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Orage : la marque pionnière de l’équipement de ski au Québec

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Orage : la marque pionnière de l’équipement de ski au Québec

L’art de braver la montagne (et les conventions)

Dernièrement, on est allés rencontrer l’équipe derrière la marque québécoise de vêtements de ski Orage.

L’ADN du freeski québécois

« Le freeski, en fait, c’est plus… comment je pourrais dire ça ? » Alex D’Anjou cherche ses mots, mais son regard, lui, ne trompe pas. Pour celle qui travaille au marketing chez Orage depuis six ans, cette discipline n’est pas qu’un sport : c’est une culture, une identité, et surtout, l’âme d’une entreprise québécoise qui refuse de vieillir.

Dans les bureaux de la marque, l’ambiance n’a rien de la multinationale aseptisée. Entre les portants chargés de vestes techniques et un chien qui se balade librement entre les jambes des designers, on comprend vite que l’esprit « de famille » n’est pas ici un simple slogan publicitaire. Pourtant, pour Alex, ce destin n’était pas tracé d’avance. « Mes parents ont jamais vu cette entreprise-là comme une entreprise familiale, donc c’était vraiment pas tracé pour moi. Ce qui m’a ramenée ici, c’est ma passion. »

De l’UQAM aux sommets du monde

L’histoire d’Orage commence loin des défilés de mode, sur les bancs d’école. Fondée par Évelyne Trempe, la marque est née d’un besoin concret : habiller l’équipe de ski de l’UQAM. À l’époque, l’offre sur le marché manquait cruellement de panache. « C’était des vêtements qui étaient pas très techniques, puis pas très esthétiques », se souvient Alex.

À la fin des années 90, Orage devient l’un des pionniers du mouvement freeski. À ce moment-là, on ne parlait même pas encore d’un « mouvement », mais d’une bande de skieurs acrobatiques qui préféraient les modules et les figures aux pistes damées. En fusionnant le style de la rue avec les exigences de la montagne, Orage a propulsé ce sport vers de nouveaux sommets, s’imposant comme la référence vestimentaire de ceux qui osent sauter dans le vide.

Le « Orange Orage » et l’inspiration boréale

Frédéric Dorais, directeur de création, manipule des échantillons de tissus avec la précision d’un artisan. Pour lui, chaque détail compte, à commencer par la couleur signature de la maison. « Partout où tu peux manipuler, que ce soit un bouton, un fermoir, une poche… c’est indiqué avec le orange. C’est sécuritaire, mais aussi distinctif. »

L’esthétique de la marque puise sa force dans le territoire canadien. Les teintes de vert kaki, les rouges vibrants et les tons de gris ne sont pas choisis au hasard : ils rappellent la forêt, les oiseaux, la roche et les montagnes qui nous entourent. Cette connexion avec la nature se traduit aussi par une innovation durable, comme le système « loop ». « Dans nos manteaux, on a un petit élastique où le manteau est roulé sur lui-même. Ça nous permet de livrer tous nos produits sans sac de plastique », explique Frédéric.

Le backcountry au féminin

Aujourd’hui, Orage ne se contente pas de fabriquer des vêtements ; la marque s’implique directement sur le terrain pour assurer la relève, notamment avec l’événement White Lips. Pour la deuxième année consécutive, Orage est le commanditaire officiel de ce rassemblement dédié exclusivement aux femmes désirant s’initier ou se perfectionner en ski de randonnée (backcountry).

Pour Alex D’Anjou, l’objectif est clair : « Ce qu’on va rechercher surtout quand on va dans le backcountry, c’est la neige fraîche, la vraie nature. C’est vraiment ressourçant. Pour nous, c’est vraiment important que les femmes se sentent en sécurité, puis autonomes dans ce qu’elles font. »

Travailler ensemble pour aller plus loin

Au-delà des tissus imperméables et des fermetures éclair orange, ce qui frappe chez Orage, c’est la synergie de l’équipe. « C’est tellement important de travailler avec une équipe avec qui tu t’entends bien », confie Alex. Cette complicité semble être le carburant de leur créativité. Dans un marché dominé par des géants internationaux, la petite équipe québécoise continue de se pousser pour faire avancer ses projets, portée par une flamme qui ne s’éteint pas.

En quittant le studio, Alex conclut avec un sourire qui résume tout son parcours : « Je suis passionnée. » Et chez Orage, la passion, c’est ce qui permet de transformer chaque tempête en opportunité.

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