Germain Barre

URBANUIT : travailler dans la porno pendant les fêtes

Cette semaine, URBANIA m’avait donné comme mandat de rencontrer une créatrice de divertissement pour adultes, aka une fille qui travaille dans la porn, pour voir à quoi ressemble sa charge de travail pendant la période des fêtes. La très sweet Ariel Rebel a bien voulu me rencontrer au bureau d’URBANIA pour en discuter. On s’est par contre rendu compte assez vite que Noël ou pas, c’est pas mal business as usual quand le quotidien est ponctué de sexiness. Bref, les gens n’arrêtent pas de se crosser même si c’est la fête du p’tit Jésus. 

Ariel est loin d’en être à ses débuts dans l’industrie du divertissement pour adultes. Elle fête cette année ses 14 ans de carrière et il y a entre 300 et 500 membres qui consomment le contenu payant sur son site chaque mois. Elle est ce qu’on appelle une solo girl, une travailleuse autonome du milieu de la porn. En gros, elle est indépendante et produit elle même le contenu qui est sur son site; elle ne dépend de personne d’autre. 

Sur son site, en plus de photos et de vidéos, Ariel tient un blogue et fait parfois des sessions de camming en direct pour ses abonnés. « Le matin, je fais des live morning hangouts sur mon site. Je me réveille, je suis pas maquillée, pas arrangée, j’allume ma cam et je prends un café avec les membres de mon site. On parle pendant une heure ou deux, il se passe rien de sexy. », raconte Ariel.


Ça fait partie de l’attrait de la solo girl, les gens qui la suivent sont tombés en amour avec bien plus qu’une image sur laquelle se branler, ils/elles peuvent entrer presque totalement dans son monde. Elle tient aussi un blogue culinaire et fait parfois des camming shows où elle cuisine nue et peut se faire jusqu’à 600 $ en un après-midi. 

Est-ce qu’elle reçoit des demandes spéciales pour le temps des fêtes ? Pas vraiment non. Les gens seuls vont parfois envoyer des messages différents qu’à l’habitude, mais sinon… ça ressemble pas mal au reste de l’année. Les gens lui parlent de sexe oui, mais aussi de leurs familles, de leurs amis, de leurs chiens même. « Ma job, c’est aussi d’être une psychologue. Les gens vont se confier à moi, je vais être leur internet girlfriend, ou juste leur amie. S’ils se sentent plus seuls pendant les fêtes, ils vont reach out. » 

Ariel parle à ses fans à travers son site et ses réseaux sociaux, mais aussi à travers une application qui s’appelle Dream Lover. « C’est du sexting, mais on parle d’autres choses aussi. Chaque fois que la personne envoie un message, elle paie, chaque fois que moi j’envoie un message, elle paie. » Même chose pour les photos. « Ça devient lucratif très rapidement », explique-t-elle. À travers ces interactions avec son public, elle finit par créer des relations et en apprend beaucoup sur l’humain. « Ça me fait plaisir de faire ça, je trouve ça super intéressant d’avoir cette proximité-là avec les gens, continue-t-elle.

Il y a quelqu’un avec qui je parle sur Dream Lover depuis un an et demi qui n’avait pas de blonde, ne s’entraînait pas, avait un style de vie assez toxique. Au fil de nos conversations, je l’ai aidé à sortir de sa coquille et maintenant il date, il s’entraîne, etc. Souvent les gens ont juste besoin de petit kick de plus et je suis là pour ça. »

En fouillant sur son site, j’ai tout de même trouvé des photos à thématique Noël. Étant quelqu’un qui ne trouve pas ça très sexy Noël (j’associe ça au stress et aux soupers de famille awkwards, pas super hawt), je lui ai demandé pourquoi tellement de gens produisaient du contenu spécialement pour les fêtes. « La seule raison pour laquelle les gens font ça c’est pour gagner du trafic, affirme Ariel. Dans le temps de Noël, les gens cherchent des affaires de Noël. Veut, veut pas, on est une business, un brand et on fait la promotion d’un produit, alors on essaie de rester dans le thème. »

Les magasins font des vitrines saisonnières, c’est un peu le même principe. « Quand tu fais tous tes Holidays et que tu les sors au bon moment, ça a un impact sur le trafic [sur ton site]. » Question de marketing, tout bonnement. 

Selon une étude, le trafic sur les sites de pornographie est au plus bas le jour de Noël. Pour Ariel, ce n’est pas vraiment étonnant, mais ça ne change pas grand-chose non plus. « Il y a toujours du monde online de toute façon. Le jour de Noël, il y a des filles qui vont webcammer et elles vont faire de l’argent. Il y a des gens qui sont seuls chez eux et qui ne veulent pas passer Noël seuls. [D’être sur le site de camming], c’est mieux que de déprimer chez soi. »

Et Ariel, son Noël ? Elle va passer du temps avec sa famille, mais le travail ne s’arrête pas juste parce que c’est Noël. « J’ai pas mal toujours le goût de travailler. Je suis assez workaholic. T’es entrepreneur, tu travailles tout le temps. Je le vois que c’est le temps des fêtes, mais ça reste business as usual. »

Ariel a toujours la tête pleine d’idées et on garde un oeil sur ses prochains projets, notamment derrière la caméra. D’ici là, ceux et celles qui auraient envie de se réchauffer un peu pendant le temps des fêtes peuvent voir le travail d’Ariel au www.arielrebel.com

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