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Entrevue

Les études en aviation avec Fofana Lassina

On s’imagine souvent que pour devenir pilote, il faut avoir une vue de lynx, un compte en banque illimité et un cerveau calibré comme une calculatrice. Mais est-ce vraiment le cas ? Fofana Lassina, élève-pilote au collège Air Richelieu, déconstruit les préjugés qui entourent son domaine d’études.

L’aviation fascine autant qu’elle intimide. Dans l’imaginaire collectif, le cockpit est un sanctuaire réservé à une élite de « tops guns » infaillibles. Pourtant, la réalité sur le terrain est bien plus nuancée.

Les maths, la vue et le compte en banque

Le premier rempart à tomber est celui de l’excellence académique pure et dure. Faut-il être un génie des chiffres ? « Mythe », répond d’emblée Fofana. « Même moi, j’avais pas de grosses notes au secondaire. J’avais autour de 65, 70 en maths. […] Je pense que juste avec la détermination, ça peut le faire en vrai. » La passion semble donc peser plus lourd dans la balance que les moyennes générales.

Qu’en est-il de la fameuse vue parfaite ? Si vous portez des lunettes, ne rangez pas votre casque tout de suite. « Il faudrait juste que ta vision soit corrigée à 100 % avec les lunettes », précise-t-il, lui-même arborant une monture derrière ses instruments de bord.

La question financière demeure toutefois le nerf de la guerre. S’il admet que le parcours privé est « privilégié parce que ça coûte extrêmement cher », il rappelle l’existence de programmes financés par l’État qui rendent la formation plus accessible. « Je dirais que oui [il faut venir d’un milieu privilégié], mais pas forcément. »

Une rigueur de fer et une vie sociale… organisée

Cette rigueur s’étend jusqu’à l’emploi du temps. Entre les vols de fin de semaine et les examens, la vie sociale en prend-elle un coup ? « Vrai et faux », nuance-t-il. « C’est vrai qu’on a des horaires chargés. […] Mais si on a une bonne organisation, c’est tout à fait possible d’avoir une très belle vie sociale. »

Jamais trop tard pour la révélation

Enfin, Fofana tient à rassurer ceux qui n’ont pas grandi avec des posters de Boeing au-dessus de leur lit. Bien que sa propre vocation remonte à l’enfance, il côtoie des étudiants de tous les horizons. « Il y en a aussi qui réalisent plus tard, donc il y a vraiment de tous âges, de 28 ans, de 30 ans. En vrai, c’est pas une fin en soi de commencer tard, c’est juste une révélation, on va dire, de carrière. »

Et la peur ? Même les pilotes chevronnés ne sont pas des robots de fer. Le stress fait partie du voyage. « Parfois, ça m’arrive d’avoir peur avant d’aller en vol », confie-t-il avec humilité. Pour lui, la confiance vient avec l’expérience et les procédures, mais « le stress, il est toujours présent. C’est juste comment tu le gères. »

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