 1+1=2 »  Mais ce qui est fou avec ce genre de « cancer », c’est qu’il se guérit avec 2 advils pis un gatorade jaune. (Bien évidemment celui qui tache le moins les dents. Le rouge : HORRIBLE!)

Bienvenue dans ma tête!

Quand t’es hypocondriaque, t’es automatiquement médecin sans formation. Ça vient avec. Tu te fais tes propres diagnostics en te disant que ça prend pas (crissement pas) 13 ans d’université pour arriver à la même conclusion.

Un symptôme? google.com, « Douleur lombaire », clic sur le premier lien : masse aux reins, tumeurs malignes, cancer qui se guérit difficilement. ANGOISSE, téléphone. « Maman, j’ai le cancer, et il est très avancé. »

Auto-diagnostic : 5 minutes. Merci bonsoir. Tu passes alors de « J’ai un peu mal dans le dos » à « Je passerai pas l’été ».

Là vous vous dites : « Elle exagère »! NON! Moi, dans ma vie, je me suis auto-diagnostiqué minimum 7 phases terminales, une trentaine de tumeurs au cerveau, 4-5 ACV (par mois) et ô combien de crise de cœurs, je peux même pu les compter.

Pis je suis encore en vie… FOU pareil.

Les gens autour te disent : « Voyons c’est exagéré, relativise, un cancer à 28 ans c’est rare. » MAIS POSSIBLE MAN! Rien d’autre à dire.

C’est ça qui est badtrippant avec les maladies, c’est que tu PEUX en pogner une. N’importe quand. Que tu sois Marjolaine, 37 ans, jamais fumé, en santé, sportive, heureuse et mère de 3 magnifiques enfants, ou Marcel 75 ans, fumeur depuis l’expo 67, qui a jamais bougé de sa vie pis qui se nourrit au gros pepsi pas diète. La vie est injuste pour ça!

Tsé Marcel, fuck you mettons.

Reste que, maintenant je suis vraiment moins pire, j’arrive à me parler, me résonner. Mais avant, j’étais une tragédie.

Exemple de moi qui vas chez mon médecin de famille, y’a peut-être 7-8 ans :

Moi : Pierre, je pense que j’ai 4 cancers. En fait, je suis pas mal certaine.

Pierre : (En prenant son pad de notes, sérieusement.) Ok, on va commencer avec le premier. C’est un cancer de quoi?

Moi : De l’estomac. J’ai de la misère à manger, j’ai des gros brulements, pis du reflux… ça me donne mal au cœur.

Pierre : Ça serait pas juste, de l’angoisse peut-être?

Moi : J’angoisse zéro. Je suis malade. Je vais vraiment pas bien…. (un temps) R’garde, cette fois-là, c’est vrai Pierre!

Pierre : (Calme et doux) Ok! J’vais te faire acheter quelque chose pour ton cancer de l’estomac, ça s’appelle des Zantac. Maintenant, c’est quoi ton deuxième cancer…?

Aucune crédibilité.

Faut comprendre que quand on est hypocondriaque, on RESSENT les symptômes. Pour vrai. La tête devient assez puissante pour dicter au corps de souffrir. À ce moment-là, t’es en pleine crise d’hypocondrie, et c’est là que tu deviens cinglé pis tu commences à préparer tes funérailles.

Faut pas nous juger, on est des petites bêtes qui souffrent.

Si tu es comme moi, et que toi aussi tu capotes parce que tu ne veux pas mourir, que tu cumules les auto-diagnostics de phases terminales, j’ai une chose à te dire, et prends-le bien en note : Le jour où tu vas trouver comment on se guérit de l’hypocondrie, ÉCRIS-MOI ok?

P.S. Pis si jamais t’as accès à un scanner à l’année, je veux être ta meilleure amie. Merci!

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Pour lire un autre texte de Marie-Lyne Joncas : « Tinder… tu ne seras jamais mon chum »

  • Geneviève Beaumont

    Ça me fait du bien de lire ça! Je me sens tellement moins toute seule!!! Je m’auto-diagnostique aussi plusieurs cancers par année…et effectivement, le lendemain d’une soirée un peu arrosée, c’est encore pire. Ce matin j’ai foncé dans une fenêtre…oui oui, comme un oiseau…pis j’ai compris pourquoi des fois les oiseaux se tuent en fonçant dans une fenêtre…en tout cas je te jure que depuis ce matin je m’organise pour ne pas m’endormir et que je vérifie la dilatation de mes pupilles au 20 minutes…c’est clair que j’ai fait une commotion cérébrale!! :D

  • Sarah Tremblay-Goyette

    Oh mon dieu! Je me suis telllllllllement reconnue dans cet arricle. C’est moi. Tout simplement. J’en ris, mais c’est vraiment pas cool être conme ca!! Quand je me met à bad triper solide, je suis prise dans mes pensées récurrentes et je deviens obsédée par mes « problèmes » de sante. Et on dirait que j’ai encore plus mal dans ce temps là! Pour moi, aller à l’hôpital c’est comme aller à l’abattoir! Le soir, si j’ai le malheur de penser à la mort ou à toutes les maladies que je pourrais attraper, je viens tellement mal en dedans que je réussis plus à fermer l’œil. Ma mère est pu capable de mes appels de crise de panique! À l’aide! Je commence dès séances d’autohypnose. Aussi, techniques de respirations profondes, coloriages relaxants, vitamines B, exercice physique, name it !J’espère que ça m’aidera…