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Témoignage

La confiance dans le sport avec Emma Deguara

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La confiance dans le sport avec Emma Deguara

L’ascension de la résilience

« Salut, Emma de 15 ans. Je sais qu’en ce moment, tu détestes le sport parce que tu penses que c’est pas pour toi ». C’est par ces mots empreints d’une douce lucidité qu’Emma entame un dialogue nécessaire avec l’adolescente qu’elle était. Aujourd’hui, celle qui fuyait ses cours d’éducation physique s’apprête à relever le défi ultime de tout alpiniste : l’ascension du mont Everest.

Pourtant, rien ne la prédestinait à devenir une athlète de haut niveau. À 15 ans, le sport était synonyme de souffrance et de rejet. Emma se souvient avec amertume de la course annuelle de 5 km Michel-Sarrazin, un événement qu’elle trouvait « pénible, difficile » et qu’elle peinait à terminer. Le pire souvenir reste sans doute cette arrivée où, épuisée, elle a entendu d’autres étudiants rire d’elle et de sa façon de courir. Ce jour-là, le verdict semblait sans appel : « Moi, c’est la dernière fois que je m’humilie de cette façon-là ».

Le détour par l’excellence académique

Fidèle à sa promesse de l’époque, Emma a délaissé les baskets pour les codes de loi. Elle a mis toute son énergie dans ses études et sa carrière, devenant une avocate dévouée et acharnée. Mais à force de travailler « très fort », la fatigue s’est installée. À 25 ans, le corps finit par envoyer un signal d’alarme.

Lorsqu’une amie l’invite à courir un simple 5 km, l’expérience se solde par une blessure. C’est le déclic. Emma se demande alors : « Où est-ce que je me suis oubliée dans tout ce processus-là ? ».

La métamorphose progressive

Le changement ne s’est pas fait du jour au lendemain. Il a fallu l’intervention d’un coach pour déconstruire ses barrières mentales et intégrer le sport de façon « vraiment progressive » dans sa routine. En apprenant à croire en elle, elle passe du rejet total à l’inscription d’un premier 25 km en montagne.

Malgré la terreur et ce sentiment d’être une « imposteure » sur la ligne de départ, le miracle se produit en pleine action. Au kilomètre 15, le doute s’évapore : elle réalise qu’elle est capable de finir. C’est le début d’une spirale positive : un ultra-marathon un an plus tard, puis l’ascension de montagnes à la course.

L’Everest : plus qu’une montagne, un état d’esprit

Aujourd’hui, Emma ne court plus pour fuir les moqueries, mais pour suivre son intuition. Lorsqu’elle annonce son projet de gravir l’Everest, elle voit bien le doute et la surprise dans les yeux des autres, mais cela ne l’atteint plus. « Tu le sais à l’intérieur de toi que t’es rendue là, c’est ton projet, puis cette montagne-là, elle t’attend ».

Le message qu’elle adresse à la jeune fille de 15 ans est universel : peu importe que les autres croient en vous ou non. L’important réside dans l’écoute de ses propres désirs pour préserver sa santé mentale et physique. Emma prouve que l’identité n’est pas figée et que la plus belle ascension est celle que l’on fait vers soi-même.

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