Bishop and Bagg : moi, je brunche britannique

Ben oui, après mon dernier article sur la pornographie japonaise, critique de restauration, ne cherchez pas la suite logique à tout ça… En fait, peu de personnes le savent, mais je suis ce qu’on pourrait appeler un adepte du brunch. J’aime aller bruncher. Autant pour la nourriture que le privilège de voir des amis avec des faces de “j’aurais bien snoozé un petit 52 heures”, sans compter la possibilité de briser devant plein de monde le tabou de boire le matin.

Oui, fouillez-moi j’aime bien prendre un verre tôt, c’est mon petit côté détective privé il faut croire.

Depuis maintenant quelques années donc, je fais le tour des “greasy spoon” à tous les dimanches avec quelques amis, tels de véritables nomades du petit dej, s’installant à toutes les semaines à la table d’un restaurant au jeu de mots d’œuf. Or, depuis peu, notre troupe de Touaregs du bacon a trouvé refuge dans les méandres de Saint-Viateur Ouest au pittoresque pub d’inspiration anglaise Bishop and Bagg. 

Décor hipster-chaleureux, murs en bois, têtes de chevreuil, adorable petite terrasse sous suffisamment de feuillage pour ne pas avoir le crâne bénédictine après 30 minutes de soleil, le staff te tutoie comme si vous aviez étudié en cinéma ensemble au cégep du Vieux, je ne veux plus jamais aller bruncher ailleurs.

Fois après fois, la cérémonie s’échafaude de la même manière.

Généralement, en apéritif, j’aime y aller pour le bon vieux Guy Fawkes, drink alcoolisé aux agrumes et cannelle (parce que déjeuner, j’imagine…) servi chaud sans doute pour justifier le fait de porter le nom de l’espèce de mousquetaire terroriste qui a essayé de faire péter le parlement londonien avec de la poudre à canon (ça vaut la peine de le wikipédier, du moins, moi j’aime ça commander des aliments historiquement anecdotiques). C’est chaud, c’est réconfortant un jour de pluie, ça régularise ta température en temps de canicule, et après un, tu es juste assez pompette pour avoir un sourire aux lèvres jusqu’à midi sans non plus commencer à avoir envie de te battre ramé d’une boule de billard insérée dans une chaussette.

Menu maintenant! Le Bishop offre un éventail super intéressant de plats (déjeuner, diner, souper) d’inspiration brittanico-irlando-écosso-royaume-uni, on s’en sort avec des petits déjs à moins de 15$, un investissement qui n’est pas une signature de pacte avec le diable. Côté variété, on n’amène pas ses amis vegan, c’est pas mal le principe de “des animaux servis dans d’autres animaux”.

Histoire de faire le tour du best of de la sélection en un repas, j’ai demandé à mes compatriotes de prendre un item différent sur le menu déjeuner, je vous avertis c’est borderline pornographique.

Le Breaky Burger

Un bon vieux hamburger déjeuner, boulette de viande épaisse comme le dos d’un tapir sur laquelle repose deux œufs, du fromage en slice et du bacon peameal (bacon canadien full épais); le tout servi avec, je vous en fais le serment, les meilleures bines déjeuner subtilement barbecue que j’ai eu le plaisir de déguster. Oui oui, des bonnes bines qui servent à autre chose qu’à prendre de la place dans ton assiette! Les légendes disaient vrai, ça existe! Je lui donne trois étoiles sur cinq, uniquement parce que le reste du menu est encore plus époustouflant.

Le steak Rarebit

Une généreuse pièce de viande, réconfortée d’une courtepointe de sauce Rarebit (fromage fondu à la Galloise et bière maison), le tout avec de la roquette et un œuf sur le top. Trois sur cinq également, mais je vous assure que c’est parce que les gros canons arrivent.

Crêpes et Brioches

La sélection de brioches maison au caramel fleur de sel est officiellement offerte en accompagnement de façon sporadique sur le menu. On ne tombe pas tout le temps dessus, mais croyez-moi, le mot “accompagnement” est ici un euphémisme, car elles ont toutes à peu près la taille d’un cœur de bison et on a souvent dû s’y mettre à deux pour passer au travers en plus d’un autre plat.

Les crêpes, quant à elles, sont simplement garnies de crème fraiche et fraises sauvages, ont le diamètre de crêpe française et l’épaisseur d’une pancake américaine; j’ai plusieurs compagnons de brunchs qui ne jurent que par ça. En fait, elles sont en train, de ce que j’ai pu comprendre, de devenir suffisamment populaires pour êtres intégrées au menu régulier. Quatre étoiles sur cinq, pour ceux qui préfèrent déjeuner sucré, impossible de se tromper.

Full English Breakfast

De loin l’assiette à déjeuner la plus satisfaisante qu’il m’ait été donné de manger, le “Full English” inclut : petit déjeuner traditionnel anglais (deux œufs, bacon, toast), deux triangles de hashbrown de l’épaisseur d’une rondelle de hockey, une brique de boudin noir, saucisse et une bonne grosse motte de champignons sautés.

Possiblement le plat le plus iconique du menu déjeuner, je lui donne un quatre étoiles sur cinq, une belle réinvention d’un classique indémodable, sans compter DU FUCKING BOUDIN AU DÉJEUNER! COME ON PEOPLE!

Le poulet Montecristo

Je vous le dis tout de suite, cinq sur cinq.

C’est ce que j’appelle du déjeuner de monstre médiéval : deux grosses pépites de poulet frit (à l’érable… ça ne fait aucun sens!) empalées sur une gaufre de cinq centimètres d’épaisseur sur laquelle s’abandonnent des champignons au gruyère fondu… Et comme si c’était pas assez, ça vient avec les traditionnels triangles de patates hasbrown ET un cup de mayonnaise. Généralement, même les estomacs de camionneurs ont peine et misère à passer au travers, mais on s’en rend uniquement compte en essayant de se lever pour aller aux toilettes par la suite. Du grand food-porn à13 $, mais je ne jure plus que par ça.

Bref, Bishop and Bagg, un petit phare chaleureux de bonheur dans un quartier détendu, une super découverte au brunch, au souper ou tout bonnement pour aller prendre une pinte entre amis devant un steak ou un gravlax. Tout est apprêté de façon originale, des alliances de saveurs surprenantes à chaque plat (sérieusement tout est bon!), si ça ne devient pas votre nouveau chill spot j’en mange mon chapeau melon…

Pour lire un autre texte de Charles Beauchesne : “Faque on a regardé des hentai”

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