Ishka Michocka

Ce qui se passe dans un vestiaire reste au vestiaire

Au vestiaire, les interactions qui se créent sont parfois… étonnantes.

À l’occasion du passage à Montréal de l’hilarant spectacle Un Poyo Rojo, URBANIA et MONTRÉAL COMPLÈTEMENT CiRQUE s’unissent pour vous faire explorer l’univers singulier des vestiaires.

Qu’on se le tienne pour dit, un vestiaire, c’est un véritable microcosme!
C’est le seul endroit public au monde qui sert autant à entreposer ses vêtements qu’à se faire engueuler par un coach fasciste, qu’à essayer de ne pas observer ses camarades tout nus.

En effet, il est propre au vestiaire de pouvoir y célébrer de grandes victoires, y pleurer de frustrantes défaites, mais aussi de pouvoir y récolter les anecdotes les plus divertissantes. En voici quelques-unes pour vous.

Du côté des filles : la curiosité et la diversité des corps

Pour ma part, au secondaire, je me rappelle avoir été de celles qui se changeaient dans les cabines privées lors des cours d’éducation physique, pas seulement parce que j’étais très mal à l’aise avec mon corps, mais surtout parce que je portais deux brassières, ni plus ni moins. Un bonnet 32 AA par-dessus l’autre, je donnais la fine illusion de remplir un bon gros A, alors que je ne remplissais rien du tout. La seule fois où une fille m’a vu arborer ce fin stratagème, j’ai répliqué avec assurance (not) que le design de la brassière était ainsi fait, un peu comme ces manches longues qui jadis étaient cousues à l’intérieur des chandails à manche courte. Elle semblait peu convaincue, mettons.

Une tête de petite fille de 5-6 ans est apparue sous la porte avec un sourire malicieux…

Heureusement, je ne suis pas la seule à m’être sentie observée à mon insu dans un vestiaire. Souvent, les individus qui savent provoquer le plus de malaises dans ce genre de situation sont sans équivoque les enfants.

Justine*, en sait quelque chose : « Une fois à la piscine, je me changeais dans une cabine et une tête de petite fille de 5-6 ans est apparue sous la porte avec un sourire malicieux. La tête a ensuite disparu et j’ai entendu un très fort “MAMAN, LA MADAME A BEAUCOUP PLUS DE POIL QUE TOI SUR SON VAGIN!” ».

Et encore là on peut en rire, mais quand la limite est dépassée par quelqu’un de plus vieux, l’effet est tout autre.

Marie-Ève*, une ancienne joueuse de volley-ball raconte qu’à 16 ans, après ses pratiques et une fois aux douches ouvertes, une fille de l’équipe que personne n’avait jamais trop cernée se plaçait toujours dans un parfait angle pour qu’un jet d’eau tombe entre ses deux jambes et restait ainsi très longtemps, observant rigoureusement les autres filles, sans jamais dire un mot, mais en se crispant souvent le visage.

Visiblement, les codes privés/publics, c’est pas toujours clair pour tout le monde, et encore moins dans un vestiaire.

Et plus ça change, plus c’est pareil. En effet, combien de fois dans ma vie ai-je été témoin de femmes passées la cinquantaine qui, dans les vestiaires du YMCA après leur cours d’aérobie-Zumba, se scrutaient éhontément les hanches en se lançant un regard voulant dire « wow Johanne tu t’es bien conservée »? Sûrement pas assez, car jamais dans ces situations je n’ai réussi à distinguer la convoitise du désir.

Chez les gars : aventures et accidents gênants

Dans notre équipe à l’école secondaire, les gars aimaient bien comparer la taille de leur pénis dans les vestiaires entre deux pratiques.

J’avoue ne jamais avoir mis les pieds dans un vestiaire d’hommes, mais selon les témoignages de mes homologues masculins, je sais que ce qui s’y trouve n’est pas si différent de ce qu’on retrouve dans le nôtre.
Félix*, un ancien joueur de football raconte : « Dans notre équipe à l’école secondaire, les gars aimaient bien comparer la taille de leur pénis dans les vestiaires entre deux pratiques. Mais ça a vite viré au malaise, parce qu’une bonne fois, le petit nouveau voulait tellement nous prouver que le sien paraissait bien plus gros bandé, qu’en voulant juste se masturber un tout petit peu il a fini par éjaculer… ».

Phil*, quant à lui, raconte qu’une fois au gym de son quartier, il flânait sur Happn (une application de rencontre qui géolocalise les célibataires qui sont à quelques mètres de toi). Entre deux chest-bras, il obtient un match avec un beau jeune homme à quelques pas de lui. Ce dernier n’a pas hésité avant de lui envoyer un message lui indiquant de le rejoindre au vestiaire, et sans dire un mot ils ont achevé leur rencontre dans une cabine de douche! Ils en ont maintenant fait une tradition et profitent de la quiétude des lieux chaque fois qu’ils se croisent…

*Prénoms fictifs


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Si jamais vous souhaitez vivre une expérience de vestiaire à la fois drôle, sensuelle et impressionnante où la drague, la testostérone et la sueur vous feront des effets, il y a le spectacle Un Poyo Rojo au Théâtre Centaur. La production argentine (qui se traduit par « un coq rouge ») oscille entre danse et acrobatie et met en vedette deux Argentins sexy qui se moquent de la parade amoureuse tout en explorant les nuances du désir et de l’attirance.

Le spectacle sera présenté du 10 au 14 juillet et pour vous procurer des billets, c’est ici!

Et voici la vidéo promo :

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