Je sais pas ce que cette application fait au moral, mais c’est rien de beau. Tu passes de « Je suis prête à rencontrer » à « Je vais mourir tu seule, dans un logement de St-Amable à fumer des tops, entourée de mes 6 chats : Grisou, Pistache, Flocon, Bidule, Caramel et Philippe Fehmiu ».

J’haïs Tinder.

Toutes mes amies me disaient : « C’est pas juste des caves là-dessus, y’a pleins de gars super cool, qui cherchent de quoi de sérieux. »

Tu vois, mes 9 heures passées sur Tinder ne m’ont pas offert grand-chose d’autre que 3-4 dudes de Laval photographiés devant une Mustang en pantalons blancs avec des souliers en cuir pointus.

J’adore les pantalons blancs, mais juste en lin sur le bord de l’eau au Costa Rica, genre.

J’haïs Tinder.

J’ai parlé à UN gars, dans mes 9 heures de tentative. Il m’a eu facilement : Une photo de lui avec un chiot. Ma race préférée en plus (Bulldog anglais, si jamais tu voulais le savoir, brun et blanc de préférence pis je l’appellerais Bruno).

Quatre échanges top top top pis y me dit : « Ça te tente-tu d’aller prendre un verre? » Pas de : « Quels sont tes hobbies? » ou « As-tu écouté Making a murderer? » Tu le sais donc clairement que le gars, au bar, va arriver lavé avec des capotes dans son porte-feuille.

Je lui dis : « Cette semaine je suis occupée, mais début de semaine prochaine je pourrais. » (J’ai dit ça, j’y ai menti, je trouvais ça rapide, pis je voulais savoir avant s’il avait écouté Making a murderer, j’t’une fan! D’ailleurs,  j’pense pas que Avery l’a tué moi.)

Lui me répond : « Je pars pour 6 mois à Calgary à partir de vendredi fait que si tu veux fourrer, déniaise. »

Je n’ai rien répondu pis j’ai fermé mon compte.

J’haïs Tinder.

Moi, je suis une fille de feeling, d’énergie, de face-à-face. T’as ben beau être Justin Timberlake, si t’as pas d’humour pis que tu me juges si je t’invite à aller au bingo dans Pointes-aux-Trembles, un peu déguisé, juste pour rire, ben ça marchera JAMAIS.

Pis en plus, il y a des choses qu’on ne voit pas en photo, et qui peuvent être très malaisantes une fois en vrai. Le genre de vices cachés qui refroidit. Mettons, le gars a une voix d’hélium ou un petit petit tronc pis une trop grosse tête. Ça fait pas! Ou « Ah! Il était vraiment gentil, mais y’avait, sur l’avant-bras, un tatoo d’un calinours qui tient un cœur marqué en dessous Always Stay Young en genre de comic sans ms. » C’est quasiment pire que la voix d’hélium.

Pis il n’y a pas juste les vices cachés « physiques »… t’as aussi ceux que tu découvres su’l tard. J’ai une amie qui a rencontré un gars super cool sur Tinder. Elle est allée dormir chez lui et il était obsédé par ses pieds. Gros fétichisme, mais quelque chose d’intense. EN PLUS, il trouvait que ses pieds sentaient pas assez. #malaise Tu prends le soin de te laver pour être propre pis l’autre veut que tu sentes le camembert double-crème entre les orteils.

NEXT!

Fait que moi, j’ai décidé d’y aller OLD STYLE, au gré du vent, pis de croire au destin. Croiser quelqu’un, par hasard, le trouver beau pis cool… pis y dire « Je te trouve beau pis cool ». Ça me fait pas peur. (Pas vrai, c’est terrifiant.)

J’ai le goût de croire au coup de foudre, je le sais que ça existe encore.

Je trouve que le mot « HASARD » goûte super bon! I’m all in baby!

***

Pour lire un autre texte de Marie-Lyne Joncas : « Justin Bieber, j’t’aimais. Full. »

  • seb

    Tsé quand McLuhan disait que le médium c’est le message ; ben ça s’applique aussi à Tinder. L’app favorise l’instantanéité alors c’est ça que tu reçois si tu glandes la dessus. Espérer autre choses c’est comme syntoniser TVA à 16h un mardi et s’attendre à ce que ce soit Les coulisses du pouvoir ou Découverte.

