Charles Chessler

Vélo d’hiver 101

Comment faire du vélo d’hiver sans perdre ses doigts.

La meilleure saison pour faire du vélo, c’est l’hiver. Je le sais parce que ça fait huit ans que je fais de la bicyclette dans la neige. Dans le temps, les gens comme moi étaient des étranges qui avaient oublié de ranger leur bécane, mais aujourd’hui mes parents ne roulent même plus des yeux quand j’arrive avec mes lunettes de ski pour souper chez eux. Vous aussi vous voulez être à la mode ? Voici comment vous y mettre en quatre étapes faciles.

Première étape : cassez-vous pas la tête avec l’équipement

«On a trop d’idées préconçues sur le genre d’équipement qu’il faut acheter pour faire du vélo l’hiver», résume Olivier Quirion Deslauriers, gérant chez Vélo Espresso, ma boutique de vélo locale. Pour lui, les néophytes ont tendance à trop s’équiper à leur premier hiver, alors qu’ils ne savent même pas s’ils vont adopter la pratique au-delà du premier mois.

Il recommande plutôt d’y aller progressivement, en commençant par les essentiels : des pneus d’hiver. «Pas besoin de dépenser des grosses sommes. On peut faire son premier hiver avec des pneus à 25 $ chacun», explique-t-il. Une fois qu’on a pu l’essayer, on aura une meilleure idée de notre façon de rouler et ensuite effectuer les modifications à notre bicyclette pour qu’elle corresponde exactement à nos besoins.

«Pas besoin de dépenser des grosses sommes. On peut faire son premier hiver avec des pneus à 25 $ chacun.»

Concrètement, ça veut dire prendre le vélo qu’on a déjà, ajouter un peu de graisse là où le sel risque de faire fusionner le métal (les tiges de selle et les potences sont les premières à tomber au combat) et changer les pneus.

Une fois que vous aurez goûté à tous les climats, des éclaboussures de slush jusqu’à la grosse neige fraîchement tombée, vous aurez une meilleure idée de ce que ça vous prend. Pour certains, c’est des pneus cloutés ou des freins à disque. Pour ma part, j’ai ajouté un porte-gobelet sur mon guidon, pour pouvoir boire du thé aux feux rouges.

Deuxième étape : achetez-vous un peu de linge

À moins que vous ne veniez d’arriver par ici, vous savez que l’hiver c’est frette. Mais heureusement, l’activité physique garde au chaud. Pour s’habiller comme il faut, ça prend un manteau moins épais que si on attendait l’autobus à ‑30. Pensez plutôt à une sortie de ski de fond et habillez-vous en pelures d’oignon.

«Mettez des sous sur des gants et des bottes», conseille cependant Olivier Quirion Deslauriers. Moins mobiles, nos extrémités ont tendance à geler. «On a besoin de nos doigts pour freiner, c’est important de les protéger», note-t-il.

Troisième étape : quand c’est trop difficile, prenez l’autobus (mais abandonnez pas trop vite)

Un secret d’initié : ça existe pas le certificat de «vrai» cycliste d’hiver. Même si vous faites du vélo seulement quand il fait beau dehors, vous aurez quand même le droit de vous vanter au printemps. Parce qu’en fait, bien souvent, le vélo d’hiver c’est presque comme le vélo d’été. «85% du temps, on roule sur la slush et l’asphalte», confirme Olivier Quirion Deslauriers. Les rues sont dégagées et salées rapidement alors que les trottoirs font souvent pas mal dur.

Si ça vous tente pas un matin, prenez l’autobus. Mais laissez-vous pas décourager après une seule rebuffade. Les conditions climatiques changent rapidement en hiver et avec un peu d’expérience vous parviendrez à déterminer celles qui vous conviennent.

Il arrive quand même toujours un moment en mars où je suis plus capable de voir mon vélo. Je m’achète une passe d’autobus en me disant que je vais enfin avoir le temps de lire un livre. Pareil pour les fois où la tempête est trop forte. Si ça vous tente pas un matin, prenez l’autobus. Mais laissez-vous pas décourager après une seule rebuffade. Les conditions climatiques changent rapidement en hiver et avec un peu d’expérience vous parviendrez à déterminer celles qui vous conviennent.

Quatrième étape : apprenez à aimer ça

«La pire chose si on n’aime pas l’hiver c’est de rester chez soi à rien faire», affirme Olivier Quirion Deslauriers. Je confirme : j’ai beau détester le froid, si je me rends quelque part en vélo d’hiver, je vais arriver en souriant.

C’est sûr, parfois, c’est plus difficile. C’est possible de tomber en glissant sur de la glace noire, et quand il fait ‑40 on a froid à nos protubérances. Mais le reste du temps, c’est magique. Déjà, on est plus rapide qu’un autobus. On n’a pas besoin de déneiger ou stationner notre voiture après une tempête. On profite de l’hiver plutôt que le subir. Et puis, il y a toutes les activités dérivées : on peut se lancer dans les bancs de neige ou aller faire du vélo sur la glace.

Un sondage informel m’indique que la vaste majorité des cyclistes qui font du vélo d’hiver se réjouissent quand les feuilles jaunissent, parce que la neige s’en vient bientôt. Le vélo d’hiver, au fond, c’est peut-être la meilleure façon d’être quand même heureux rendu en février.

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