Partager des photos de filles nues à leur insu  : 52 000 sombres merdes

Depuis quelques jours, en France et en Belgique le monde du web a un petit goût de vomi au fond de la gorge. Les internautes ont en effet découvert avec horreur/dégoût l’existence du groupe Facebook Babylone 2.0. Le concept? Plus de 52 000 membres y partagent des photos intimes de leurs « conquêtes » à l’insu de celles-ci…

Bienvenue dans le monde pathétique des sombres merdes.

Tout d’abord, chers lecteurs, je tiens à m’excuser, dans les prochaines lignes, je risque d’utiliser un vocabulaire qui ne relève pas de l’élégance la plus distinguée… Mais pour être honnête, je m’en fous parce que je vais vous parler d’humains qui sont des sombres merdes et aucun autre qualificatif ne convient mieux à ces sombres merdes que celui-là.

Vous avez sûrement déjà entendu parler de «revenge porn», ce phénomène qui consiste à publier des photos à caractère sexuel d’une ex sans son consentement pour se venger… Ouais, c’est révoltant, honteux et franchement pathétique, l’histoire que je vais vous raconter aujourd’hui n’a rien de plus glorieux malheureusement.

Le groupe de la honte

Pour la petite histoire, “Babylone 2.0” était un groupe secret créé sur Facebook, qui rassemblait 52 000 membres. Il a été supprimé vendredi sous la pression des internautes. Le concept de ce groupe? Les membres diffusaient des photos intimes de leurs copines/fuck friend/ «conquêtes» à 52 000 personnes, le tout saupoudré de vulgarité et de grossièreté.

Évidemment les photos étaient partagées sans que les femmes ne le sachent.

C’est la blogueuse Chrystelle Charlier, du webzine 2 girls, 1 mag, qui a sonné l’alarme il y a quelques jours après avoir été informée par une amie journaliste de l’existence du groupe. Elle a réussi à s’infiltrer sur la page et a raconté sur son blog ce qu’elle y a vu : «non seulement il ne s’agit pas de se rincer l’œil aux dépens et à l’insu de pauvres filles qui n’ont rien demandé. Non, ce serait trop facile. Non, on en parle comme de la viande, comme d’objets dont on se sert sans le moindre respect». Ses propos ont été largement partagés par les médias, la propulsant sous les feux des projecteurs et des haters.

Capture d’écran réalisée par le blog 2 girls, 1 mag

Sur le groupe Babylone 2.0, on retrouvait par exemple ce genre de post rempli de poésie : «Première contribution : c’est très loin de l’avion de chasse qu’on traque tous, certes, mais du haut de mes 27 ans, je ne pouvais refuser ce taudis de 44 ans, juste pour rajouter une ligne sur le cv. Vieille peau √. On ne recule pas devant le défi». Le post était accompagné d’une photo de la victime nue, de dos.

La plupart des photos étaient prises sans que la femme s’en aperçoive.

Le groupe a été suspendu vendredi 6 janvier par facebook. Par provocation sans doute, «Babylone 2.0» a créé sa page officielle publique, qui est elle toujours visible. On n’y voit pas de photos de femmes nues, mais les blagues pourries/lourdos qui y figurent donnent le ton.

https://www.facebook.com/BabyloneOfficiel/posts/1885870248325398:0

Alors même si aujourd’hui Babylone 2.0 a été supprimé, le problème est loin d’être réglé. Je ne doute pas de l’existence d’autres groupes du genre… Ça m’étonnerait que ça se limite à l’Europe. Le truc, c’est que comme ces groupes sont privés et secrets, ils sont difficiles à repérer à moins d’être infiltrés.

Y’en a-t-il aussi au Québec?!

Page suivante : « qu’en pense la justice? »

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La censure sur Facebook

Dès lors, la question qu’on se pose tous, c’est «mais pourquoi Facebook n’a pas censuré ces photos?». En effet, le réseau social est bien connu pour sa non-tolérance aux tétons comme l’ont rappelé Les Brutes dans leur vidéo sur la censure.

Babylone 2.0 a déjoué la censure parce que la modération des groupes privés se fait sur la base des signalements des utilisateurs, donc si ceux qui faisaient partie du groupe n’ont jamais signalé les contenus, Facebook n’a pas pu activer son processus de modération. En plus, les utilisateurs de ce groupe ont fait en sorte qu’aucun téton n’apparaisse sur les photos, de manière à passer au travers des filtres de nudité.

Que dit la justice?

Au Canada, la cyberintimidation est sévèrement punie . «Le fait de diffuser des images intimes d’une personne sans son consentement constitue une infraction aux termes du Code criminel. (…) Toute personne reconnue coupable d’avoir distribué une image intime sans consentement s’expose à de graves conséquences juridiques». Par exemple:

  • Une peine maximale de cinq ans d’emprisonnement;
  • La saisie de son ordinateur, cellulaire ou tout autre appareil utilisé pour diffuser l’image;
  • L’obligation de rembourser à la victime les frais liés au retrait de l’image sur Internet ou ailleurs.

On retrouve toutes les informations sur la plateforme Pensez cybersécurité.

En Belgique et en France, une pétition a été lancée pour demander une prise de position claire du Gouvernement.

Une loi protège les internautes, mais la violation de la vie privée nécessite que l’on soit reconnu, or sur le groupe le visage des filles était masqué. 

Un groupe «Babylone 2.0: la revanche des filles» a été créé, pour que les utilisatrices puissent partager des conseils de défense. 

Pour le reste, j’espère que cette affaire va réveiller les consciences et que les membres de ce genre de groupe auront la «force» de les dénoncer afin de mettre fin à ce genre de comportement hautement débile.

Pour lire un autre texte malheureusement, plus que jamais de circonstances : « Fâchons-nous » de Rose-Aimée Automne T. Morin.

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