Mollo | Mythe ou réalité
On déconstruit les plus gros mythes sur la surdité chez les enfants
« Si un enfant entend, il n’est pas sourd.»
On le sait : comme parent, on se fait donner un peu trop conseils. Et parmi ceux-ci, plusieurs sont malheureusement erronés. Dans la série Mythe ou réalité, on invite des expert.e.s reconnu.e.s à donner l’heure juste sur leur spécialité, histoire de distinguer le vrai du faux.
Claire Moussel, directrice générale de l’AQEPA, l’Association du Québec pour enfants avec problèmes auditifs, a répondu à toutes nos questions sur la surdité chez les enfants.
Utiliser la langue des signes avec son bébé retarde le développement de son langage.
Si un enfant entend, il n’est pas sourd.
Alors, c’est faux. Il n’y a pas une surdité, il y a différents types de surdité, il y a différents degrés de surdité, de légère jusqu’à profonde.
On peut apprendre la LSQ et le français en même temps.
Vrai. Par exemple, pour les enfants CODA, les enfants entendants qui ont des parents sourds, leur langue maternelle, ça va être la langue des signes, la langue de leurs parents. Puis, ils vont apprendre le français en dehors de leur sphère familiale : à la garderie, au CPE ou avec les grands-parents, par exemple. Donc oui, c’est tout à fait possible.
Les enfants sourds ont des retards de développement.
Alors, c’est ni vrai ni faux. En fait, c’est pas la surdité en tant que tel qui entraîne des retards, c’est le fait de pas savoir qu’il y a une surdité.
Un appareil auditif ou un implant permettent de retrouver une audition parfaite.
C’est faux. C’est extrêmement variable.Même si les technologies sont de plus en plus performantes, elles sont pas toujours accessibles et, en plus, elles amplifient tous les sons. Les bruits ambiants, quand on est dans des environnements bruyants, au restaurant, dans les salles de classe, tout va être amplifié. Et, en plus de ça, même si on entend mieux ou qu’on entend plus, ça veut pas dire qu’on comprend tout.
.jpg.webp)