Judith Lussier

Judith Lussier est journaliste, chroniqueuse et auteure. Elle collabore avec URBANIA et plusieurs autres médias.

    La première

    Le documentaire d’Yves Desgagnés sur Pauline Marois présenté par TVA hier soir avait beau prendre des allures d’hagiographie, si j’avais été une chroniqueuse anglo de mauvaise foi, j’y aurais quand même trouvé mon compte. J’aurais sauté sur ce moment où la Première ministre nous présente son souvenir de Kinshasa, une reproduction de Tintin au Congo où elle prend la place de notre aventurier préféré, et je l’aurais traitée de raciste.

    Pamela E. Witcher, poète en langue des signes

    Ce n’est pas parce qu’elle n’entend pas qu’il n’y a pas de musicalité dans sa poésie. Pour le plus grand bonheur des sourds, Pamela fait de la poésie en langue des signes.

    St-Hubert achète la paix

    Être parent est une tâche complexe que je ne me permettrai pas de juger. Je n’ai pas eu la chance d’entendre le tapage du samedi matin pour saisir la pertinence des bonhommes à la télévision et je n’ai jamais été face à une crise de larmes au milieu de l’allée d’épicerie. Je ne sais pas comment je réagirai le jour où mon enfant boudera le brocoli, ni la fois où il ne voudra pas aller à l’école. Mes rares expériences de gardiennage m’ont permis de comprendre la tentation de céder au chantage enfantin.

    À quelle enseigne tu loges ?

    Dans un monde idéal, l’orientation sexuelle, l’appartenance religieuse, le sexe ou la couleur de peau des politiciens ne devraient avoir aucune influence sur les décisions qu’ils prennent. Seul l’intérêt public devrait dicter leurs préoccupations politiques. Dans la réalité, c’est loin d’être le cas. Nos prises de positions, nos choix, sont tous teintés, d’une manière ou d’une autre, par ce que nous sommes, et les politiciens échappent rarement à cette règle.

    « Hein Nico ? »

    En réagissant trop promptement au texte rétrograde de Guy Fournier concernant l’anecdotique rencontre entre la main de Jean-François Mercier et le genou de Pénélope McQuade, force est d’admettre que nous avons négligé d’aborder le vrai sujet dont monsieur Fournier voulait nous parler : l’émasculation de l’homme québécois dans les médias.

    Où est le boeuf ?

    « Si tu me demandes aujourd'hui si on va servir des hamburgers éprouvettes, je dirais non, mais tsé, ça fait 20 ans que je travaille chez Dilallo et si tu m’avais demandé y a 20 ans si on aurait un hamburger végétarien un jour, j’aurais dit non. Aujourd'hui, en 2013, on a un hamburger végétarien », confiait hier au Téléjournal Joe Maselli, copropriétaire du Dilallo, une institution du hamburger à Montréal.

    La robe que je ne porte plus

    J’ai une petite robe blanche que je n’ai mise qu’une seule fois. C’est une robe tout ce qu’il y a de plus simple, blanc cassé, pas tellement sexy : elle m’arrive aux genoux et couvre tout ce qu’il faut par en haut. Je l’aimais bien, c’est à dire que je m’aimais bien dedans, j’aimais l’air bohème chic que ça me donnait, et puis l’été, c’est confortable, une robe. Je ne la mets plus parce que j’ai l’impression qu’un memo est passé à l’effet qu’une robe blanc cassé sur une fille blonde donnait l’autorisation aux gars de siffler la fille, toucher la fille, la dévisager, la violer du regard (avec la langue qui sort un peu de la bouche), ou lui faire des compliments déplacés. Je ne me suis pas sentie bien, je n’ai plus jamais remis la robe.

    La rue la plus aimée des Américains

    Depuis bientôt 45 ans, Big Bird, Oscar the Grouch, Gordon et Susan, Grover, Cookie Monster, Bert, Ernie et l’autre petit tannant en peluche rouge se réunissent sur le perron du 123, Sesame Street, la rue fictive la plus connue des Américains. Petite histoire d’un monument télévisuel.

    C’est un garçon !

    On ne sait pas encore son nom, mais d’emblée, on sait que ça ne sera pas Elisabeth, Alexandra ou Charlotte, à moins que la famille royale ne décide de faire des folies (pas des folies du genre décider de sa couleur de bas sans égard aux traditions, de vraies folies). Le nouvel héritier au trône est un gars, et tout ce que j’ai envie de lui dire, c’est « bas les pattes, petit prince, t’es juste un futur roi ». Voici six autres conseils que j’avais à lui adresser. Il en prendra bonne note lorsqu’il apprendra le français.

