Ville de la semaine : Saint-Bruno-de-Montarville

Ça a commencé dans un bar de Rosemont, il y a environ un an et demi. Une amie de longue date et son chum nous annonçaient qu’ils s’étaient acheté une maison à St-Bruno. Né sur l’île et prêchant un Montréalocentrisme tantôt ironique, tantôt inné, je les taquine immédiatement :

“Ha! Regarde-les donc qui s’en vont fonder une famille sur la rive-sud! Ha! Allez-vous avoir une piscine? Un gazon à tondre? Pis le trafic?”

À ce moment-là, j’étais loin de me douter que j’emménagerais avec eux, dans leur sous-sol, en tant que coloc/adulescent que je suis.

La plupart des gens que je côtoie ne savent même pas que j’habite la rive-sud depuis plus d’un an. Le pire, c’est que j’adore ça. L’espace. La tranquillité. Les gros pylônes électriques.

Bien que je sois devenu un vrai stéréotype de la banlieue (je conduis une Civic 2006 deux portes, je porte des casquettes à l’envers et j’écoute du hip-hop trop fort), j’avais besoin d’un coup de main pour écrire cet article. Un gars de la place. Mon coloc. Lui, il est né à St-Bruno. Le premier spot qu’il m’a suggéré de visiter : le quartier riche.

À St-Bruno, je me sens toujours louche. Il n’y a pas beaucoup de pigistes dans cette ville, et pour se promener en ville un jour de semaine avant 17h sans se faire regarder bizarrement, il faut être un kid en skateboard ou un retraité. Comment se sentir encore plus louche? En prenant des photos “creep” de belles maisons à partir de ton auto, qui est clairement plus vieille que lesdites maisons.

Point important à relever sur l’image précédente : il n’y a pas de trottoirs. Ce n’est pas une exception; les trottoirs sont rares à St-Bruno. Je considère que c’est le plus gros défaut de cette ville, parce que j’adore prendre de longues marches. St-Bruno, c’est une ville faite pour les voitures. Et les skateboards. Et on a de belles pistes cyclables.

Mon coloc Nic, qu’on appelle affectueusement Brouss, m’avait recommandé un “chilling spot louche près de la pente du sommet Trinité”. Je remarque que c’est à côté d’un golf. Ça coûte 8,50$ entrer dans le Parc national du Mont-Saint-Bruno et la passe annuelle est 42$. Je préfère prendre des marches près de mes pylônes électriques : c’est gratuit. Cela dit, c’est un point pour St-Bruno : on est proche de la forêt.

Prochain arrêt, Deso burger.

Le big deal ici, c’est que les frites sont cuites dans l’huile d’arachide (peanut).

Bien que l’idée d’essayer le lobster roll me titille, étant un expert en poutine, je la mets à l’épreuve. Depuis janvier, je fais une année sans frites avec des chums; mais on a droit à 12 poutines. C’est ma 7e à date. Anyway.

Détail apprécié, la caissière déchire un bout du sac papier qui renferme les frites pour “pas que la STEAM ramollisse les petites frites”. Une vraie.

Ma critique officielle : Initialement sceptique des frites à l’huile d’arachide, je suis séduit par le mariage réussi avec la sauce qui penche vers l’arôme BBQ. La sauce est très épaisse, ce qui crée un beau contraste avec les petites frites minces du Déso. Fromage très frais et goûteux. Ça ne bat pas Drummondville ou Tétreaultville, mais c’est pas loin. 8.5/10

À St-Bruno, Jésus fait “meh.” ¯\_(ツ)_/¯

Personne ne prend de photos dans les rues de St-Bruno. Sérieusement, les gens me regardent bizarrement. C’est parce qu’il n’y a pas vraiment de touristes ici. Pas l’été, en tout cas.

La ville s’active à partir de 16h. Les gens rentrent du travail. J’entre au Café La Tasse verte et je me sens immédiatement chez moi. Un endroit huppé hippie qui sent le wifi gratuit et l’espresso frais. Ouvert en 1995, le café a été racheté en 2015 par une employée de 22 ans. Props.

Quand j’explique à la barista sur place que j’écris un article sur la ville de St-Bruno, elle s’exclame qu’il y avait de meilleures villes à choisir. Je lui réponds qu’au nombre de semaines dans une année, et qu’au nombre d’années dans une vie, il fallait bien faire St-Bruno un jour. Elle me dit que l’hiver, le mont Saint-Bruno est cool. Et qu’est-ce qui est cool l’été? Elle me répond : “Joue à Pokemon Go.”

Ok.

Je suis rendu LEVEL 19. Je hit le Pokéstop de la fontaine de la Place du Village deux fois en buvant mon café glacé. En marchant vers mon auto, j’analyse le gym de l’église. Il appartient à l’ennemi juré, les bleus. Il est LEVEL 8. Oublie ça. Je ne peux pas faire ça tout seul. Je range Pokémon Go pour l’instant.

Depuis mon arrivée en ville, je suis fasciné par le club vidéo toujours existant. Ça donnait un petit côté “Gaulois” à la localité. Il résiste au rythme effréné de la modernité. C’est en écrivant cet article que j’ai constaté qu’il fermait. Si vous voulez vraiment plonger dans une nostalgie pas cernable, rendez-vous dans un club vidéo qui ferme. Ça met toute une industrie et vos souvenirs en perspective.

C’est sûr qu’il me reste beaucoup à apprendre sur Brown town. Ça fait juste un an qui j’y habite. Si j’ai manqué d’autres endroits cultes dans cet article (genre le mythique bar 1250), snappez-moi c’est où. Je vais aller explorer ça cet automne pour le mettre sur ma story snapchat : snapfred_bf

J’aime Saint-Bruno. C’est calme. Mes colocs écoutent Game of Thrones. On a une piscine. Dès fois, ça me fait penser à Tétreaultville, sans le métro Honoré-Beaugrand. Vous irez lire ça, si vous voulez mieux connaître le east-side.

D’ici là, on se croise aux Promenades. Un jour de semaine. Avant 16h.

Pour lire un autre reportage Ville de la semaine : Pointe-aux-Trembles

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