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Entrevue

Une ex-policière déconstruit les mythes sur son métier

« Avec ce que j’ai vu, j’ai perdu toute mon admiration pour les policiers. »

*Karine a travaillé comme policière au Service de police de Longueuil pendant un an.

C’est dur de rentrer dans la police

Vrai. Si on se fie à mon cheminement, ça m’a pris sept ans avant d’être admise en techniques policières. Parce que c’est un programme qui est très contingenté, il faut avoir de bonnes notes. Puis, si on sort pas directement du secondaire, on tombe dans une catégorie adulte, puis ils prennent un moins grand pourcentage de catégories adultes.

Vous vous faites poivrer en formation

Vrai. C’est, dans le fond, de savoir un peu qu’est-ce que ça fait, au cas où, à un moment donné, sur une intervention, t’en reçois dans les yeux.

C’est un milieu d’hommes

La force est utilisée juste quand c’est vraiment nécessaire

Malheureusement, faux. Je voulais aller dans la police parce que je voulais amener des interventions dans le respect des citoyens. Je voulais vraiment aller dans la police pour aider les gens, puis changer un peu la vision de certaines personnes qui avaient une opinion négative de la police. Mais, finalement, c’est ça. J’ai été confrontée à des situations qui étaient pas dans le respect des droits des citoyens, qui étaient abusives.

Je veux pas que ça généralise. Je sais que c’est pas tous les policiers qui sont comme ça. J’ai travaillé avec de très bons policiers, des policiers humains, mais ça a éteint ma flamme.

C’est un milieu ou y’a du racisme

Vrai, comme dans pas mal tous les milieux, il y a du racisme. J’ai été confrontée à certains comportements qui étaient questionnables. C’est sûr que j’ai vu des groupes ethniques qui étaient plus ciblés que d’autres. Certains policiers, ils focussaient plus sur l’ethnie de la personne que sur des faits.

Y’a des cliques dans les postes de police

Si tu veux faire partie de la gang, si tu veux être accepté, si tu veux passer ta probation, il faut que tu sois un gros tough, puis que tu cries après le monde.

Les policiers ont peur de se faire filmer

Vrai. Ça devient une preuve, finalement. Si, justement, il y a eu de l’abus, puis que la personne l’a filmé, la personne va pouvoir venir démontrer que le policier a abusé de ses pouvoirs. J’ai vu des policiers soudainement changer de manière d’intervenir, soudainement devenir super respectueux, puis super calmes, mais s’il y avait pas de caméra, ça aurait été différent.

On peut se fier aux vidéos qu’on voit en ligne

Faux, parce qu’on n’a pas l’ensemble de l’intervention. Bien souvent, sur Internet, il va y avoir une petite partie du vidéo où est-ce que là, on voit quelque chose qui est choquant. On voit que, je sais pas, le policier, il emploie la force, mais on voit pas, on connaît pas les circonstances, on connaît pas tout l’ensemble de l’appel.

Les policiers se sentent au-dessus des règles

Des policiers qui cherchaient à créer des événements comme ça, puis à être confrontants. J’ose espérer que ce que j’ai vu dans la police, c’est pas ce qui se passe à la grandeur du Québec. Je sais qu’il y a de très bons policiers qui font très bien leur travail, qui sont respectueux. Je pense que j’ai été malchanceuse.

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