    Se faire dorer la pilule

    Notre réaction aux déclarations anti-chatons du maire Stéphane Gendron et à l’omniprésence du sourire d’Ed Burkhardt lors de son passage à Lac-Mégantic révèlent un seul et même phénomène : notre dépendance aux relations publiques. Nous avons un besoin incommensurable de se faire dorer la pilule.

    Viens-t’en, Ed (Burkhardt),

    Il est certes encore trop tôt pour pointer du doigt le vrai coupable de la catastrophe de Lac Mégantic, mais pas trop pour repérer les vrais trous de cul. Si elle était un gars, la compagnie Montreal Maine & Atlantic aurait exactement le profil de celui que tu veux pas présenter à ta sœur, ou même à ta pire ennemie.

    La culture canadienne

    J’étais surprise (mais pas jusqu’à être émue, quand même), de voir que Songza nous avait concocté toute une sélection de musique pour la fête du Canada. Hier et avant-hier, l’application concierge proposait des listes telles que Classic Canadiana, Canuck folk, et pour nous, les Québécois, un spécial «fête du déménagement» incluant les listes Modern Montreal, La Musique de French Canada (sic), et Moving day madness.

    Dayna McLeod, artiste cougar

    Pendant la dernière année, elle a porté des vêtements à imprimés d’animaux de la tête aux pieds. Entrevue avec une artiste qui vient de sortir de sa période fauve.

    Merci Guy A. pour le beau spectacle

    Puisque la fête nationale sert à unir plutôt qu’à diviser (vous irez dire ça à Justin «hué» Trudeau) je m’abstiendrai de comparer les spectacles de Montréal et de Québec. Clairement, Montréal avait plus de budget que Québec cette année, l’exercice serait donc malhonnête. Je vais me contenter de vous partager ma GRANDE appréciation du spectacle montréalais.

    Dee-Dee Dragon, cocher

    À l’écurie Lucky Luc, au cœur de Griffintown, un cocher se prépare à entamer la saison touristique aux rênes de Maryline, jument vedette.

    Mettre les gens dans des cases

    Combien de fois avez-vous dit de quelqu’un que c’était «un crotté», d’une fille que c’était la fille la plus jalouse que la terre ait connu, ou d’untel qu’il croulait sous l’ambition? On fait tous ça. Ça nous simplifie tellement la vie de pouvoir se faire une opinion rapide sur quelqu’un. Il y a tant de gens à jauger, et si peu de paramètres pour le faire : le cerveau va au plus simple.

    Dominic Pouliot, homme-araignée

    Il grimpe sur les ponts, les gratte-ciels et les éoliennes pour le travail, et dans ses passe-temps, il fait de l’escalade. Le gars aime vraiment ça grimper.

    Simplisme volontaire

    Hier soir, j’étais invitée au Spa Libre pour une séance de balnéothérapie théâtrale orchestrée par l’Action Terroriste Socialement Acceptable. Bien sûr, je savais que je n’allais pas vraiment dans un spa. Et pour dire vrai, j’y allais super à reculons, parce que moi, me mettre en costume de bain dans un contexte de théâtre, ça me met super mal à l’aise. C’est comme voir des collègues se changer au gym. Je peux voir toutes sortes de touts-nus dans les vestiaires, mais des collègues ou, pire, des clients, ça brise quelque chose. Bien sûr, il y a l’option de «ne pas se mouiller», mais vous voyez comment ça sonne? À l’entrée, on vous dit «mouillez-vous, vous ne le regretterez pas».

    Anny Berthiaume, ambassadrice d’une autre sorte de beauté

    Gravement brûlée, Anny Berthiaume fait le tour des écoles et permet aux enfants de lui poser toutes leurs questions. Par exemple : «As-tu de la misère à te faire des amis?»

    Urbania vers l’âge de raison

    Ceux qui participent à un mouvement sont souvent les moins bien placés pour l’analyser. Ou pas. En tant que collaboratrice de longue date d’Urbania, j’aimerais souligner «dix ans d’ironie», comme écrivait Stéphane Baillargeon dans le Devoir ce week-end, par un aveu : je ne suis plus ironique du tout. Prise au jeu de l’ironie, j’ai fini par devenir tout ce qu’il y a de plus sincère.