Germain Barre

Comment demander une augmentation de salaire sans se faire renvoyer

Vous avez plus de marge de manoeuvre que vous le croyez, mais vous devez être bien préparé.

Au cours de ma carrière en grandes entreprises, j’ai souvent fait face à une certaine tradition annuelle anxiogène… non, pas le party de Noël animé par un has-been de l’U.D.A., mais bien la foutue évaluation de rendement.

Avez-vous déjà volé le yogourt de Carole dans le frigo des employés?

Pour les non-initiés du monde irrésistible des cubicules beiges, celle-ci est comme un bulletin scolaire annuel dans lequel votre performance professionnelle est évaluée. Avez-vous atteint vos objectifs? Comment avez-vous fait signe de proactivité? Avez-vous déjà volé le yogourt de Carole dans le frigo des employés? Je niaise, mais ce n’est pas loin de la vérité.

Bref, vous devez justifier votre rôle au sein de l’entreprise et prouver à votre boss qu’un stagiaire au salaire minimum ne pourrait pas vous remplacer. Habituellement, c’est à ce moment que votre augmentation de salaire sera discutée: votre boss vous demandera de signer une lettre comme quoi vous acceptez ou non l’augmentation.

J’ai souvent gardé ma tête dans le sable et signé sans broncher, car je ne comprenais pas le calcul derrière l’augmentation.

Saviez-vous que vous n’êtes pas obligé de signer immédiatement et faire semblant que vous êtes content? Avec les bonnes tactiques, vous pouvez mettre les chances de votre côté et tenter de convaincre votre patron que vos heures d’overtime non rémunérées et les 5 à 7 en équipe «non obligatoires» valent plus que 1% d’augmentation.

Vous avez plus de marge de manoeuvre que vous le croyez, mais vous devez être bien préparé!

Quand demander?

Il n’est pas toujours évident de savoir quand et comment demander une augmentation. Ce n’est pas parce que vous venez de compléter vos trois mois de probation et que votre gestionnaire a inséré un meme de Game of Thrones dans son dernier courriel que vous le méritez.

Il est important de se créer une stratégie pour mettre toutes les chances de votre côté.

Par exemple, si votre patron vous comble d’éloges après un gros projet, qu’il semble dans un bon mood et que la compagnie va bien financièrement, c’est pas mal votre cue pour penser à l’augmentation. Par contre, ne comptez pas juste sur cet accomplissement pour voir apparaître plus de 0 sur votre paie. Il est important de se créer une stratégie pour mettre toutes les chances de votre côté.

Combien vaut mon travail?

Vous n’êtes peut-être pas expert en ressources humaines, mais vous n’avez quand même pas besoin de demander conseil au Toby de votre bureau pour des informations sur la rémunération.

Un bon endroit pour commencer: consulter l’analyse de tendances du marché de l’emploi au Canada. Le site vous permettra de découvrir le salaire moyen de votre profession selon votre province et les perspectives d’emploi dans votre domaine.

Les Québécois sont habituellement frileux quand vient le temps de parler d’argent. J’ai souvent l’impression que c’est moins tabou de parler de burn-out à un collègue que de salaire. Même si discuter de votre revenu avec quelqu’un qui fait le même métier que vous semble awkward, ça pourrait être avantageux. Vous pouvez avoir une meilleure idée de votre valeur et si vous avez laissé de l’argent sur la table lors de votre embauche.

Si vous êtes trop gêné de demander à vos collègues, Glassdoor peut être une autre option. Le site offre une base de données comprenant des évaluations d’entreprises, les détails sur les salaires, les avantages, les photos de bureau, etc. Contrairement à d’autres sites d’emploi, toutes ces informations sont partagées par des employés.

Comment demander une augmentation quand on ne sait pas négocier?

Êtes-vous du genre à payer plein prix pour une figurine d’Hulk Hogan qui sent le swing au Marché aux puces Saint-Michel? Pratiquer vos skills de négociation avant de monter dans le ring qu’est le bureau de votre boss est un must.

Pour débuter, faites un constat de vos réalisations qui ont eu un impact positif sur l’entreprise dans les derniers mois:  Avez-vous fait preuve d’initiative qui a permis à la compagnie d’être plus productive? Est-ce qu’on vous a confié plus de responsabilités? Etc.

Votre rôle est donc de l’aider à justifier votre requête auprès de SES boss.

Cette liste vous donnera plus de pouvoir pour négocier. Pour être certain que ce n’est pas juste votre ego qui parle, vous pouvez aussi demander des témoignages écrits à quelques collègues afin qu’ils vous endossent.

De plus, pratiquer l’éventuelle discussion avec un ami (ou votre chat) est de mise pour bâtir votre confiance. Demeurez calme durant l’entretien, soyez prêts à répondre aux questions que votre employeur pourrait avoir et restez concis.

Il y a de fortes chances que vous n’ayez pas de réponses immédiatement. Demandez donc à quel moment vous pouvez vous attendre à un suivi. Gardez en tête que votre patron a fort probablement un budget de masse salariale à respecter. Votre rôle est donc de l’aider à justifier votre requête auprès de SES boss.

La réponse est non?

Si votre gestionnaire reste de glace, n’invoquez surtout pas votre démission en guise d’ultimatum.

Malgré votre préparation, c’est non? C’est l’occasion idéale de demander à votre supérieur s’il peut vous offrir autre chose pour améliorer votre quotidien: un nouveau cellulaire? Des congés supplémentaires? Bref, votre patron sera peut-être plus susceptible d’accepter une demande moins coûteuse malgré son refus initial.

Si votre gestionnaire reste de glace, n’invoquez surtout pas votre démission en guise d’ultimatum. Ce genre de tactique badass de film ne ferait que nuire à votre relation.

En somme, terminez l’entretien sur une note positive en indiquant à quel point vous appréciez votre travail et remerciez votre patron pour son temps (même si vous êtes réellement en criss).

Qui sait, si vous êtes chanceux, vous aurez peut-être droit à un bonus à la fin de l’année?

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