Combien ça coûte?
Combien ça coûte, monter le Kilimanjaro?
On a posé la question à une randonneuse.
« C’est vraiment traumatisant pour son corps et pour son portefeuille. » C’est par ces mots que Katarina résume son expédition sur le mont Kilimandjaro. Entre l’altitude qui coupe le souffle et les coûts qui s’accumulent, gravir le plus haut sommet d’Afrique n’est pas une mince affaire. Pour deux semaines de voyage, dont une semaine de marche intensive couvrant 80 kilomètres et 4 000 mètres de dénivelé, la facture totale peut rapidement grimper entre 7 500 $et 10 000$. Un montant que la jeune femme qualifie d’exorbitant, mais qui reflète la logistique complexe derrière une telle aventure.
La logistique du sommet
Le cœur de la dépense réside dans les frais d’expédition, qui s’élèvent à environ 4 500 $. Ce montant englobe les guides, la nourriture et l’hébergement dans des camps qui appartiennent à la montagne. Sur place, c’est une véritable équipe qui encadre les grimpeurs. Des chefs préparent les repas aux camps, tandis que les guides suivent les symptômes des randonneurs. Comme l’explique Katarina, on ne comprend réellement l’effet de l’altitude que lorsqu’on la vit : « Tu peux lire les symptômes, le médecin peut te le dire […] mais c’est vraiment juste une fois que t’es là, que t’es comme : “OK, c’est de ça qu’ils parlaient”. »
Ces guides jouent également un rôle crucial de meneurs, imposant le rythme de randonnée et s’assurant que personne ne soit oublié à l’arrière du groupe.
S’équiper sans se ruiner
Au-delà de l’expédition, le transport et l’équipement représentent des piliers financiers majeurs. Les billets d’avion, assortis de longues escales, coûtent environ 2 500 $. Quant à l’équipement, la facture moyenne se situe autour de 2 500 $, variant de 700$ à 4 000$ selon les besoins. Cela inclut tout, des lunettes de soleil aux bottes de randonnée, en passant par les multiples couches de vêtements nécessaires pour affronter les variations de température.
Heureusement, Katarina a su faire preuve d’ingéniosité pour limiter les frais. En empruntant pour environ 1 000 $ de matériel à sa mère – sac à dos, bâtons, sac de couchage – elle a pu réduire sa facture personnelle. Elle souligne également l’importance d’un sac à dos de jour de 40 litres pour transporter l’eau (environ quatre litres par jour pour l’hydratation), les collations et les vêtements, pendant que les porteurs transportent les gros sacs de 100 litres.
La sécurité a un prix
Un aspect non négociable de ce périple est l’assurance, coûtant environ 100 $. « C’est pas une option de pas la prendre », insiste Katarina, qui a dû vérifier que sa police couvrait une évacuation par hélicoptère. Cette réalité, bien que stressante avant le départ, est essentielle pour la tranquillité d’esprit face aux dangers de la montagne.
L’art de se « démerder »
Pour boucler son budget, la voyageuse a multiplié les stratégies : solliciter ses amis, écrire à des compagnies pour des partenariats, et même contacter son ordre professionnel. Elle a pitché son projet à tout le monde, allant jusqu’à organiser une campagne de sociofinancement. Si elle a essuyé beaucoup de refus, les quelques « oui » obtenus lui ont permis de concrétiser ce rêve malgré les coûts vertigineux.
L’aventure du Kilimandjaro est donc autant un défi physique qu’une épreuve de gestion financière et de débrouillardise.
.jpg)