Quand les employés de « big tech » montent aux barricades

Plus que jamais, les boss de la big tech se font montrer du doigt par leurs employés.

Plus que jamais, les boss de la big tech se font montrer du doigt par leurs employés. Microsoft, Google et Amazon sont prises d’assaut par leurs travailleurs dont la revendication est unanime: des entreprises plus éthiques.

Depuis quelque temps, une espèce de révolution ouvrière version Forbes s’est mise en branle dans l’industrie technologique. Designers, ingénieurs, programmeurs et autres professionnels du secteur ont commencé à s’opposer aux décisions de leurs patrons et ont décidé de ne pas jouer le jeu. Le nombre de manifestations est en croissance.

Au coeur des demandes, les sujets brûlants de notre époque: droits des femmes, des immigrants, des minorités, de l’environnement. Autant de domaines dans lesquels les employés, recrutés pour leur talent et leur esprit innovateur, ne se reconnaissent plus dans leur compagnie.

Le poids du nombre

En 2018, plus de 20 000 employés de Google dans le monde ont fait la grève lors du fameux walkout pour exiger de réelles mesures contre la discrimination sexuelle en milieu de travail. La même année, 4000 employés ont aussi dénoncé la collaboration entre Google et le Pentagone dans une lettre où on pouvait lire «Google ne devrait pas participer à l’industrie de la guerre». Ils ont obtenu que le géant de l’internet se retire de futurs appels d’offres militaires.

En juin, les employés d’Amazon ont exigé au PDG Jeff Bezos que l’entreprise cesse de vendre le logiciel de reconnaissance faciale Rekognition aux services de police. La même année, plus de 500 employés de Microsoft ont demandé la fin du contrat de stockage de données de la police d’immigration américaine, ICE.

La même déferlante d’activisme a touché Apple, Facebook et Salesforce.

L’effet Trump

À l’origine de ce printemps techno, l’arrivée au pouvoir de Donald Trump au pays de la Silicon Valley a fait bouger l’échiquier.  En décembre 2016, plus de mille travailleurs signent le Never Again Pledge, un manifeste qui s’érige contre la technologie au service de la haine raciale. Never Again fait référence à la participation d’IBM dans la tenue des registres de l’Holocauste. Cet acte est une sorte de déclaration de principes et un code de comportement en cas de dérapage institutionnel.

Le but immédiat: rappeler aux dirigeants d’entreprises qu’ils ont une conscience et les inviter à s’en servir. L’objectif réel: faire partie de la solution.

Apple a facturé un peu plus que le PIB du Portugal en 2017. Amazon est plus riche que le Koweït. Si Microsoft était un pays, il serait le 65e plus nanti au monde, selon le Business Insider. À ce niveau, on comprend que les employés adoptent des tactiques dignes de soft power géopolitique.

La dimension de ces entreprises est telle que les employés réclament aujourd’hui des pouvoirs citoyens.

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