6-12 ans
Une ferme familiale de 1 800 chèvres
À la Ferme Caprijol, les chèvres font partie de la famille.
À première vue, une ferme de 1 800 chèvres peut sembler impressionnante. Pourtant, chez Marie-Pier Nadeau et Jean-Philippe Jolin, copropriétaires de la Ferme Caprijol à Saint-Gervais, en Chaudière-Appalaches, l’ambiance est loin d’être industrielle. Ici, les animaux ont des noms, les enfants participent à la vie de la ferme et les journées se terminent par une tournée familiale pour souhaiter bonne nuit au troupeau.
« C’est facile de tomber en amour avec les chèvres. On sent qu’il y a une intelligence qui se partage, puis une affection. Elles aiment se faire flatter », résume Marie-Pier Nadeau.
Une entreprise familiale de deuxième génération
La Ferme Caprijol est une ferme caprine laitière de deuxième génération qui compte aujourd’hui environ 1 800 chèvres.
« On est une petite équipe, donc moi et mon conjoint, on est les copropriétaires et on a nos enfants qui nous aident, puis on a deux employés guatémaltèques », explique la copropriétaire.
Le fait que la maison soit située tout près des bâtiments agricoles facilite aussi la conciliation entre la vie familiale et le travail.
« Ici, la maison est à côté de la ferme. Pour moi, c’est un gros plus. Souvent, quand elles arrivent de l’école, elles changent de souliers, elles viennent nous rejoindre à la ferme. »
Ses filles n’ont pas d’obligation de travailler, mais elles choisissent naturellement de participer aux tâches quotidiennes.
« Par elles-mêmes, elles ont pas d’obligation nécessairement, mais elles ont leurs animaux, elles font de la traite avec nous autres. Puis, le soir, on fait la petite tournée en famille, dire bonne nuit aux chèvres. Ça fait bizarre, mais en tout cas, coucher tout le monde. »
Des animaux… et des préférées
Même dans un troupeau aussi imposant, certains animaux occupent une place bien particulière.
Marie-Pier rappelle toutefois la réalité économique de la production laitière.
« Quand les chèvres donnent plus assez de lait pour être rentables, souvent, on va les vendre, mais on a nos chèvres préférées. Là, Sarah, elle a Caramel, puis Smarties. Mais moi aussi, j’ai mes chèvres qui ont des petits passe-droits. »
Au fil des années, toute la famille développe un lien étroit avec les animaux.
« Elles ont un amour, puis un respect pour les animaux que moi, je trouve hyper impressionnant parce qu’elles ont toujours cohabité avec les animaux. Moi, je pense qu’elles s’en rendent même pas compte, mais elles vont passer à côté d’une chèvre, elles vont leur donner un bec, elles les flattent. »
Apprendre les responsabilités à son rythme
Grandir sur une ferme permet aussi aux enfants de développer progressivement leur autonomie.
« Tu vois qu’un enfant à qui tu donnes des responsabilités, dans le fond, c’est positif aussi, mais on va pas au-delà de leurs capacités. On y va avec le bon sens aussi. »
Les responsabilités dépassent d’ailleurs les chèvres. Les deux filles ont chacune investi dans leur propre projet : l’élevage de cochons.
« C’est leur achat, donc elles payent le cochon, elles payent la moulée, elles ont travaillé sur l’enclos. C’est vraiment leur projet à eux autres. Au lieu de s’acheter des cochonneries, elles se sont acheté des petits cochons. »
Une vie de ferme qui laisse place aux loisirs
Contrairement à l’image souvent associée au milieu agricole, Marie-Pier insiste sur l’importance de préserver un équilibre entre le travail et la vie personnelle.
« Venir travailler à la ferme, c’est vraiment pas une charge de travail pour moi. On aime ça, on aime travailler avec les animaux, mais, en même temps, on a d’autres passions. On part en voyage, on fait du ski, on fait du vélo. Les enfants, ils font des activités. »
Selon elle, une bonne organisation permet de décrocher une fois la journée terminée.
« On s’arrange pour avoir une vie sensiblement normale, comme tout le monde. C’est sûr qu’il y a une gestion, mais je pense comme plusieurs emplois aussi. Mais oui, je pense qu’on a quand même un pas pire équilibre de vie. Nous autres, on rentre à 5 h 30 dans la maison, c’est fini. Un peu comme quelqu’un qui travaille à l’extérieur. »
Une famille réunie autour de la ferme
Au-delà de la production laitière, c’est surtout le mode de vie que Marie-Pier apprécie.
La ferme rassemble le couple, leurs enfants, leurs employés et la famille élargie qui vient régulièrement leur rendre visite.
« Moi, ce que j’aime, c’est de travailler avec mon chum, avec mes enfants, d’avoir la famille qui débarque la fin de semaine. C’est un peu spécial, on parle de travail, puis de famille, mais en agriculture, souvent, tout ça, c’est mélangé. Pour dire, c’est vraiment parfait. »
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