Décider en plein trafic de refaire sa vie (et son entreprise) à la campagne

Rencontre avec deux amoureux intrépides : Marie-Joël Turgeon et Jordan Lentink.

URBANIA et Brome-Missisquoi s’unissent pour vous faire découvrir des gens qui font rayonner la région.

Ça nous a tous déjà traversé l’esprit. Vendre tout ce qu’on possède et recommencer à zéro dans un décor de vacances paisible, loin du trafic, des klaxons et des loyers hors de prix. Et bien, il y a cinq ans, Marie-Joël et Jordan l’ont fait! C’est-tu vraiment le fun, refaire sa vie au milieu des vaches, des vignes et des villageois qui se connaissent déjà tous par leur prénom? On leur a demandé.

Refaire votre vie à Bedford, ça fait longtemps que vous y pensiez?

En fait, c’est drôle comment ça s’est passé. Un jour, on devait se rendre à Frelighsburg, mais il y avait un pont qui était barré. On a dû faire un grand détour qui nous a forcés à visiter toute la région. On s’est retrouvés dans le village de Bedford, et tout à coup ça nous a fait l’effet d’être dans une carte postale. On s’est dit «Oh wow! Ils sont bien ici!» et puis il y avait une maison à vendre. Ce jour-là, ça nous a pris 5h30 pour retourner chez nous, il y avait un trafic d’enfer sur la 15. Dans le char, on s’est dit «Eille! On vend-tu tout?»

Et vous avez tout vendu sur un coup de tête?

C’est pas des farces! En arrivant chez nous, on s’est dit «On va regarder les maisons sur internet, pour le fun….» Et là, on est retombés sur la maison qu’on avait vue dans le village, et son prix!… Comparativement aux Laurentides et Montréal, ça a pas de bon sens à quel point les maisons sont moins chères! Tout était parfait. Un mois plus tard, on avait vendu.

Vous aviez aussi votre entreprise à relocaliser.

Il y a environ 2500 habitants à Bedford. Ça me fait toujours rire de penser à ça. Y a autant de monde dans mon village que dans mon école secondaire! – Marie-Joël Turgeon

Oui. On est venus avec notre Atelier Tréma. On fait de la céramique, de la vaisselle pour les particuliers et pour les restaurants, des oeuvres d’art… Donc en partant, on s’est aussi séparés de la bâtisse commerciale. Le but, c’était de faire notre atelier dans le garage, parce que la compagnie était encore petite. Mais après deux ans, c’était rendu trop petit. Tout ça pour se rendre compte que, sans le savoir, on avait acheté une maison juste en face d’une ancienne usine transformée en lofts d’artistes. Fait que maintenant, on a 3000p2 aux Bedford Lofts, de l’autre bord de la rue! C’est hot, hein? Tsé, quand t’es dû!

C’est pas angoissant, en tant qu’entrepreneurs, de s’installer autant en campagne?

Non. Même que c’est l’aspect village qui nous a charmés. Cette mentalité d’entraide, de solidarité, et le fait que tout le monde se connait, c’est important pour nous. En n’étant pas dans un grand centre, les loyers commerciaux coûtent moins cher, aussi. Tout est plus friendly et à échelle humaine. Et puis on est toujours juste à 50 minutes de Montréal. Si on a le goût d’y aller, c’est vraiment pas loin. On pourrait habiter à Ahuntsic, puis je pense que ce serait quasiment aussi loin!

En 5 ans, vous avez réussi à vous rebâtir un réseau?

C’est sûr qu’en déménageant à Bedford, on savait qu’on s’installait loin de la famille, des amis, de tout le monde…C’était pas le choix le plus évident. Le premier hiver, nos gentils voisins nous ont aidés à déneiger les grosses tempêtes parce qu’on était complètement désorganisés. Ensuite, pour nos rénovations (la maison qu’on a achetée a presque 120 ans!), on est allé demander des références à la ville. C’est comme ça qu’on a rencontré un gars vraiment sympathique… Qui nous a raconté tous les potins du village pendant qu’on peinturait le toit! À la fin des réno, on avait l’impression de connaître tout le monde. Mais on restait quand même les petits nouveaux. Il faut dire qu’on travaillait énormément et qu’on sortait pas beaucoup de notre atelier. Finalement, c’est à la SAQ qu’on s’est fait notre première amie! C’est la gérante, Claudine, qui nous a permis de connaître plus de monde et de nous refaire un super beau cercle d’amis. Et puis notre monde de Montréal et des Laurentides, ça les dérange pas de faire la route pour nous voir. Ils restent à coucher, c’est tout!

Maintenant que vous êtes installés, c’est quoi vos plans pour l’avenir?

On ouvre bientôt notre propre boutique pour la vente de détail, à Bedford. On compte beaucoup sur le fait qu’on est sur la route des vins, qui est de plus en plus populaire. Depuis qu’on développe l’Atelier Tréma, on est souvent sur la route. Et quand on n’est pas en train d’exposer en Ontario, on est en vacances dans les Maritimes. Mais cette année, on part pas. On a décidé de profiter de notre région. On veut faire les touristes chez nous, profiter des super bons maraîchers, du bon vin, de la bonne gastronomie locale, et absorber les paysages. Ici, on a un mélange de champs et de montagnes jeunes et piquantes. Comme horizon, c’est vraiment inspirant. Au niveau de notre artisanat, cette esthétique-là est vraiment en train de nous rentrer dedans.

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Si jamais le témoignage de Marie-Joël et Jordan vous a donné envie vous aussi de tout sacrer là et déménager vos pénates dans la région de Brome-Missisquoi, vous devriez cliquer sur ce lien!

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