Les Zapettes d’or de Judith Lussier

Quand Urbania m’a demandé de bloguer en vue des Zapettes d’or, je ne savais pas que ça venait avec le privilège de vous faire part de mes propres sélection, rêve que je caressais presqu’autant que celui de faire ma propre liste de si on m’invitait à l’émission En direct de l’univers. J’arrête pas d’imaginer remplir le fameux questionnaire!

Ça m’allume

1. Les folleries d’Éric Salvail

Même si certains de ses stunts me fâchent, je suis forcée d’admettre qu’Éric Salvail est hilarant lorsqu’il sort de son studio, qu’il tente de matcher Lise Dion, qu’il ouvre une ligne téléphonique, qu’il crashe un bingo ou un party de Noël. Il m’arrive même de me surprendre à lâcher un grand rire et de dire, tout haut, en pliant des bas : «Grand fou», comme si j’étais une aînée de Brossard.

2. L’épisode de SNL QC avec Véronic DiCaire

J’ai aimé tous les épisodes de SNL QC. J’aime l’ensemble de l’œuvre parce qu’elle met en vedette la belle jeunesse. Mais j’ai ADORÉ l’épisode avec Véronic DiCaire d’abord parce que Véronic DiCaire est drôle et talentueuse, ce qui a été parfaitement mis en valeur, mais aussi parce que ce premier épisode piloté par une femme semble avoir forcé les auteurs à imaginer les filles autrement que dans des rôles de faire-valoir et le contenu s’en est trouvé enrichi.

Il va sans dire que l’annonce faite ce matin d’une nouvelle émission mettant en vedette les comédiens de SNL QC – AKA cette brillante idée de récupérer ce talent sans donner d’argent à Lorne Michaels – ÇA M’ALLUME.

3. Vanessa Pilon et Tatiana Polevoy à Salut Bonjour

Ça pourra en surprendre certains, mais j’écoute, de manière non-ironique, Salut Bonjour tous les matins. J’aime démarrer mes journées de la même façon que monsieur-madame-tout-le-monde, et humer une autre sorte d’air du temps que celui que l’on respire à Saint-Louis du Mile End. Il faut souligner l’excellent travail de Tatiana Polevoy aux arts et spectacle la fin de semaine et de Vanessa Pilon aux réseaux sociaux, qui n’hésitent pas à élever le niveau de réflexion du grand public avec des propositions qui sortent des sentiers battus. J’admire particulièrement l’habileté avec laquelle Vanessa Pilon aborde des enjeux sensibles tels que le harcèlement de rue, pour ne donner que cet exemple, sans céder à la tentation de conforter le public, et sans pour autant se l’aliéner. Ça prend beaucoup de courage et d’adresse.

Mes réparateurs

1. Les enveloppes bleues pour les gars et roses pour les filles à Vol920

Au départ, je trouvais ça réducteur qu’en 2015, on associe encore la couleur bleue aux gars et la couleur rose aux filles, mais partant du fait que de toutes façons, le concept complet de Vol 920 est fondé sur l’hétéronormativité, disons simplement que c’est infantilisant pour des participants qui sont adultes et intelligents.

2. Le CRTC

Lors d’une discussion entre amis au sujet des séries télévisées les plus palpitantes de l’heure, j’ai été étonnée/triste de constater l’absence de séries québécoises. Pas que les séries québécoises aient été mauvaises cette année, mais à la question «Aurais-tu une suggestion de série que je pourrais télévorer – le terme français retenu pour bingewatcher – pendant le weekend de Pâques?», la réponse ne sera malheureusement pas : «Le berceau des anges». Plutôt : The Killing, The Affair, Happy Valley, Unbreakable Kimmy Schmidt, House of cards, Orange is the new black, Transparent, Broadchurch, Suits ou The Good wife. Bref, des séries américaines/anglaises diffusées à la demande (Netflix, iTunes, Amazon). Je pense qu’on a affaire à une tendance lourde ici. Cher CRTC, je vais le dire en anglais pour être certaine que tu comprennes : get your shit together.

3. Le manque de diversité

Cette année, j’ai remarqué qu’il y avait eu un petit effort pour intégrer des acteurs issus de la diversité culturelle. J’en félicite les producteurs et diffuseurs. Mais cet effort est encore trop timide. On confie trop souvent aux acteurs racisés des seconds rôles, donc pas forcément des rôles de héros. Résultat : dans une série, il peut s’avérer que TOUS les personnages joués par des acteurs qui ne sont pas blancs sont des méchants. C’est gênant. Et aussi, je ne sais pas jusqu’à quand il sera possible de justifier que Mikhail Ahooja puisse jouer tous les groupes ethniques du monde.

Ma zapette d’or

Unbreakable Kimmy Schmidt 

Pour plusieurs, il s’agit de l’ovni télévisuel de l’année. Pour d’autres, d’un paquet d’attentes déçues. Unbreakable Kimmy Schmidt est pourtant ma révélation comique de l’année : une série de treize demi-heures, qui sont rafraichissantes tout en abordant des enjeux féministes, et qui se consomment comme des chips, sur Netflix, une semaine après que vous vous soyez de toutes façons abonné pour visionner House of cards. Pourtant, le sujet de départ est loin d’être joyeux : je soupçonne l’auteure Tina Fey de s’être inspirée de cette scabreuse histoire de filles kidnappées pendant dix ans. D’ailleurs, le générique d’ouverture semble être un hommage à l’homme qui a sauvé les kidnappées de Castro. Je ne dirai jamais assez à quel point j’ai aimé cette série à combien j’ai hâte qu’elle revienne en ondes, en dépit du fait que je semble être la seule à défendre cette position.

FOU: Il existe une application pour remplir le formulaire de mon propre univers!

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