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Ça fait plus de six mois. Six mois que nos vies et que le monde du travail est pris un virage à 180 degrés. Passer du plein emploi à 17% de taux de chômage en quelques semaines, c’est incroyable, mais vrai (on est revenu à 8,7% de taux de chômage en août, mais reste à voir comment la deuxième vague nous frappe). À quel point c’était rapide, mais long en même temps… Je pense qu’il est temps de faire le point sur ce qu’on a appris sur le monde du travail, shall we?
Toutes les organisations qui disaient que le télétravail était impossible 👀 oups, hein!
Au plus fort de la pandémie, alors que le confinement maximal battait son plein, certains secteurs de l’économie continuaient de rouler et des millions de personnes travaillaient de la maison. Certes pas sans peine, mais nous y sommes arrivés.
Un ami qui travaille en comptabilité me racontait qu’il essayait depuis des mois d’avoir un jour de télétravail toutes les deux semaines. Ironique, n’est-ce pas? Aujourd’hui, ça paraît invraisemblable qu’un employeur refuse ce type de flexibilité.
Cela nous donne à réfléchir sur toutes les autres mesures de flexibilité au travail qui sont revendiquées par plusieurs employés et appliquées par si peu d’entreprises. Que ce soit des horaires flexibles, agiles ou des accommodements sur les vacances, gardons en tête que lorsqu’il est question d’adapter l’environnement de travail, rien n’est trop grand ou impossible.
Trois exemples flagrants: les préposés aux bénéficiaires, les employés dans les épiceries et les enseignants. Ça fait des années que les préposés réclament un salaire décent et un horaire relativement stable. Aujourd’hui nous reconnaissons finalement leur rôle crucial, certaines actions ont finalement été prises pour améliorer leur situation. Le 16 septembre dernier, 7100 personnes complétaient avec succès leur formation entamée en juin et le premier ministre François Legault promettait un salaire annuel de 49 000$ pour toute personne qui commence à travailler à temps plein comme préposé aux bénéficiaires.
C’est la preuve qu’on est en mesure de mettre en place des pistes de solutions en relativement peu de temps.
Le personnel en épicerie a eu droit à une prime de deux dollars l’heure au plus fort de la crise. Et maintenant ce n’est plus rare de voir des postes de commis d’épicerie à 15$,16$ et même 17$ de l’heure en commençant.
Après quelques mois à faire «l’école à la maison» on se rend compte que le métier d’enseignant est beaucoup plus complexe que ce que l’on peut imaginer, n’est-ce pas? Il serait peut-être temps de remédier à la situation?
Si vous êtes parmi ceux qui ont perdu leur emploi et qui doivent se réorienter, dites-vous que vos compétences et vos connaissances sont transférables vers d’autres fonctions ou vous pourrez avoir du plaisir et succès.
Quant aux enseignants, la pénurie et l’insatisfaction perdurent. Rappelons que nos enseignants sont les moins bien payés à travers le pays. Ughh, gênant. Rien pour retenir les professionnels de l’éducation en temps de crise. Le ministre Roberge a d’ailleurs imploré les enseignants à la retraite à revenir au travail à cause de la pénurie qui affecte plusieurs établissements.
Combien parmi vous ont des dizaines de projets sur les tablettes qui attendent simplement que vous trouviez du temps? Et là, la pandémie frappe et on se retrouve avec des dizaines d’heures de libres, mais rien. T’sais la formation Excel que vous avez toujours voulu suivre pour postuler à votre emploi de rêve? Le timing est parfait et pourtant ça n’avance pas plus. La raison c’est qu’il faut parfois plus que du temps pour faire des choses. Ça prend aussi une bonne dose de motivation. Ça ne sert à rien de se mettre de la pression inutile pour des projets qui finalement ne sont pas toujours nécessaires.
La façon dont on naviguait dans notre environnement de travail et les tâches qu’on effectuait ont changé. Pour certains, c’est complètement différent et pour d’autres, ça demande de bons ajustements. Il faut s’avoir d’adapter, être flexible et patient. Patient avec nous-mêmes, accepter de vivre des émotions pas toujours faciles, mais aussi avec nos collègues et notre gestionnaire qui, eux aussi, vivent des émotions et doivent s’adapter à leurs nouveaux environnements.