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Voici ce qu’il faut savoir sur l’inflation pour avoir l’air brillant devant vos parents et amis
Cette année, épatez la galerie pendant les Fêtes avec vos connaissances financières.
Au moment d’écrire ces lignes, les soupers de famille en petit format sont encore permis, quoique les annulations se succèdent au même rythme que la propagation d’Omicron.
Mais peu importe que vous assistiez au souper de famille dans la même pièce ou à distance, on parie que vous allez entendre parler de deux choses : le virus et l’inflation.
En attendant que la dinde cuise ou que le Bye-Bye commence, on prédit que le thème du coût de la vie va venir sur la table. Si vous n’êtes pas super à l’aise avec le sujet, il est encore temps de vous mettre à la page. Voici ce qu’il faut savoir pour avoir l’air cultivé au party de Noël.
L’inflation
Quessé?
Pour la plupart des gens, l’inflation, c’est le phénomène qui fait en sorte que grand-papa Télesphore payait sa pinte de lait 30 sous dans le temps, et qu’elle est rendue minimum trois piasses aujourd’hui.
L’important, c’est que l’inflation soit faible et stable, pour que tout le monde sache à quoi s’attendre.
Même si on aimerait ça, payer encore notre pinte de lait 30 sous, on sait qu’une légère inflation est bon signe. L’inverse voudrait dire que l’économie va mal, que notre argent perd de la valeur et que les entreprises investissent moins, créent moins d’emplois et paient moins bien les gens (et qu’au final, on pourra encore moins se payer de pintes de lait).
Par contre, si l’inflation augmente trop vite, les salaires ne suivent pas et on perd notre pouvoir d’achat (et on mange nos céréales toutes sèches, c’est moins bon).
L’important, c’est que l’inflation soit faible et stable, pour que tout le monde sache à quoi s’attendre, que les salaires suivent et qu’on puisse continuer à s’acheter ce qu’il nous faut.
Au Canada, on mesure l’inflation grâce à l’IPC, qui est expliqué juste après.
Ce qu’il faut savoir, c’est que dans les années 70-80, l’inflation était complètement wild et les prix montaient en fou chaque année. Comme c’était intenable, la Banque du Canada a adopté la Cible de maîtrise de l’inflation en 1991. Depuis, elle travaille pour que l’inflation se situe entre 1 et 3 % par an.
Ces mesures ont bien fonctionné année après année. Mais en 2021, pendant plusieurs mois consécutifs, l’inflation a dépassé notre taux cible de 3 %. C’est pour ça qu’on a l’impression que tout est plus cher et que tout le monde n’arrête pas de parler de l’inflation.
Quoi dire pour avoir l’air de s’y connaître :
« C’est sûr qu’en 2020, l’économie allait pas super bien. Comparer l’inflation entre une année où tout le monde était coincé chez lui, et une année de reprise économique, ça ne donne pas une bonne vision d’ensemble. Cela dit, c’est pas “une bonne vision d’ensemble” qui va me payer mon épicerie… »
« La pire réaction que tu peux avoir face à l’inflation, c’est de stocker en fou, par peur que les prix augmentent. Ce genre de comportements, ça fait encore plus grimper les prix. TOUT EST DE TA FAUTE, MATANTE SOPHIE. » (Oubliez la dernière phrase, n’allez pas gâcher votre souper de Noël non plus…)
L’IPC
Quessé?
L’IPC, c’est l’Indice des prix à la consommation, et au Canada, c’est principalement avec ça qu’on mesure l’inflation. Chaque mois, on relève le prix des produits de consommation les plus courants et les plus représentatifs des dépenses des Canadien.ne.s. Ça va de l’alimentation au loyer, en passant par les meubles, les transports et les médicaments.
Maintenant, tout le monde ne ressent pas ces variations de prix de la même façon.
La liste est mise à jour chaque mois pour refléter l’évolution de la société (moins de boules disco, plus de téléphones intelligents, par exemple) et elle prend en compte l’importance relative de chaque item (on dépense plus en gaz qu’en pain ou en micro-ondes, par exemple).
Grosso modo, on met tout ça sur une même facture, et l’évolution du prix illustre l’inflation.
