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Témoignage

5 choses à savoir avant de faire de l’alpinisme avec Emma Deguara

« Mon orteil était devenu tellement noir que je pensais que j’allais le perdre. Ça a pris un mois avant que je recommence à le sentir. »

C’est par cet aveu brutal qu’Emma Deguara, athlète d’endurance et alpiniste, entame son récit. Loin des images léchées de couchers de soleil sur les cimes enneigées que l’on voit passer sur Instagram, la réalité de la haute altitude est une épreuve de force, de patience et, surtout, d’inconfort. Elle déconstruit le mythe et partage les cinq leçons essentielles qu’elle a apprises à la dure, entre le manque d’oxygène et le gel permanent.

1. Le confort : une priorité absolue (et un luxe relatif)

On pourrait croire que l’alpinisme n’est qu’une question de force physique, mais selon Emma, la priorité numéro un, c’est le confort. Pourquoi ? Parce qu’en haute altitude, chaque sensation est amplifiée par mille. « Tu dois boire, c’est pas juste deux litres, tu dois boire quatre à six litres. T’as mal au cœur, t’as pas juste un petit mal de cœur, t’as très mal au cœur », explique-t-elle.

L’un des plus grands défis reste toutefois l’hygiène. Après deux semaines sans douche, l’odeur devient une agression sensorielle de plus. Son secret pour tenir le coup? S’accorder des « petits luxes » pour tromper l’inconfort : apporter des crèmes, du shampoing sec et des soins personnels. « C’est vraiment niaiseux, mais ça me rend heureuse et ça vient diminuer le sentiment d’inconfort que j’ai quand je suis en haute altitude. »

2. La loi du gel

3. Le corps qui change de forme

4. La préparation mentale : le discours interne

Au-delà de l’équipement, la réussite d’une expédition se joue dans la tête. Pour Emma, cela passe par l’établissement d’un plan de contingence pour chaque scénario catastrophe. Mais ce plan n’est pas seulement logistique ; il est psychologique. Elle se prépare un « discours interne », une force mentale prête à être dégainée dès que le moral flanche dans les zones de souffrance.

5. Lâcher prise sur l’itinéraire

La dernière leçon est peut-être la plus humble : en montagne, l’humain ne décide de rien. « Une chose que j’aurais vraiment aimé savoir, c’est que ton itinéraire de ton expédition ne te sert à rien. »

Météo capricieuse, tempêtes de neige, état des camps ou achalandage sur les parois… les variables sont infinies. En alpinisme, la planification est nécessaire, mais la flexibilité est vitale. Emma conclut avec une sagesse acquise au fil des sommets : la seule chose qui compte, c’est de savoir quand on arrive, quand on part, et de posséder suffisamment de jours de réserve pour laisser passer la tempête. Le reste appartient à la montagne.

Pour survivre là-haut, il faut savoir lâcher prise.

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