0-2 ans
Manger local au CPE
Presque 60 % des aliments servis au CPE La Petite-Patrie sont locaux.

Dans un centre de la petite enfance (CPE), faire manger des légumes aux enfants est déjà tout un art. Alors du tofu, du seitan et des légumineuses? Ça demande parfois un peu de créativité. Pourtant, dans les deux installations où travaille Johanne Cadieux, responsable alimentaire, les protéines végétales font bel et bien partie du menu.
« À la maison, l’enfant ne mange pas de tofu, mais ici, il en mange, alors le parent veut savoir ce qu’on fait de spécial pour qu’il en mange! »
Chaque jour, l’équipe du CPE La Petite-Patrie prépare les repas de 160 enfants et de 25 à 30 membres du personnel. Elle offre également un service traiteur à un autre CPE. Un véritable travail à la chaîne qui commence dès le matin.
« Moi, j’entre à 8 h et, dès que j’arrive, je commence la préparation. Je peux préparer la mayonnaise; c’est une mayonnaise végane. Je suis comme le sous-chef en charge », indique Carlos Bauer, lui aussi responsable alimentaire.
Et le rythme ne ralentit pas vraiment : « On n’arrête pas – on n’arrête jamais. »
Du local dans les petites assiettes
Depuis 2016, le CPE adhère au programme Aliments du Québec au menu. Ce programme regroupe plus de 1 000 établissements des quatre coins du Québec (CPE, écoles, hôpitaux, milieux de travail, résidences pour aînés, etc.) qui s’engagent à privilégier les aliments locaux dans leur offre alimentaire. Aujourd’hui, 57 % des produits servis aux enfants au CPE La Petite-Patrie sont locaux – une proportion qui varie toutefois au fil des saisons, puisqu’il est plus facile de s’approvisionner au Québec durant l’été et l’automne.
Trouver ces aliments demande aussi du travail en amont. « Trouver des fournisseurs, c’est sûr que ça demande beaucoup de recherches. Il faut poser des questions : d’où viennent les aliments, où sont-ils préparés? »
Pour Luciana Deschenes, directrice du service alimentaire, cette demande peut justement contribuer à transformer l’offre. « Plus on est de gens qui le demandent, plus l’offre va être grande, plus on va être capables de faire rentrer des produits locaux. »
Dans les assiettes, cette volonté se traduit notamment par une plus grande place accordée aux protéines végétales. Au menu ce jour-là : une salade de pâtes avec légumes et seitan, garnie entre autres de tomates cultivées par les enfants dans le jardin du CPE.
« On remplace une protéine animale par une protéine végétale qui est aussi bonne, et qui est locale. »
Apprendre à aimer de nouveaux aliments
Servir des aliments différents ne signifie évidemment pas que tous les enfants vont les aimer du premier coup. L’équipe mise donc sur la répétition plutôt que sur l’abandon après un premier « non ».
« Nous, on essaye plusieurs fois, pour tenir compte du fait qu’un enfant, ça met plus de temps à aimer quelque chose. On donne aux petits la chance de savoir si vraiment ils aiment ça ou pas. », explique Johanne.
Et parfois, quelques astuces permettent de rendre certains aliments plus attrayants. Parmi les recettes populaires : des brownies aux bananes préparés avec des légumineuses d’ici. « C’est vraiment une bonne manière de faire manger des légumineuses aux enfants sans qu’ils le sachent! »
Au bout du compte, le défi reste le même chaque jour : « faire plaisir aux petits », tout en leur faisant découvrir une alimentation locale, équilibrée et écoresponsable.
Du 21 au 27 septembre se tiendra l’événement Les institutions mangent local, qui invite toutes les institutions du Québec (services de garde à la petite enfance, écoles, hôpitaux, milieux de travail, résidences pour personnes aînées et bien d’autres) à se mobiliser pour célébrer les aliments locaux dans leur milieu, en posant des actions pour sensibiliser leurs usagers à l’importance de découvrir, de cuisiner et de savourer les produits d’ici. Pour savoir comment y participer, visitez le site d’Aliments du Québec!
.jpg.webp)