Maintenant, tout le monde ne ressent pas ces variations de prix de la même façon. Par exemple, un cycliste végétarien ne ressent pas du tout l’impact de l’augmentation du prix de l’essence ni de celui du poulet.
Quoi dire pour avoir l’air de s’y connaître :
« Cette année, les variations de l’IPC sont surtout dues à l’augmentation du prix de l’essence, des véhicules, des logements, des matériaux de construction, et… du poulet. Si tu regardes l’IPC-méd, qui exclut les variations extrêmes un peu moins représentatives, tu as un tout autre portrait. »
Le prix de l’essence
Qu’est-ce qu’il se passe avec ça?
En avril 2021, le prix de l’essence a augmenté de 62,5 % par rapport à l’année précédente et les propriétaires de VUS se sont mis collectivement à suer de la raie.
Ben, pas juste eux, en fait. Ce qui se passe, c’est que l’an passé, le prix de l’essence était exceptionnellement bas, donc encore une fois, la comparaison saute vraiment aux yeux.
Heureusement, une hausse aussi spectaculaire n’arrive pas souvent, et les prix sont déjà en train de se stabiliser un peu.
Mais ce n’est pas tout : aujourd’hui, la demande est très forte, et les gens continuent d’acheter toujours plus d’autos; l’offre est plus réduite, car on a moins investi dans les projets pétroliers l’an passé à cause de la pandémie; il y a aussi une crise d’approvisionnement en gaz naturel, ce qui augmente encore plus la demande pour les autres sources d’énergie, dont le pétrole.
Heureusement, une hausse aussi spectaculaire n’arrive pas souvent, et les prix sont déjà en train de se stabiliser un peu. Cela dit, tant que la demande reste aussi forte, vous allez continuer de transpirer au moment de sortir votre carte de crédit à la pompe.
Quoi dire pour avoir l’air de s’y connaître :
« La hausse fulgurante du prix de l’essence va peut-être accélérer l’électrification de l’automobile. C’est pas la face de pet d’Elon Musk qui y contribue, en tout cas. »
La hausse du prix des aliments en 2022
Pourquoi on s’inquiète?
Si vous vous concentrez sur le prix de l’essence et des aliments, vous allez peut-être pouvoir éviter la centième discussion «pour ou contre les vaccins».
Pour la douzième année consécutive, plusieurs universités canadiennes se sont associées pour rédiger le Rapport annuel sur les prix alimentaires. Leurs algorithmes ont prédit une dure augmentation de 5 à 7 % du prix des aliments en 2022. Pour une famille de quatre personnes, ça pourrait coûter environ 966,08 $ de plus, par an, juste pour se nourrir.
Le rapport explique cette augmentation par un mélange d’inflation, d’augmentation des coûts de transport, du manque de main-d’œuvre, des mesures sanitaires et de la météo. La hausse des prix devrait particulièrement se faire sentir sur les factures de resto, de produits laitiers, de légumes et de boulangerie… Un peu de positif pour nous : la hausse sera moins forte au Québec que dans les autres provinces.
Quoi dire pour avoir l’air de s’y connaître :
« Pour ceux et celles qui peuvent, c’est vraiment le temps de négocier une bonne augmentation de salaire tant qu’on a le gros bout du bâton. Vous voulez pas vous retrouver pogné.e.s à manger des ramens pendant toute l’année 2022. »
Et voilà, vous allez pouvoir participer aux discussions traditionnellement « chaudes » de Noël. Et rappelez-vous, si vous vous concentrez sur le prix de l’essence et des aliments, vous allez peut-être pouvoir éviter la centième discussion « pour ou contre les vaccins » et « pour ou contre les wokes ». Ça, ce serait un vrai miracle de Noël.
Une dernière réplique, pour ceux et celles qui sont prêt.e.s à passer au niveau suivant :
« T’sais, à court terme, la Banque du Canada va probablement relever le taux directeur. Mais les effets d’une telle mesure prendront plusieurs trimestres à se faire sentir. Les politiques monétaires, c’est pas de la magie. Je connais ça, moi, l’économie… »
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