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Huîtres, chocolat, fraises, caviar.
Safran, ginseng, gingembre, clou de girofle.
Asperge, patate, céleri.
Tous ces aliments ont déjà été identifiés comme étant aphrodisiaques.
La patate?
Oui! Même la très sexy patate.
Abordons d’entrée de jeu la question qui tue : est-ce que ça existe vraiment, des aliments qui ont le pouvoir de nous titiller l’émoustillement au point de susciter en nous une explosion de désir libidinal ou du moins, une remontée notable d’une envie de se toucher?
Eh bien, mes chers, telle l’annonceuse de mauvaise nouvelle, je vous déclare officiellement que non! Aucun aliment n’a officiellement fait ses preuves pour être scientifiquement approuvé comme étant “aphrodisiaque”.
Faisons notre deuil, ce n’est pas demain la veille que nos troubles du désir se régleront à grands coups de beurrées de Nutella et de biscuits au pain d’épice…
Historiquement, presque tous les aliments ressemblant de près ou de loin aux organes génitaux ont été soupçonnés d’avoir des pouvoirs sexuellement excitants et stimulants. Ajoutons auxdits aliments des propriétés vasodilatatrices, énergisantes ou relaxantes et BINGO!
Vous obtenez le meilleur pitch de vente pour expliquer qu’une épice/herbe/patate peut turn-on n’importe quel être du monde!
Démonstration :
Le pogo, nec plus ultra de l’érotisme à petit prix
Remarquez d’abord cette aguichante forme phallique puis léchez cette panure de semoule de maïs qui contient de la thiamine, qui aide votre organisme à produire de l’énergie. Moulage érotique et recharge énergétique… tout est en place pour que vous vous abandonniez dans l’acte sexuel avec fougue et vigueur.
La quiche, cette grande sous-estimée
Ne remettons point ce fait en question : par sa consistance tendre et moelleuse, la quiche invite clairement à la volupté. Remplie de multiples ovules de volaille, vous vous sentirez envahi par l’énergie sexuelle de la poule qui pensez-y-bien, aurait peut-être voulu être fécondée…
À ce moment-ci, vous êtes probablement gagnés par mon solide argumentaire, mais ne vous laissez pas entourlouper par ma ruse. JE MENS.
Oui, ce qu’on mange a inévitablement un impact sur le fonctionnement de notre corps et sur notre état de santé. Mais les concentrations de certains agents excitants, énergisants ou relaxants sont trop petites pour avoir un impact notable sur la libido.
La vérité c’est que niveau bouffe et libido, ça se joue beaucoup entre les deux oreilles. Si tu penses que le clou de girofle peut augmenter l’afflux sanguin de façon significative et que ça t’aide à te stimuler la région génitale, que tu bois ton infusion en te disant que tu auras une relation sexuelle et que tu regardes ton/ta partenaire avec the look of love pendant que tu avales tes dernières gorgées, il y a des chances que l’enthousiasme érotique te gagne.
L’espoir qu’une solution magique vienne nous activer la fibre sensuelle se fait persistant, mais rappelons-nous que le désir se présente telle une chanson des G Squad : il y a des hauts et des bas. Plein d’éléments peuvent venir contaminer notre envie de nous lâcher lousse dans l’érotisme. Stress, état de santé, cycle hormonal, relation insatisfaisante avec le/la partenaire et j’en passe.
On comprendra ici que ce genre de réalité ne se règle pas en bouffant 3 casseaux de fraises, et ce, même si on consomme le fruit avec du Marvin Gaye en toile de fond.
Alors voilà, la preuve est faite : On ne vit point dans le monde de Sabrina l’apprentie sorcière et les philtres d’amour et/ou d’émoustillement sexuel, eh bien c’est de la bullshit.
Mais je ne nous mets pas en situation d’échec pour autant!
Un souper de qualité avec des discussions de qualité en compagnie d’une personne de qualité, ça peut t’enthousiasmer le désir. Et après tout, dans la mythique scène de sexe-bouffe du film 9 semaines ½, ce ne sont clairement pas les vertus aphrodisiaques du sirop Vicks et du Jell-O qui ont excité Kim Basinger et Mickey Rourke…
Même si on scrap scientifiquement l’hypothèse de l’aphrodisiaque, il faut se dire que la nourriture peut quand même avoir un potentiel sensuel fort. Chaud, froid, coulant, croquant, textures, saveurs, odeurs… Il y a clairement quelque chose à faire là pour donner une dimension plus érotique aux plaisirs gastronomiques.
Awaye l’ingéniosité et la créativité!
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Pour lire une autre chronique de Julie Lemay : “Touche-toi (ou pas)”
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