  • Isabelle Perrier

    J’ai un ami qui m’a fait une remarque vraiment intelligente sur les sites/app de rencontre (c’est un bon gars, héhé!). Il a dit que lorsqu’on rencontre en ligne, on se retrouve parfois trois rapidement dans l’intimité avec quelqu’un que finalement, quand a appris à le/la connaître, ça clique pas plus que ça et on ne pourra pas développer de relation. Et là y’a le malaise d’annoncer à l’autre, stait un 3-4 mois ben le fun mais… non! J’ai flushé les applications de rencontre parce que j’étais tannée du fastfood et que je voulais des vraies émotions… En fait, je voulais surtout prendre mon temps et ces sites ne sont pas faits pour ça.

  • Jass

    Super article. Comme toi je suis une personne de « feeling » mais j’ai tout de même tenté Tinder (qui sais). Au début, ce n’était pas si pire. J’ai réussi à rencontrer de bonnes personnes mais rien qui, comme on dit, cliquait. Ensuite, ce fût l’horreur, du colons à super colons. Manque de respect et surtout du manque d’esprit. Je me suis tanné et j’ai laissé tomber et comme toi, je me suis laissé au hasard. Et le hasard m’a plutôt bien servis ! Je suis tombé sous le charme d’un ami d’un ami au party de fête de ce dernier. Sur le coup, je n’ai pas pu lui parler; c’était une grosse soirée style « show » et il jouait du drum. Mais, ils ont présenté les musiciens et j’ai pu savoir son nom. J’ai hésité pendant 2-3 jours à le contacté via Facebook (quand tu as le nom c’est tellement facile à trouvé) mais j’avais peur d’avoir l’aire d’une « stalker ». Mais je me suis finalement dite « why not » je sais pas pourquoi mais je le « feelais ». Et comme de fait, ça fait un peu plus d’un an aujourd’hui que nous sommes ensemble ! J’ai l’aire d’étaler ma vie ici mais c’est juste pour démontré que le hasard arrive et que même si je crois tout de même possible de rencontrer des gens bien via les sites de rencontres, il ne faut pas avoir peur de foncer -comme faisait les gens dans le bon vieux temps avant les internets- quand on voit quelqu’un qui nous intéresse « en vrai ». Je souhaite que le hasard fonctionne pour toi aussi ! :)

  • emilie

    On m’a déja abordé sur Tinder en disant  » t’as une belle face a venir dedans »… je suis en train de perdre foi en l’humanité…

  • La patiente

    Moi, j’espère qu’un mec près de moi qui me connait bien et qu’on réalise notre amour insoupçonné. J’haii les inconnus, les games de seductions, le manque de communication, …

  • Joakim

    Fait que moi, ça fait deux ans que je suis folle amoureuse d’un garçon, rencontré sur Tinder. On vit ensemble, on rit/discute/se touche beaucoup. Y’a pas que le yâbe et des gars qui trippent sur les pieds sur cette application. Y’avait moi et y’avait lui, aussi. J’ai peut-être été chanceuse, c’est vrai. Ça aurait peut-être pu arriver autrement, le grand love, les papillons dans le bedon, la tête qui explose de trop de fun. Je tenais pas à ce que ça arrive de cette façon-là, c’est pas ce que je souhaitais et je n’y ai pas mis tant d’efforts et de temps. Je n’ai pas daté en malade pendant des mois… Mais, force est de constater que sans Tinder, je n’aurais jamais rencontré ce garçon, mais vraiment jamais, parce que nos cercles d’amis sont complètement distincts.

    Mais, tu peux haïr Tinder pareil, han. T’as ben le droit. T’es peut-être juste pas obligée de cracher aussi fort et gras dessus. Je pense que la clé, c’est juste de pas y croire tant que ça.

  • Pop

    Bha tes une femme, t’inquiète pas, ces un détail ce pogner un mec…en fait, ces de pas en avoir qui est difficile.

  • Maxim Cormier

    La version hétérosexuel masculine de cette article ressemble a:
    Des photos de chats sans visage,
    Des faut compte pour des sites louche, aka sexbot,
    Des photos en amies, trop souvent 2 fille, alors faut que t’essai de deviner la quelle des 2 c’est,
    Puis des couples ouverts, apparemment c’est bien bien bien a mode en 2016, et si tu oublie d’écrire le premier message, les chances que la conversation commence, sont absurdement basse. Je ne me lancerais pas dans d’autre style de propos qui parlent de physique, parce que je ne suis pas pro « body-shaming ».

    Tinder c’est comme magasiner enligne pour une paire de soulier, si tu ne rentre pas en magasin pour voir et essayer les souliers, les chances que tu sois déçus a propos d’un aspect du « produit », en le commandant enligne, a ça réceptions, augmente considérablement. « IRL » c’est toujours mieux.