Vous n’êtes pas seuls à prendre vos vacances en même temps que les travailleurs de la construction

Il y a des embouteillages sur les routes du Québec ! Mais pourquoi au juste ?

Le chantier devant chez vous qui crée un cratère digne de la fin du monde est encore plus vide que d’habitude. Oui, on est en plein dans les vacances de la construction. Pour au moins une semaine encore.

Bon, vous êtes pogné avec un trou vers les enfers devant votre porte, mais vous ne vous ferez plus réveiller par des marteaux piqueurs à sept heures du matin (si c’est pas ça les vraies vacances).

Mais comment ça se fait qu’on a un peu l’impression que tout fonctionne au ralenti pendant ces deux semaines de juillet, pas seulement les chantiers… Au Québec, c’est 80% des 190 000 personnes qui travaillent dans la construction (employeurs et employés) qui prend ses vacances entre le 21 juillet au 3 août cette année. Et le valeureux 20% qui reste prend ses vacances avant ou après ces dates

C’est 48% des Québécois sondés qui disaient prévoir partir en vacances durant ces dates…

Ce n’est pas tout. Si on regarde les statistiques de tourisme Québec de l’an dernier, c’est 48% des Québécois sondés qui disaient prévoir partir en vacances durant ces dates… Ça fait pas mal plus de monde que juste les travailleurs de la construction.

Les secteurs connexes

Si les chantiers sont fermés, eh bien, les entreprises qui les fournissent ont de bonnes raisons de fermer aussi. C’est plutôt logique vous allez me dire, mais ça force beaucoup de gens à prendre leurs vacances, ça!

C’est le cas de Xavier Marle, frigoriste depuis 34 ans, qui n’est plus sur les chantiers depuis près de 17 ans. Maintenant employé de bureau dans son domaine, il a encore l’habitude de prendre ses vacances pendant les deux fameuses semaines de juillet. « Je suis aux ventes maintenant, mais je prends encore les semaines de construction, car nos bureaux de soumissions sont fermés », explique-t-il. 

Même qu’il m’explique que si les gars sur le chantier veulent prendre des vacances à d’autres moments, il faut faire une demande à l’avance avec une bonne raison. En même temps, il n’y en a pas beaucoup qui se battront contre deux semaines de vacances estivales. Xavier Marle voit que ses collègues semblent, pour la plupart, satisfaits de ce système. 

Les familles

Depuis qu’elle est jeune, la famille d’Estelle part au chalet pendant les vacances de la construction. Son père travaille dans une usine d’acier et sa mère est secrétaire dans une école primaire. Ça fait en sorte qu’ils ont toujours pu prendre leurs vacances en même temps. Depuis quelques années, les enfants, maintenant grands, ne peuvent plus toujours partir en vacances en même temps que leurs parents. C’est aussi le cas de Catherine qui trouve ça bizarre de ne plus prendre ces vacances-là depuis qu’elle travaille durant l’été.

Pour certains employeurs ou chefs d’équipe, cette situation peut vite devenir un véritable casse-tête. C’était le cas de ma mère quand elle gérait des équipes dans l’industrie du voyage. Elle avait tellement de filles à son bureau dont les chums travaillaient dans le domaine de la construction que c’était plutôt compliqué quand il venait le temps d’attribuer les vacances. Certaines personnes s’y prenaient à l’avance et obtenaient les dates qu’elles demandaient, mais il y avait des mécontents chaque année.

Quand les deux semaines de la construction arrivaient, deux tiers des jeunes pouvaient ne pas se présenter au camp de jour.

Cet engouement lors de vacances de la construction, Estelle le sentait beaucoup alors qu’elle travaillait au terrain de jeu de Saint-Rédempteur, à Lévis. Quand les deux semaines de la construction arrivaient, deux tiers des jeunes pouvaient ne pas se présenter au camp de jour.

Pis où est-ce qu’il part tout ce beau p’tit monde-là?

Selon un sondage de tourisme Québec de l’an dernier, les vacanciers de la construction voyagent surtout en couple (46%), ou en famille (31%). 

Plus de la moitié d’entre eux vont demeurer dans la Belle Province pour visiter des endroits comme la capitale (24%), Charlevoix (13%), les Cantons-de-l’Est et les Laurentides (12% dans chaque région) et, un peu plus loin, la Gaspésie (11%). C’est pas pour rien qu’il y a du trafic sur les routes du Québec pendant cette période-là!

Après il y a quand même 14% des gens qui vont en Ontario (il paraît qu’il y a de beaux lacs), 13% qui vont aux États-Unis (Old Orchard, here we come!), et 6% en Europe. Pis reste que le voyage au Québec est clairement le plus économique avec une moyenne des dépenses de 750$, comparé à 1 500$ aux États-Unis et 4 500 pour l’Europe

J’avoue qu’à ce prix-là, on va aller au Madrid 2.0 plutôt qu’en Espagne.

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