Voici comment nos collègues français ont vécu les attentats de Paris

3 ans après, on se souvient.

Il y a 3 ans, la soirée du 13 novembre était festive à Paris. Réunis sur des terrasses pour boire un verre, au Bataclan pour voir un show ou au stade de soccer pour encourager l’équipe française, les Parisiens n’auraient pas pu s’imaginer que 130 des leurs tomberaient sous les balles de terroristes.

Neuf hommes s’étaient dispersés dans la capitale française dans le seul but de décimer le plus grand nombre de citoyens au nom de la religion. Fusillade et attaques-suicides, rien n’est trop sanguinaire pour l’État islamique.

Le souvenir de cette nuit meurtrière est encore très vif chez nos cousins et c’est pourquoi, en cette journée d’hommage aux victimes, nous leur avons demandé de se remémorer cette soirée d’une violence jamais vue auparavant en territoire français.

Lu

On connait tous quelqu’un, un collègue, un ami, un cousin, qui a perdu un proche dans cette histoire. Je me rappelle d’avoir tout arrêté pour appeler frénétiquement tous mes amis qui étaient à Paris.

Quelques-uns étaient dans un appartement juste derrière le Bataclan. Ils ont ouvert leur porte à des survivants, à des gens qui s’étaient fait tirer dessus. Ils étaient littéralement sur le point de mourir.

La plupart d’entre eux ont maintenant des difficultés à aller dans des salles de concert. Certains, toutefois, ont réussi à continuer leur vie et se sont mariés après les évènements, d’autres ont décidé d’avoir des enfants. Ils ont crié à pleins poumons: « We are not afraid and love is stronger ». Ils sont tellement forts ces gens-là.

Lucie

Je me souviens du 13 novembre 2015 comme si c’était hier. Dès que je me remémore cet événement, le poids des sanglots me montent direct au coeur.

J’étais à Paris avec ma meilleure amie ce soir-là et on s’apprêtait à sortir dans le 12ème arrondissement. On écoutait de la musique à fond, dans notre bulle, sans se soucier de nos médias sociaux, sans internet. Puis, mon coloc m’envoie un message: « ne va surtout pas à République ». En regardant mon Facebook, c’est là que j’ai compris.

C’était une nuit de terreur et d’inquiétudes. On avait peur de ce qui se déroulait dans notre ville, mais on était surtout terrifiés de perdre nos proches. L’un d’eux nous a quittés ce soir-là. Avec la rage au ventre après cette terrible perte, j’ai rapidement posté ce texte sur mon Instagram :

« On a tous vu ce genre de scène sur nos écrans, dans les films, mais en ne pensant pas que ça pouvait être réel. […] Mais ce qui s’est passé ce weekend à Paris nous montre à quel point nous sommes vulnérables. Et parce que la menace est tellement proche et a tué nos amis, on veut à présent se battre et aller de l’avant pour montrer que ça peut arriver n’importe où, n’importe quand. »

Aujourd’hui est un jour de commémoration pour moi. Je pense à toutes ces familles qui ont perdu leur proches, aux amis et amis d’amis qui sont morts.

On est tellement vulnérables. Alors, il faut vivre comme si rien ne pouvait nous arrêter.

Germain

Je partageais un repas avec ma famille et des amis quand j’ai vu la nouvelle popper sur mes réseaux sociaux. Je me suis précipité pour leur dire ce qui se passait, mais on réalisait pas l’ampleur des évènements.

Après le souper je suis sorti rejoindre des amis dans un concert techno et vers 4h du mat le DJ a arrêté la musique pour nous informer sur la situation. 130 morts.

J’ai quand même dû regarder sur mes réseaux sociaux pour constater la gravité de la situation, pour voir des images de ce qui se passait.

Il y a un gars de ma classe qui était au Bataclan ce soir-là. J’étais aussi dans un concert, mais à Marseille. Ça aurait pu être moi! Lui, il est en choc post-traumatique depuis ce jour-là.

Il m’arrive encore d’y penser quand je vais voir un spectacle. Ça peut arriver n’importe où! Évidemment, puisque je viens de Marseille ma blessure est moins vive que celle des Parisiens, mais c’est quand même un dur souvenir.

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