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Plaidoyer pour la réunification familiale des personnes réfugiées

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Plaidoyer pour la réunification familiale des personnes réfugiées

18 août 2026

Flore Morel du Collectif Bienvenue veut réduire les délais d’attente pour la réunification familiale des personnes réfugiées au Québec.

Au Québec, des personnes réfugiées peuvent attendre plusieurs années avant de retrouver leurs enfants ou leur conjoint. Pour Flore Morel, coordinatrice au plaidoyer chez Collectif Bienvenue, ces délais nuisent autant aux familles qu’à l’intégration des nouveaux arrivants.

« Comment est-ce qu’on peut demander à une personne réfugiée de s’intégrer pleinement dans notre société québécoise si son cœur et son esprit sont de l’autre côté de l’océan, à s’inquiéter quotidiennement pour la sécurité de sa famille? », demande-t-elle.

Un écart considérable avec le reste du Canada

Selon Flore Morel, une personne protégée attend environ une quinzaine de mois avant d’être réunie avec sa famille ailleurs au Canada. Au Québec, le délai atteindrait plutôt 119 mois, soit presque 10 ans.

Une attente particulièrement difficile pour les personnes qui ont dû quitter leur pays dans l’urgence, parfois sans pouvoir emmener leurs proches. « Une personne réfugiée qui doit fuir dans l’urgence une zone de guerre, de la violence, de la persécution, souvent, n’a pas le choix que de laisser derrière une partie de sa famille, ses enfants, pour partir et chercher la protection dans un autre pays. »

Ce choix déchirant vise souvent à éviter d’exposer les enfants aux dangers du trajet. « Personne n’a envie d’embarquer son enfant sur un bateau pneumatique, à traverser une jungle ou de l’exposer à de l’exploitation ou du trafic humain. »

Plus de 60 000 personnes seraient actuellement en attente d’une réunification familiale. Pour la coordinatrice, cette situation découle de décisions politiques visant à limiter l’immigration au Québec. Elle estime toutefois que la séparation prolongée des familles pose elle-même un obstacle majeur à l’intégration.

« La vraie menace pour l’intégration, c’est de garder séparé un parent de son enfant pendant une décennie. »

Des solutions pour réunir les familles

Collectif Bienvenue propose notamment d’accorder des permis de séjour temporaires aux proches des personnes protégées. Cette mesure permettrait aux familles de se retrouver rapidement, pendant que leur dossier de résidence permanente suit son cours.

L’organisme demande également que la réunification familiale des personnes réfugiées soit exclue des seuils globaux d’immigration. Le Québec pourrait aussi participer à l’initiative déjà adoptée dans le reste du Canada afin d’accélérer l’accès à la résidence permanente.

Ces changements éviteraient par ailleurs que des personnes établies au Québec depuis plusieurs années décident de déménager dans une autre province pour retrouver leur famille plus rapidement. Certaines parlent français, travaillent et contribuent déjà pleinement à la société québécoise, souligne Flore Morel.

À ses yeux, l’enjeu dépasse largement les questions administratives et migratoires. « Le traitement qu’on réserve aux personnes réfugiées doit refléter nos valeurs québécoises, qui sont la dignité humaine, la protection des enfants et l’unité familiale. »

Car derrière les délais et les seuils se trouve une aspiration universelle : « Au final, ce qui nous relie toutes et tous, c’est vraiment ce désir fondamental et non négociable de savoir que nos proches sont en sécurité. »

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